Archive de juillet, 2013

De l’utilité d’enseigner l’identité numérique dès le plus jeune âge

Nos étudiants trouvent cela souvent normal de s’exposer sur la toile de manière affective, ludique, participative, culturelle politique, … Ils  considèrent que la vie numérique n’est que la poursuite de la vie par d’autres moyens. Je leur donne raison de penser ainsi car «Internet n’est pas un monde à part déconnecté du réel». […]

Aujourd’hui, les outils sont là et c’est un atout pour l’enseignement. Cependant s’il faut et si l’on veut  enseigner par exemple avec les réseaux socio-techniques d’apprentissage que peuvent être Facebook, Twitter et les autres, ce qu’il me semble urgent avant tout c’est de faire connaître à nos jeunes l’envers de la toile et ses interactions entre ces espaces de réseautage. […]

Selon le consultant Fred Cavazza, « L’identité numérique d’un individu est composée de données formelles (coordonnées, certificats…) et informelles (commentaires, notes, billets, photos…). Toutes ces bribes d’information composent une identité numérique plus globale qui caractérise un individu, sa personnalité, son entourage et ses habitudes. […]

Sachez le, vos données sont stockées dans de gigantesques bases de données.  Vous n’êtes pas forcément à la source de ces données car vos proches dans leurs pérégrinations numériques peuvent être amenés à parler de vous sans que vous vous en rendiez compte. […]

En « likant »  vous accroissez le risque d’exploitation de votre identité numérique et c’est alors que tout devient complexe car vous êtes peut-être aussi sur Twitter, Linkedin, Viadéo, …  Et si quelqu’un vous écrit de Facebook en évoquant le fait qu’il sera absent pour une réunion car retenu à l’aéroport pour retard, regardez bien le lieu d’accès à Facebook car votre identité sera liée à votre position!

Vous aimez aussi partager vos goûts musicaux sur Youtube, Deezer, Spotify mais ce n’est pas mieux car ces sites sont connectés à des réseaux sociaux de type Facebook qui à la fin vous font tourner la tête tant ils sont interconnectés.  Un jour quelqu’un vous dira qu’il suit votre activité musicale mais pourra aussi suivre votre activité sur Youtube… […] Voici pour commencer quelques outils pour débuter à scruter la toile autour de votre identité numérique.

http://www.123people.com http://www.webmii.com/ http://www.youseemii.fr/ http://www.facesearch.com/ (Source: Jean-Paul Pinte)

Enquête sur la face cachée de l’éducation

Jouer, regarder la télévision, créer et découvrir sont les principales activités de loisirs des 4-11 ans lorsqu’ils ne sont pas à l’école. C’est ce que démontre une étude menée auprès de 900 enfants genevois dans le cadre d’une thèse de doctorat en sociologie.

Portant sur 900 enfants genevois âgés de 4 à 11 ans à qui il a été demandé de détailler leur emploi du temps durant trois jours, cette enquête montre que le jeu reste l’occupation privilégiée des petits, devant la télévision et les tâches créatrices ou de découverte. Elle met également en évidence l’importance revêtue par l’origine sociale et les attentes des parents dans la gestion du temps libre de leur(s) enfant(s).

De manière générale, c’est le jeu qui apparaît comme l’activité principale des enfants. Les 4-6 ans y consacrent environ deux heures et demie les jours d’école et les 9-11 ans une heure et demie, chiffres qui doublent pendant les congés. Deuxième activité de loisirs la plus prisée, la TV monopolise près d’une heure les jours de classe et aux alentours d’une heure et demie le mercredi. Classées au troisième rang, les activités créatrices et de découverte (bricolage, dessin, chant, lecture, observation…) occupent les 4-6 ans quarante minutes en moyenne les jours d’école et presque le double lors des congés. Pour les plus grands, ces chiffres passent à une demi-heure le mardi et le jeudi et doublent, là aussi, le mercredi.

Derrière ces grandes tendances se cachent de nombreuses disparités en fonction de l’âge, du genre ou des convictions religieuses. C’est toutefois au regard du milieu social que les discriminations sont les plus nettes, les enfants des classes populaires passant moins de temps à jouer que ceux des classes moyennes et regardant plus souvent le petit écran que ceux des classes supérieures. Phénomène qui est encore plus marqué au sein des familles étrangères et/ou nombreuses.

Et c’est dans les mêmes milieux que l’usage des jeux vidéo est le plus fréquent. Comme le montre Pelagia Casassus, le fait que leur enfant parvienne à maîtriser un ordinateur ou un jeu vidéo suscite souvent une sorte de fascination chez les parents de condition modeste qui, du coup, brident plus rarement ce genre d’activité.

«Ce passage direct du jeu symbolique au jeu virtuel est inquiétant, estime la sociologue. Un des attraits principaux du jeu pour le développement réside en effet dans la sociabilité que l’enfant peut développer à travers l’échange avec les autres. Négocier le choix du jeu, respecter les règles établies par le groupe, accepter la défaite implique en effet des efforts qui sont au centre des processus de socialisation, mais que le jeu vidéo élude.» (Source: unige)

«Le temps de l’enfant. Analyse sociologique des budgets-temps des enfants genevois», par Pelagia Casassus, Université de Genève, thèse 784, juillet 2012

Cette photo s’autodétruira dans dix secondes

Snapchat permet de partager des photos sans laisser de traces numériques derrière soi grâce à une idée simple : les photos s’autodétruisent au bout de dix secondes. Cette application aux faux airs de Mission : impossible est née d’une question que se sont posée deux jeunes programmeurs à l’heure où le “sexting” (envoi de photos érotiques par SMS) fait scandale outre-Atlantique : “Et si les photos embarrassantes disparaissaient dès l’instant où elles sont vues ?” Avec 200 millions de photos échangées chaque jour, le concept trouve visiblement ses adeptes. (Source: Courrier International)

Stephen Perrig, les écrans et le sommeil des ados

Responsable du Laboratoire du Sommeil aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Stephen Perrig vient de mener une étude avec des classes genevoises sur un trouble de la santé lié à l’usage des smartphones et tablettes numériques. A partir des résultats obtenus, il dégage l’hypothèse que l’arrêt des écrans permet aux adolescents de mieux ressentir les sensations de fatigue du corps, d’éviter l’agitation due au contenu des écrans, mais également de diminuer la quantité de lumière perçue juste avant d’aller dormir. Plus le temps passé devant les réseaux sociaux et les messageries (Facebook, twitter, SMS, etc) est grand après 21h00, plus la durée de sommeil est courte durant la semaine. (Source: rts.ch)

Ecouter son intervention sur la RTS (L’invité du 12h30 – 02.07.13)