Archive de mars, 2014

Comment parler d’Internet aux adolescents?

Parler aux adolescents d’Internet en tant qu’espace social pose forcément question aux professeurs documentalistes que nous sommes. Nous ne sommes pas toujours formés au développement de compétences sociales et si nous pouvons nous sentir capables de travailler sur la compréhension des outils, il est toujours plus délicat d’aborder la question des usages, notamment des usages intimes et non scolaires… et éventuellement des comportements à risques.
La question peut se poser : est-ce notre rôle d’enseignant ? Est-ce dans nos missions ?
Dans les faits c’est quasiment toujours en cas de problème (ou en prévention de problèmes) signalés par des élèves ou des parents qu’il nous est demandé d’intervenir. C’est souvent cet angle « dangers » qui est privilégié et non l’angle « compréhension », celui qui nous parle en tant qu’enseignants.
D’ailleurs quand nous travaillons la compréhension, nous savons aussi que nous ne touchons pas nécessairement aux comportements intimes des élèves, nous pouvons parler prévention mais… comment aborder la question des comportements en mode connecté autrement que par les risques ?

Une vision simple, facile pour la communication est de décider qu’une formation aux dangers suffit et qu’une fois cela fait, c’est réglé : les adolescents sont parés pour aller sur le Web. Cette vision peut s’appuyer sur la métaphore de la route : on ne peut conduire (ou surfer sur Internet) sans risque que si on a obtenu un permis (ou code de bonne conduite). Ce qui voudrait dire aussi qu’il devrait y avoir un âge minimal de connexion.
Cette vision est très largement critiquée comme nous l’avons signalé dans une brève à propos du « permis internet ».

Imaginons à présent changer de métaphore. Le Web ne serait pas une route sur laquelle on va conduire une voiture mais plutôt un espace social tel que la rue. Une rue c’est dangereux, on y croise des gens inconnus, des voitures et même si apprendre à y aller demande tout un accompagnement (fait par les parents, la famille, les centres de loisirs, l’école…) et une information sur les risques à percevoir, il ne viendrait à l’idée de personne d’interdire la rue à un enfant. Au contraire on les y amène (tout petits) on leur tient la main, on leur apprend à saluer, à discuter avec les gens qu’on connaît, on lit les publicités avec eux, on regarde les boutiques, on fait des achats et parfois on s’arrête au café… Petit à petit on lâche la main et puis on commence à les laisser aller tout seuls pour une petite course en leur disant de faire attention aux gens avec lesquels ils discutent etc.

Et pour les comportements de groupe, c’est sur le Web, comme partout : il faut apprendre à vivre ensemble.
Une éducation par la peur ne peut rien résoudre, au mieux les enfants font semblant d’entendre et continuent en cachette des adultes les pratiques dangereuses. C’est comme si on disait : « Des enfants de 12 ans lorsqu’il sont réunis, peuvent se bagarrer et ça peut mal tourner. On décide donc de ne plus les réunir : gardons-les à la maison ! »
Nous sommes d’accord le choix éducatif sur lequel repose tout notre système scolaire est à l’opposé : réunissons-les et apprenons-leur à vivre ensemble.
Pour internet et les réseaux sociaux c’est sans doute la même chose : nous avons à leur apprendre à « vivre ensemble dans un monde connecté » : les valeurs à transférer sur Internet sont les mêmes que celles qui sont travaillées dans d’autres projets visant à développer des comportements civiques.

Il faut prendre en compte cette chose qui est qu’aujourd’hui les rapports de groupes ne se construisent plus uniquement en présentiel physique mais aussi en mode connecté.
Mais dans ce monde-là on peut aussi apprendre à choisir entre  :

  • subir ou agir
  • abandonner ses amis ou les aider
  • ne rien faire ou conseiller, aider
  • chercher des solutions ou s’isoler
  • diffuser des discours positifs ou répandre des rumeurs qui portent tort à d’autres etc.

Il faut aussi sans doute distinguer, et apprendre à nos élèves à distinguer ce qui est semblable de ce qui change : la rapidité de diffusion d’une rumeur ou d’une diffamation, le sentiment d’isolement qui peut se ressentir très vite, le sentiment d’encerclement quand on est entouré jusque dans sa chambre d’objets connectés et qu’on ne trouve plus de lieu pour se ressourcer…

C’est dans cette optique que j’ai essayé une nouvelle séquence en 5eme autour de la réalisation d’une campagne de sensibilisation au sein du collège, campagne intitulée « Vivre ensemble dans un monde connecté ».
J’ai demandé aux élèves de réaliser des affiches (avec slogan et pictogramme) pour aider leurs camarades du collège à mieux vivre ensemble sur/avec Internet.
Ce travail s’est appuyé dans un premier temps sur l’étude du film interactif « Derrière la porte » de Netécoute dans lequel des adolescents font face sur Internet à des choix impliquant des amis ou des connaissances (propager ou arrêter une rumeur, aider au accabler une personne etc.). J’ai demandé aux élèves, en écriture collaborative sur pad, de retracer les différents chemins de la scénarisation du film et de réfléchir aux conséquences des actions des personnages. Je les ai mis ensuite en réflexion collective sur des slogans puis en réalisation d’affiches avec Open Office Dessin. Je leur ai demandé d’intégrer un pictogramme réalisé à l’aide d’un des deux sites : http://www.ilovegenerator.com/
http://pictotool.com/

Quel bilan pour ce travail ?
J’ai noté dans l’ensemble, de très grosses difficultés à sortir d’une vision purement axée sur les dangers d’Internet. J’ai mis cela sur le compte de l’âge de mes élèves. J’ai vraiment dû insister sur le besoin collectif que nous avions de développer une vision constructive de la vie ensemble sur/ avec Internet.
J’ai remarqué alors que, incités par moi, les élèves les plus à l’aise scolairement trouvaient des slogans positifs, porteurs de solutions mais que les élèves les plus en difficulté restaient sur une vision orientée dangers et risques. Il leur était extrêmement difficile d’imaginer comment aider quelqu’un en difficulté, comment conseiller. Ils en restaient à donner une vision stéréotypée (sans doute transmise par l’École et les médias), loin de leurs pratiques personnelles réelles.

Une autre grosse difficulté pour eux a été le travail du design informationnel à travers la mise en forme de leur affiche. Là encore j’ai noté une très grande hétérogénéité entre ceux qui ont su de suite créer un pictogramme pertinent et l’insérer dans leur document et ceux pour qui cela a été extrêmement difficile. Tous les élèves ont terminé le travail mais certains beaucoup plus vite que les autres, et avec beaucoup moins d’aide.

L’utilisation du pad a beaucoup amusé les élèves et a demandé une compréhension de l’espace offert par cet outil pour ne pas écrire n’importe quoi et surtout ne pas effacer le travail des autres.

Au final, tout en cherchant à travailler sur des compétences sociales, j’ai vraiment eu l’impression de mener une action « d’alphabétisation numérique », action appuyée sur des activités de compréhension, de critique, l’utilisation d’outils et supports multiples et de les mettre en situation de création, donc d’engagement personnel.

Car cette « rue » ou espace social qu’est le Web a ceci de spécifique qu’elle demande pour y être à l’aise, pour y être acteur, pour y vivre, le développement de capacités liées au lire/écrire (étendues aux capacités de navigation et d’organisation) croisées à une prise en compte des aspects informationnels, sociaux et technologiques des outils.
Ce que sans doute on peut appeler littératie numérique définie par l’OCDE comme « l’aptitude à comprendre et utiliser la numérique dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses compétences et capacités »
On retrouve cette question dans les conclusions du rapport sur l’inclusion numérique du Conseil National du Numérique. Il est écrit dans la recommandation 2 « Sans cette littératie, la personne est confrontée à un véritable handicap cognitif qui peut se révéler aussi violent que l’analphabétisme et qui affaiblit fortement son « pouvoir d’agir. Privé de littératie numérique, un individu ne peut plus s’épanouir, participer à la société comme citoyen ou se réaliser dans un parcours professionnel ».

Il s’agit peut être bien là du plus important danger porté par Internet…

Marion Carbillet (Source: docpourdocs)

Une mère voulait donner une leçon sur Facebook à sa fille, l’expérience a mal tourné

Aux Etats-Unis, une mère de famille du Colorado a voulu donner une leçon à sa fille et lui inculquer les dangers de FacebookMais son expérience a mal tourné.

Dans l’espoir de faire comprendre à sa fille que ce qu’elle publie sur les réseaux sociaux peut rapidement se propager, Kira Hudson a publié une photo de l’adolescente sur son compte Facebook et demandé à ses amis de la diffuser à leur tour.

Sur la photo en question, la jeune fille tient une feuille de papier sur laquelle on peut lire: « 18/03/14 Maman veut me montrer combien de personnes peuvent voir cette photo une fois qu’elle est sur Internet ». « Ma fille de 12 ans ne comprend pas pourquoi elle ne peut pas avoir de compte sur Instagram et Facebook… S’il-vous-plaît ‘aimez’ et ‘partagez’… Elle ne veut vraiment pas comprendre! », explique Kira Hudson en légende [d’une photographie de sa fille].

En lançant cet appel, Kari Hudson ne s’attendait certainement pas à ce que la photo de sa fille se retrouve sur 4chan, forum d’images anonyme où l’on trouve le meilleur comme le pire du Web (y compris de nombreuses moqueries voire du harcèlement envers des adolescentes).

Les membres de la section /b/ du site (dit « random », soit au hasard et dédiée au grand n’importe quoi du Web) ont trouvé la page Facebook de la maman, son adresse et son numéro de téléphone, explique Daily Dot.

Un jour après la publication de cette photo, Kari Hudson a fait l’objet de multiples canulars téléphonique, des pizzas ont été livrées à son domicile et certains internautes ont détourné la photo de l’adolescente de façon obscène.

Le but des « channers »? Montrer à cette mère ce qu’est vraiment l’humiliation publique.

Kari Hudson a fini par supprimer la photo de son compte Facebook… Celle-ci comptait déjà 1 million de « J’aime ».

Contactée par Le HuffPost, Kari Hudson a expliqué avoir retenu la leçon:

« Je suis vraiment contente que des parents aient écrit à ma fille et moi pour nous faire savoir qu’avec notre « expérience », ils pouvaient montrer à leurs enfants les dangers d’Internet. La leçon a été vite apprise pour ma fille et moi. Je n’avais pas du tout anticipé un phénomène aussi rapide. J’ai réalisé que mon compte Facebook que je pensais sécurisé et privé, ne l’était pas tant que ça. Heureusement pour nous, les informations qui ont été collectées n’étaient pas notre adresse ni notre numéro. Je tiens donc à m’excuser auprès de la famille qui vit à notre ancienne adresse et j’espère qu’ils n’ont pas eu trop d’embêtements. La prochaine pizza sera un cadeau de ma part. » (Source: Huffington Post)

Jeunes et médias: aperçu des offres d’information, de formation et de conseil en Suisse

Dans [la] base de données [du programme national « Jeunes et médias »] se trouvent des offres et des aides sur l’ensemble de la Suisse pour que les parents, les enseignants et les animateurs puissent se familiariser avec les opportunités et des risques des médias numériques. S’y trouvent des formations, des services de conseil, des publication, du matériel didactique et bien d’autres choses encore. (Source: Jeunes et médias)

Elèves privés de gadgets à écran durant les camps

Une directive scolaire proscrit désormais téléphones, caméras et autres lecteurs MP3 avec affichage lors des sorties de classe.

«Nous avons décidé d’interdire tous les appareils électroniques, hormis le MP3 dont le seul contenu est musical, donc sans écran. Tout autre appareil sera confisqué et rendu à la fin du séjour.» A l’origine de cette consigne, on trouve des enseignants d’un collège de Mézières, responsables d’un camp de ski pour des élèves de 7e Harmos. Directeur de l’établissement, Gérard Morier-Genoud leur laisse la libre appréciation concernant les gadgets et affirme qu’il les soutient. «C’est une précaution», souligne-t-il.

Selon le directeur, diverses dérives sont en effet possibles avec ce type de matériel. «Cela peut créer une forte pression et même des blessures psychologiques à certains enfants», précise-t-il. Et Gérard Morier-Genoud de pointer du doigt des textos insultants ou le partage de photos gênantes. «Ces objets numériques peuvent nuire à l’harmonie et à l’esprit collectif souhaités dans un camp scolaire.»

Municipal lausannois de l’Education et de la Jeunesse, Oscar Tosato dit trouver «courageuses» ces interdictions: «Dans les camps, il s’agit de resserrer les liens entre élèves, de développer l’approche collective lors de visites et de découvertes.» Du côté du Département vaudois de la formation et de la jeunesse, on indique qu’une telle mesure est de la compétence de chaque établissement. Difficile ainsi de dire combien ont introduit ce genre de règles. (Source: 20 minutes)

Les jeunes face aux dangers des réseaux sociaux

Les dangers auxquels sont exposés les jeunes sont suffisamment sérieux pour que la Confédération lance le programme Jeunes et médias. Faut-il adopter une loi spéciale pour l’utilisation des réseaux sociaux? Pour en débattre Liliane Galley, collaboratrice scientifique OFAS, Juliette Ancelle, avocate et Vincent Bifrare, mondays.ch. (Source: La Télé)

Comprendre les pratiques juvéniles de sociabilité médiatisée

Docteur en sociologie de la communication et des médias, experte dans le domaine de la sociabilité adolescente, Claire Balleys détaillait l’usage des réseaux sociaux chez les moins de 20 ans, jeudi 13 mars à la HEP VD. Une trentaine d’enseignants, directeurs d’établissement et formateurs participaient à cette conférence, organisée en préambule de la 11e Semaine des médias à l’école en Suisse romande.

Pour les adolescents, insiste Claire Balleys, il n’y a pas de sociabilité virtuelle. Les échanges sur les réseaux sociaux, c’est la vraie vie, ce sont les vrais échanges! Rien que de très normal, du reste: sur Facebook et d’autres réseaux, les ados prennent la pose et se mettent en scène, en changeant souvent leur photo de profil (et en attendant les commentaires); ils se témoignent avant tout leur amitié; ils se rassurent par rapport aux liens qui les unissent. Les manifestations d’admiration sont courantes.

Moins qu’un espace d’expression libre, les réseaux sociaux sont d’abord un lieu d’échanges extrêmement conventionnels. Cela pullule de politesses réciproques avec des formules toutes faites (« t’es magnifique bb« ..). Pour avoir arpenté en long et en large ces sentiers du web, la sociologue juge qu’il s’en dégage beaucoup de sentimentalité, avec des formules parfois  empruntées au langage amoureux du couple (on se dit volontiers « mon amour« , alors qu’on est entre copains-copines).

Mais les réseaux servent aussi à établir des listes de gens qu’on aime ou pas... Sur Facebook, la fonctionnalité DI (pour « discussion instantanée ») permet de prendre à part les confidents triés sur le volet. Moyen assez subtil de trier ses « amis ».

Claire Balleys observe combien il est important de faire vivre le couple ado de manière publique. Les pairs sont appelés à valider toute relation et, quand la formation d’un couple rencontre leur adhésion, ils ne se privent pas de souhaiter « longue vie » au duo, même s’il ne durera que quatre mois.

« Facebook, c’est entre déclaration d’amour et entre déclaration de guerre. Mais on déclare…« , note la sociologue, pour qui ce réseau social permet « d’afficher sa vie privée tout en la préservant« . Ce qui l’intéresse est donc le paradoxe suivant : comment être « publiquement intimes » ?

Le principal souci, pour un ado qui arrive à l’Ecole secondaire, c’est de montrer qu’il/elle est un-e grand-e, mais pas encore un vieux/une vieille. Enfant, nos parents connaissent tous nos amis. Avoir une vie privée, c’est être grand. Etre en couple, c’est être grand. Pour qu’une relation amicale ou amoureuse devienne facteur de prestige, elle doit être visible en ligne.

Comment créer et maintenir de l’intime dans ce contexte ? Il faut assumer ses relations – donc afficher et s’afficher… Claire Balleys voit un peu les médias sociaux comme le journal « people » du collège.

Le réseau ASK.FM, lieu de l’interrogatoire fantôme

Pour la 11e Semaine des médias à l’école, la sociologue propose aux enseignants de se familiariser avec ce réseau, sur lequel on s’inscrit pour que l’on nous pose des questions, de manière anonyme ou pas. Exemple à l’appui, Claire Balleys montre qu’entre ados, un couple potentiel peut exister sur ce réseau avant qu’il n’existe en vrai ! (L’entourage émet des encouragements… Ou cris d’horreur: « C’est une pute« ). Ask.fm pousse à un devoir de justification publique suite aux demandes et pressions de pairs.

Les réseaux sociaux poussent aussi à actualiser un système de cotations des amis, par un jeu d’évaluations perpétuelles. Les jugements peuvent être extrêmement brutaux. « Te vexe pas, je suis sincère » (peut écrire un ado, après avoir dit à un camarade : « t’es pas à mon goût« ).

Mais, rappelle la sociologue, pour soumettre les autres au jugement, il faut soi-même jouir d’un fort capital social. L’insulte suprême entre ados c’est: « t’as pas d’amis, t’est un(e) perdu(e)« . Si, par une capture d’écran de smartphone, on peut montrer qu’on a dialogué toute la nuit avec son chéri, on atteint le nirvana. Le prestige ado dépend de la quantité (avoir beaucoup d’amis, être connu, quitte à se faire questionner sur des trucs terribles sur Ask.fm); rien n’est plus important que montrer qu’on peut avoir des relations privilégiées, exclusives, intimes, tellement importantes dans la construction de soi.

A l’issue de la conférence, un enseignant et un directeur d’école (confronté récemment à une situation de sexting, avec une fille de moins de 14 ans) se faisaient la réflexion suivante: la manière d’aborder la prévention avec les adolescents est beaucoup trop classique, « adulte » (dans le sens « rationnel »), déconnectée des usages et de la logique adolescente. (Source: mediablog)

Valider l’info sur Internet: des outils pour éduquer

La maîtrise et l’évaluation de l’information sont, selon les termes d’Alexandre Serres, un « enjeu éducatif majeur », « une condition de survie » dans notre société. Heureusement, les ressources ne manquent pas pour relever le défi. (Source: pressealecole)

6 clés pour comprendre comment vivent les ados sur les réseaux sociaux

Après dix années de travail auprès de jeunes Américains, danah boyd, blogueuse sans majuscule, chercheuse chez Microsoft Research et professeure associée à l’université de New York, publie un livre pour éclairer l’usage que les adolescents ont des réseaux sociaux.

It’s complicated : the social lives of networked teens (disponible gratuitement en anglais, en attendant une traduction en français) veut expliquer aux parents ce que font concrètement leurs enfants sur Internet, s’attachant à démonter plusieurs fantasmes et à nuancer les risques les plus couramment évoqués (cyberaddiction, perte d’identité, disparition de leur vie privée, harcèlement, mauvaises rencontres).

It’s complicated, du nom d’un statut Facebook, illustre toutes les facettes de cette vie en ligne qu’ont ces adolescents aux yeux rivés sur leur smartphone. Nous avons rencontré danah boyd à Austin (Texas), au festival « South by Southwest » consacré aux nouvelles technologies. Elle donne plusieurs pistes pour comprendre comment les ados vivent sur les réseaux sociaux.

Identité numérique en image par les adolescents: 7 types de traces en ligne

Julie Pascau (Professeur certifié en documentation – ‎ESPE d’Aquitaine) et Bruno Vergnes (Prof de Lettres et formateur en Education numérique – CLEMI) publient : L’identité numérique en image, un dossier d’analyse sur l’image de soi sur les réseaux sociaux ; un travail de qualité présenté le 15 janvier 2014 à Mourenx (64) dans le cadre du Forum des pratiques numériques pour l’éducation.

Objectif de ce dossier : « Comprendre la viralité propre à l’image sur les réseaux sociaux et les usages des adolescents des applications existantes en 2013. Apprendre à intégrer ces nouvelles problématiques liées à l’identité numérique des jeunes dans l’éducation aux médias ».

L’image saisie, publiée, partagée en ligne (voire effacée) par les adolescents est un phénomène qui s’inscrit aujourd’hui dans des pratiques numériques diversifiées.

Définition et typologie des formes d’exposition en images par les adolescents

Les 2 auteurs proposent une réflexion centrée sur l’observation d’utilisation de l’image par les jeunes en s’abstenant de stigmatiser ces usages.
On apprécie l’effort de définitions fournies ainsi que le fait de poser de relever des problématiques actuelles sur la question de l’identité numérique (exposée) des adolescents.

Cette analyse porte aussi une dimension de recul critique sur le numérique connecté avec des typologies construites fournissant des repères pour un cadre de réflexion ; ceci sans engager un discours autour de la peur et de la crainte souvent relayés par les discours médiatiques autour de l’éducation au numérique.

Sommaire du dossier l’identité numérique en image : l’image de soi des adolescents sur Internet

La numérisation des pratiques
Emergence de nouvelles problématiques
L’importance de l’image

Définition de l’identité numérique
Médias sociaux et big data : panorama des endroits où on laisse des traces en images

Typologie de quelques images traces (7 types)
– le selfie
– l’avatar
– la dedipix
– le sexto
– la belle image
– les vidéos
– les photos de familles, de soirées, de classe, de voyage. (Source: NetPublic)

Un « Facebook » pour les hommes politiques

Peu connus et réputés éloignés des préoccupations des citoyens, les députés européens pourront désormais dialoguer directement avec leurs électeurs via un nouveau réseau social : GovFaces. Si elle est concluante, l’expérience sera ensuite élargie aux élus du monde entier.
 
Cliquez, commentez, likez ! GovFaces est un réseau social comme les autres, à un détail près : de l’autre côté de l’écran, votre interlocuteur est un député européen. GovFaces (www.govfaces.com) est la plateforme qui « met en contact les citoyens et leurs représentants » élus sur les bancs de Bruxelles. Son lancement a eu lieu le 3 mars 2014, soit moins de trois mois avant les élections européennes. D’ici à octobre, le réseau social devrait être étendu à chaque pays de l’Union européenne, à l’Amérique latine, à l’Asie, etc.

La devise « Meet, connect, evaluate » résume bien le principe : rencontrez, contactez, évaluez. Les utilisateurs se connectent via Facebook et accèdent à une mosaïque de profils de députés européens agrémentés de tweets, de vidéos et de mises à jour (meet). Ils peuvent poster des commentaires ou poser des questions sur le mur en libre accès ou par message privé (connect). Enfin, chaque utilisateur peut aussi donner son avis sur les activités des parlementaires en leur attribuant une note de 1 à 5 (evaluate). Enfin, l’importance et la priorité des questions publiées sont soumises au jugement de la communauté, grâce à un système de préférences qui détermine l’ordre des sujets à aborder.

Plus d’interactions

La plateforme vient pallier le manque d’interaction politique sur les réseaux sociaux. Ou plutôt d’interaction de qualité : les enquêtes menées par GovFaces soulignent qu’à peine 7 % des contenus publiés par des hommes politiques sur leurs pages Facebook, Twitter, LinkedIn et YouTube respectives répondent aux critères d’une « véritable interaction » avec leurs followers, de l’autre côté de l’écran. Au point qu’à peine plus d’un utilisateur sur dix (13 %) s’attend à trouver une proportion suffisante d’informations sur ces pages débordant d’insultes, de spams et de commentaires hors sujet. Ce n’est pas une question d’assiduité, du moins en principe : plus de 90 % des députés européens fréquentent les réseaux sociaux, presque trois fois plus qu’en 2009 selon les estimations de Bruxelles.

Mais pourquoi les députés européens, rompus à Twitter et Facebook, devraient-ils s’aventurer sur une plateforme de plus ? « Notre objectif, c’est de rester neutre par rapport à la politique en soi. Même le mot ‘note’ nous fait peur », explique Jon Mark Walls, président de la start-up. « C’est vrai, nous ne pouvons pas garantir aux hommes politiques que personne ne viendra les insulter. Mais nous avons deux options. Un : laisser les malentendus et les jugements à l’emporte-pièce se propager sur la Toile. Deux : intervenir et se montrer crédible, pour clarifier les problèmes et la manière de les affronter. » Les canaux de financement passent tous par Internet : des contenus sponsorisés (Lobby Green a par exemple acquis des bandeaux pour promouvoir ses campagnes), du freemium (une formule hybride entre des contenus gratuits et payants : élaboration de statistiques, enquêtes, sondages, etc.) et du crowdfunding (ou finance participative), des campagnes de financement en ligne dont un pourcentage « minimum » est encaissé par GovFaces. (Source: Courrier international)