Archive de avril, 2014

Symposium «Qui n’est pas connecté? Internet dans la vie des jeunes»

Symposium 
organisé par le Groupe de Recherche sur la Santé des Adolescents (IUMSP – CHUV), l’Institut des Sciences Sociales (UNIL) et l’Institut de Psychologie (UNIL)

Date et horaire : jeudi 5 juin 2014 8.45 – 17.15
Lieu : Université de Lausanne Bâtiment Anthropole

Ateliers le matin

  • Atelier 1 – Smartphones et réseaux sociaux : La vie privée, c’est fini?
    Dr Sami Coll, chercheur associé, Département de sociologie, Université de Genève
  • Atelier 2 – Harcèlement entre adolescents sur internet : quels sont les enjeux?
    Mmes Claire Piguet, collaboratice de recherche, et Christina Akré, responsable de recherche, GRSA, CHUV
  • Atelier 3 – Une expérience de prévention sur Internet depuis 17 ans: ciao.ch
    Mmes Anne Dechambre, psychologue, et Eva Fernandez, directrice, Association Ciao, Lausanne
  • Atelier 4 – Les problèmes de TIC à l’école : plutôt une question de bien vivre
    Mme Sophie Schubert–Grundisch, Responsable cantonale de la médiation scolaire, Unité PSPS, et M. Jean Schaer, Responsable cantonal des délégués PSPS, Unité PSPS

Ados@internet.ch, état de nos connaissances
- Dr Joan-Carles Suris
- Groupe de recherche sur la santé des adolescents, IUMSP, CHUV, Lausanne
- Cette étude longitudinale menée auprès d’adolescents du canton de Vaud met en contexte l’utilisation d’Internet en tenant compte d’éléments tels que le type d’usage, appareils utilisés pour se connecter, lien avec des conduites à risque, etc. La présentation se centrera sur le profil des usagers ainsi que sur l’évolution de quelques éléments clé pendant le suivi de ces jeunes.

Photos d’ados à l’ère numérique
- Dr Jocelyn Lachance
- Socioanthropologue de l’adolescence, Université de Pau et des Pays de l’Adour
- La jeune génération d’aujourd’hui est la première à avoir grandi sous l’œil de l’appareil numérique avec autant d’intensité, mais aussi avec un appareil personnel dans les mains. Avant de comprendre les risques liés aux usages de l’appareil numérique, il importe de saisir comment il joue un rôle dans la vie des plus jeunes depuis quelques années. À partir du discours de jeunes adultes au sujet de leur adolescence, nous allons décrire comment ces usages s’inscrivent dans le contexte plus large d’une jeunesse hypermoderne aux prises avec des questionnements relativement traditionnels: comment s’autonomiser et comment rencontrer l’autre?

Nouvelle culture des adolescents, nouvelles responsabilités des adultes
- Dr Serge Tisseron
- Psychiatre, psychologue, Université Paris VII Denis Diderot
- Les écrans bouleversent à la fois la construction de l’identité, les attentes vis à vis d’autrui, le rapport à l’espace, au temps, aux images et les formes de l’apprentissage. Des moyens existent de faire évoluer leurs usages vers le meilleur. Certains relèvent de la famille, d’autres des institutions éducatives et d’autres encore des collectivités publiques. (Source: reiso.org)

Les ados sur Facebook: la sentimentalité autoritaire

Les adolescents n’utilisent pas Facebook comme les adultes. Ils ne cessent de s’approprier les usages prévus par le site de réseau social pour les adapter aux logiques de la sociabilité juvénile. Sur un mode hyper hiérarchique. […]

Que font les adolescents [2] sur Facebook? Ils postent des photos sur lesquelles ils posent seuls, avec leurs amis ou en couple. Ces images les mettent en scène dans une attitude corporelle à la fois volontaire et soignée. Ils font la moue, froncent les sourcils, se tiennent par la taille, s’embrassent, dévoilent un décolleté avantageux, un torse nu. Bref, ils effectuent un travail de présentation de soi, au sens goffmanien, extrêmement stylisé. Ces photos, bien que porteuses de sens en soi, sont souvent accompagnées d’un contenu verbalisé: les auteurs y expriment leurs humeurs et leurs sentiments du moment, mais aussi et surtout témoignent de l’attachement qu’ils ont les uns pour les autres. […] L’objectif de toute publication en ligne est de récolter le maximum de réactions de la part du réseau des pairs, qu’elles passent par un simple clic sur le lien « j’aime » prévu par le site, ou, mieux encore, qu’elles prennent la forme de commentaires rédigés sur le mur. […]

En y regardant de plus près, on constate que ces formules sentimentales – qui font état d’un attachement fort, durable, sincère, fidèle voire exclusif – empruntent un vocabulaire standardisé. Il s’agit d’expressions types et de phrases types que l’on retrouve d’un statut à l’autre au sein d’un même profil Facebook, et d’un profil à l’autre. […]

Sur Facebook, la popularité d’un adolescent est immédiatement visible. Il faut savoir que sociabilité physique et sociabilité médiatisée fonctionnent comme des vases communicants: ce qui se passe la journée à l’école est discuté le soir en ligne et ce qui est discuté le soir en ligne est débattu le lendemain matin en classe. Il n’y a pas de sociabilité « virtuelle » et de sociabilité « réelle », mais une seule configuration sociale, construite et négociée sur deux scènes, continuellement connectées l’une à l’autre. […]

En conclusion, nous souhaitons insister sur la dualité de la sociabilité adolescente, à la fois hyper hiérarchique et hyper impliquée dans les relations entre pairs. En résulte un système relationnel aboutissant à une sorte d’injonction sentimentale : il faut être aimé, il faut aimer, il faut montrer que l’on aime et que l’on est aimé. Et pas par n’importe qui. (Source: Claire Balleys sur reiso.org)

La vidéosurveillance vous fait flipper? Attendez de voir ce qu’on vous prépare

Lorsqu’on évoque la reconnaissance faciale ou la vidéo-surveillance, les réactions vont de la moue sceptique accompagnée d’une réflexion pragmatique («Bien pratique quand tu te fais tirer ton iPhone»), à l’écarquillement oculaire angoissé du gars qui a vu «Minority Report».

Dans tous les cas ou presque, l’interlocuteur a conscience qu’il existe un risque de dérive orwello-kafkaïen. Mais à peine évoqué, le cauchemar est rapidement balayé par son côté science-fiction et la confiance placée dans les pouvoirs publics pour nous en protéger. Certaines technologies babillant dans les labos ou déjà en service sont pourtant en train de paver la voie. En voici quelques exemples.

Un logiciel capable de reconnaître (tous) les visages

Grâce à des algorithmes plus fiables que l’oeil humain

Cela n’échappera pas à ceux qui ont suivi les révélations d’Edward Snowden: les services secrets anglo-saxons sont très friands de toute information vous concernant, à commencer par votre visage. Le programme Optic Nerve en est la triste preuve. Entre 2008 et 2010, les renseignements américains et britanniques ont intercepté les images provenant des webcams de près de deux millions d’utilisateurs de Yahoo Messenger – peu importe si certaines de ces communications étaient de nature sexuelle.

L’objectif est évident: créer le plus grand outil de traçage jamais inventé. Pour cela, les États-Unis (et tout gouvernement suivant leur trace) ont besoin de trois choses :

  • un réseau de caméras étendu, avec un maillage le plus fin possible ;
  • une base de données rassemblant l’empreinte faciale de chaque individu ;
  • un logiciel capable d’analyser en temps réel les images et les lier avec les profils établis.

Le réseau de caméra est déjà en place et s’agrandit rapidement, justifié tantôt par la lutte contre le terrorisme, tantôt par l’insécurité croissante. La base de données se construit peu à peu, en croisant des informations publiques, en faisant jouer les obligations légales des réseaux sociaux envers le gouvernement, ou en leur arrachant illégalement (le programme Optic Nerve, par exemple). Le défi principal restait de bâtir un algorithme suffisamment performant pour devenir le moteur efficace de cette machine de surveillance. Le business de la peur dopant les labos, ceux-ci ont fait des avancées spectaculaires dans le domaine de la reconnaissance faciale. A titre d’exemple, l’entreprise Cognitec propose un logiciel de reconnaissance qu’elle affirme fiable à 98,75%, un taux qui a bondi de 20% en moins de dix ans.

Un trombinoscope planétaire

Signé les géants du Web

En 2012, Facebook rachetait Face.com, une start-up israélienne spécialisée dans les logiciels de reconnaissance faciale. Peu étonnant, venant d’un réseau qui est né d’un trombinoscope d’étudiants se notant entre eux sur la base de leur photo de profil, et décidant qui est « hot or not ». L’entreprise était par la suite restée plutôt silencieuse sur ses progrès dans le domaine. Une discrétion qui a duré jusqu’en mars dernier, lorsque Facebook a révélé (discrètement là encore) son système de reconnaissance faciale baptisé DeepFace.

Testé sur quatre millions de photos extraites d’un « réseau social populaire », le logiciel est capable, sinon de mettre un nom sur un visage, de comparer deux images entre elles et d’en déduire si la personne se trouve sur les deux. Taux de réussite : 97,25%, soit à peu près aussi bon que ce que pourrait faire l’œil humain.

Bientôt une recherche par visage sur Google ?

Google n’est pas en reste : la firme de Mountain View a, elle aussi, racheté plusieurs start-up spécialisées dans la reconnaissance faciale.

La tentation est forte, étant donné la quantité d’empreintes faciales à sa disposition en croisant services de vidéos (Youtube), banque d’images (Google Images), réseau social (Google+) et tous les terminaux tournant sur Android.

On imagine aisément que Google ait envie d’agrémenter à son moteur de recherche par image une recherche par visage. Une chose est sûr : elle n’ignore pas cette technologie. Histoire de ne pas paraître trop flippante, elle a testé son système sur des vidéos et images de… « lol cats ».

Votre nom tagué sur votre visage en temps réel

Pour ceux qui portent des lunettes connectées

Début 2014, le pire cauchemar des gens discrets et le rêve de tout voyeur s’est incarné (un bref instant) dans une appli : NameTag. Le concept : une appli sur Google Glass pour analyser en temps réel les visages en ligne de mire, et chercher l’identité des personnes captées dans une base de données croisée (profil public Facebook, Twitter, etc.). L’horreur ? Les créateurs de l’app voulaient aller encore plus loin, en révélant non seulement l’identité, mais aussi toute information publique récoltée – profession, âge, numéro de téléphone, etc.

Et si vous aviez le malheur d’avoir un casier judiciaire, disons pour agression sexuelle, celui-ci s’afficherait également (si vous êtes américain). Célibataire ? Pour peu que la personne soit sur un réseau de rencontre qui a des paramètres de « matching », pourquoi ne pas l’afficher aussi? «Le but n’est pas d’envahir la vie privée de qui que ce soit, mais de connecter des gens qui veulent l’être », s’est défendu son créateur, Kevin Alan Tussy. Si vous ne le voulez pas, par défaut, vous le serez quand même.

Google fait barrage, pour l’instant

Soufflez un bon coup, l’app ne devrait pas voir le jour immédiatement. Face à l’hystérie déclenchée par la start-up, Google a réagi prestement, en déclarant son hostilité à ce genre de projets. Avec quelques réserves :

«Comme Google l’a affirmé depuis plusieurs années, nous n’ajouterons pas de reconnaissance faciale à nos produits sans avoir prévu de fortes garanties de respect de la vie privée. Avec cela à l’esprit, nous n’approuverons pas d’application de reconnaissance faciale pour le moment.»

Rassurant? Pas vraiment. La décision de Google n’est manifestement pas arrêtée, et clairement sujette à interprétations ou assouplissement quant aux «garanties». Rien n’indique en outre, en cas de succès des lunettes connectées auprès du grand public, que NameTag se tourne vers des concurrents moins regardants.

Les «précriminels» (vous?) tenus à l’œil

Quand les caméras trouvent votre comportement suspect

Si le monde décrit par Philip K. Dick dans le film « Minority Report » est encore loin, l’ambition d’anticiper un comportement criminel, elle, est à nos portes. On appelle cela l’analyse prédictive comportementale, déclinée dans sa dimension criminelle. L’idée est simple: certaines attitudes (tics, postures, gestes brusques, agitation, etc.) pourraient former les schémas récurrents et identifiables qui précèdent toujours la réalisation d’un acte criminel. Les caméras pourraient capter ces comportements «suspects» dans les lieux publics et communiquer votre signalement aux forces de police.

Pour une fois, pas besoin d’aller dans les couloirs des start-up de la Silicon Valley ou de la NSA. En Europe, ce projet a un visage et un nom: INDECT acronyme anglais de «Système d’information intelligent soutenant l’observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain». Le projet a été lancé en 2009 sous le regard bienveillant (et le financement) de l’Union Européenne. Le but ultime est supprimer toute supervision humaine et de lier directement un algorithme prédictif (dont l’œil est le réseau de caméras) aux forces de police.

Si ses artisans se déclarent respectueux de la vie privée et de la présomption d’innocence, le premier pavé est posé sur un chemin nettement moins séduisant: on est à deux doigts du «précrime», la condamnation pour un crime à venir. Difficile à avaler, et pourtant on voit mal quelle autre utilisation on pourrait faire de pareille technologie. Dans une longue enquête sur les systèmes de «précrime» à Chicago où, comme dans d’autres villes américaines, des technologies prédictives sont déjà effectives, le site américain The Verge s’interrogeait sans ambages sur le racisme que pouvait induire cette logique.

En cause: des «heat listes», ou listes noires recensant des individus susceptibles de commettre des crimes, et bâties sur un large panel de critères. L’auteur de l’enquête soupçonne, lui, que des critères ethniques puissent entrer en ligne de compte. La même logique peut évidemment s’appliquer à la vidéo-surveillance comportementale…

Les rassemblements vus de haut

Grâce à des drones invisibles

Les drones ont souvent décroché la une des journaux lorsque leurs modèles militaires bombardaient le Pakistan, quand leurs modèles pour enfants ornaient les vitrines de Noël ou lorsque leur modèles commerciaux promettaient de nous livrer nos colis chez nous. On évoque moins la surveillance civile. Pourtant, de petits drones équipés de caméras sont déjà capables de filmer des foules en haute résolution. La recherche américaine avance très vite en la matière, et il n’est pas exclu que ces engins soient très prochainement liés à des bases de données pour identifier en temps réel les visages capturés. Sans même parler de nos démocraties, on peut facilement imaginer ce que de telles technologies auraient donné si elles avaient existé pendant les révoltes populaires en Tunisie ou en Egypte.

Des panneaux publicitaires qui savent ce que vous voulez voir

A condition que vous posiez les yeux sur eux suffisamment longtemps

Autre convergence inquiétante et invasive : la reconnaissance faciale alliée à la publicité ciblée. Cela donne des panneaux publicitaires ciblés. Si vous pensiez les pubs personnalisées limitées à votre activité en ligne, vous avez tout faux. Demain, les panneaux publicitaires du métro vous reconnaîtront instantanément et diffuseront une publicité sur mesure.

C’est ce que propose à terme Amscreen, société de communication qui possède 6 000 écrans publicitaires au Royaume-Uni. Grâce à une petite caméra, son logiciel OptimEyes analyse en temps réel les réactions faciales des individus face à une publicité. A terme, le but est bien de proposer une publicité taillée sur mesure pour qui pose les yeux suffisamment longtemps sur le panneau. D’abord selon des critères évidents (sexe, habits, âge…), puis, pourquoi pas, selon l’identité réelle de la personne. (Source: Rue89)

Une minute d’Internet

Que se passe-t-il en soixante secondes sur le web? [Voir l’infographie] Beaucoup de choses, trop même, et de plus en plus. La population d’internautes a explosé de 2011 à 2013, et de nouveaux usages ont fleuri. […]

Le site Domo […] a publié un petit exemple de ce qu’ils savent faire. Et pour parler à tous, quel meilleur sujet que notre activité sur le web, ramenée à une seule minute? Des chiffres pas très surprenants, pour certains: on sait depuis longtemps que Google, Facebook, Twitter ou Youtube génèrent des tonnes et des tonnes de contenu.

Ce qui est intéressant, c’est l’apparition de nouveaux noms qui, eux aussi, alimentent les internautes avides que nous sommes. […]  WhatsApp, outil de discussion en ligne récemment acheté à prix d’or par Facebook, a généré près de 350.000 photos le temps que vous lisiez ce paragraphe. Quant aux clients d’Amazon, ils auront acheté pour 83.000 dollars (60.000 euros) de produits culturels. L’Internet de 2014 paye, c’est désormais une certitude. (Source: franceinter.fr)

BabyTwit: micro-blogue libre pour l’école primaire

BabyTwit est une alternative aux services de microblogue tels que Twitter ; issue de la communauté du « logiciel libre » elle est respectueuse de la vie privée des utilisateurs. […]

BabyTwit est un service de microblog enrichi qui propose de nombreuses fonctionnalités classiques dont :
  • Publication de message en 140 caractères.
  • La possibilité de joindre des documents à ses messages (images et autres types de fichiers).
  • Publication de liens raccourcis […]
Objectifs généraux du projet Babytwitt
 
Internet libre
  • Fournir aux enseignants un outil leur permettant de bénéficier des avantages du microblog, sans subir les contraintes propres aux services « privés ». (publicité, utilisation des données personnelles)
  • Construire avec les élèves, les représentations d’une culture numérique qui privilégie le partage, la collaboration et la participation à l’élaboration d’un bien commun
  • Proposer aux familles un outil éthique, responsable et respectueux de la vie privée des personnes.
Communauté d’enseignants
  • Constituer une communauté d’enseignants prête à accompagner les élèves ( et leurs collègues) dans les mondes numériques.
  • Proposer un outil adapté aux élèves d’école primaire, adapté au fonctionnement des classes, et apportant de nouvelles fonctionnalités. […] (Source: educavox)

 

 

« Nearby friends »: Facebook veut traquer vos amis

Facebook a annoncé, hier, une nouvelle fonctionnalité qui va venir se greffer à ses applications mobiles. Cette fonctionnalité s’appelle « Nearby friends » (« Amis à proximité », en français) et pourrait en effrayer plus d’un puisqu’elle permet, comme son nom l’indique, de localiser vos contacts qui sont géographiquement proches de vous. Concrètement, l’utilisateur reçoit une notification dès qu’un de ses amis est dans les parages. Une façon, explique Facebook sur son site officiel de se retrouver simplement.

Vous avez dit intrusif? Pas forcément. D’abord, cette fonctionnalité ne sera accessible qu’aux États-Unis dans un premier temps. Ensuite, et surtout, elle sera optionnelle (pas active par défaut) et on pourra décider de restreindre son utilisation à quelques-uns.

Méfiance quand même car, comme le souligne le site Rue89 avec « Nearby friends » vous permettez à Facebook de vous tracer de façon très précise et de stocker des données qui seront ensuite marchandées. (Source: franceinfo.fr)

Faut-il combattre les trolls?

La sagesse populaire des réseaux nous rappelle qu’il ne faut pas nourrir les trolls (don’t feed the troll), ce qui signifie qu’il est plus avisé de ne pas répondre à des commentaires haineux afin de ne pas engendrer un discours de haine encore plus violent et plus nourrit.

Pourtant, nous rappelait déjà le sociologue Antonio Casilli, « Le trolling ne doit pas être considéré comme une aberration de la sociabilité sur l’internet, mais comme l’une de ses facettes ». En fait, la radicalité des Trolls est une réponse aux blocages des formes d’expression publiques, qu’elles soient en ligne ou pas. On s’énerve pour affirmer son propos, pour le faire exister, pour se faire entendre des autres. « L’existence même des trolls montre que l’espace public est largement un concept fantasmatique », insiste avec raison le sociologue. Les Trolls (réels comme virtuels) risquent surtout de se développer à mesure que le dialogue démocratique se ferme ou se recompose. […]

Benesch pense qu’il faut engager le dialogue avec les Trolls, notamment parce qu’il est le chemin le plus efficace pour réduire le « discours dangereux », c’est-à-dire pour elle, un discours qui catalyse la violence. Les approches des Etats visant à punir et censurer ne sont pas efficaces… et ils fonctionnent peut-être moins en ligne que hors ligne, notamment parce que ce qui est censuré sait facilement se déplacer d’un site à un autre. […]

Pour elle, il faut se défaire de la croyance que les trolls sont le problème, pour regarder comment les discours dangereux sont un phénomène plus large. Et l’avantage des environnements de prise de parole en ligne est que nous pouvons examiner leurs effets sur les gens, en regardant les réponses, en mesurant leur impact. Pour Benesch, nous devrions aborder le discours dangereux par un contre discours… L’internet ne crée pas de discours de haine. S’il peut nous désinhiber pour parler, l’internet créé surtout un environnement qui nous rend conscient d’une parole que nous n’aurions pas pu entendre autrement. La plupart d’entre nous ne sont pas confrontés aux propos sexistes qui s’échangent dans des vestiaires ou aux propos racistes de certains. Avec l’internet, la parole traverse des communautés autrefois fermées sur elles-mêmes. […]

Et la chercheuse veut voir dans cette nouvelle fonctionnalité une opportunité. Historiquement, l’approche de la norme pour des adolescents se limitait aux opinions d’une petite communauté homogène autour d’eux. Ce n’est plus le cas et c’est certainement là une occasion positive pour nous amener à développer une vision du monde plus large et plus nuancée. Le recours au contre-discours signifie qu’il faut croire en la possibilité de modifier les normes dans les communautés de parole.
[…]

Avec l’aide de l’équipe d’Ushaidi au Kenya, Benesch a construit Umati (un mot swahili pour dire foule), un outil pour recueillir et analyser les discours de haine en ligne, afin d’éviter que les élections de 2013 ne s’enflamment comme ce fut le cas en 2007, par le développement de d’appels à la violence en ligne. Dans leur rapport final (.pdf), les chercheurs ont trouvé que les discours haineux étaient bien plus développés sur Facebook que sur Twitter, du fait de la présence de contre-discours sur cette dernière plateforme. Sur Twitter, le contre-discours était régulier et nourri : souvent il se contentait de rappeler que les propos devaient rester civils et productifs. Et Benesch d’évoquer l’histoire d’un utilisateur qui tweetant un message expliquant qu’il serait d’accord avec l’extermination d’un groupe ethnique et qui a été immédiatement rappelé à l’ordre par d’autres utilisateurs, avant de s’excuser. Ce n’est pas là le comportement d’un troll, souligne Benesch. Si l’utilisateur en question avait simplement été à la recherche d’attention, il n’aurait pas reculé quand ses tweets enflammés ont rencontré un contre-discours spontané. Et ce contre-discours est important pour les médias également, car il est possible pour ceux-ci d’amplifier non seulement le discours haineux, mais également les tentatives pour le contrer. En étudiant des exemples de contre-discours réussis, Benesch tente de développer une taxinomie des contre-discours et de déterminer quelles formes sont les plus utiles à quels moments… Il n’est bien sûr pas réaliste de penser que ces réponses feront changer d’opinion les plus haineux, mais il suffit d’influencer une masse critique de gens dans une communauté pour rappeler la norme, le bon comportement…

Twitter et Facebook ne sont pas les seuls environnements propices aux propos enflammés, on en trouve également dans les communautés de jeux en ligne, souligne encore Susan Benesch. La société de développement de jeux vidéo Riot Games par exemple est très intéressée par ces recherches et a coopéré avec des chercheurs qui ont mis en avant que plus de la moitié des messages incendiaires venaient d’utilisateurs « normaux »… Ils ont également remarqué que de très petits changements dans la plateforme, comme le choix du langage qui s’adresse aux joueurs ou des changements de police ou de couleurs de caractères pouvaient sensiblement améliorer les comportements. […]

Reste que cela n’est peut-être pas suffisant. Pour Benesch, nous avons besoin de plus de recherche sur ces questions. Nous avons besoin de comprendre si le contre-discours qui utilise l’humour ou la parodie est plus efficace que la confrontation directe. Nous avons besoin de comprendre les normes des discours dans différentes communautés. Et comprendre quels types de discours sont de bonnes réponses à de mauvais discours. Le célèbre avocat américain, Louis Brandeis avait l’habitude de dire que le remède à une mauvaise parole est plus de paroles… Peut-être n’avait-il pas si tort…

Comme le souligne Ethan Zuckerman, le discours de Benesch nous plonge dans l’abyme du contrôle de la parole… Un sujet qui forcément nous met mal à l’aise, déchiré que nous sommes entre liberté et contrôle. Le travail de Susan Benesch est difficile, notamment parce qu’il est difficile de définir ce qu’est un discours incendiaire ou un discours dangereux. Pour qui est-il dangereux ? En quoi l’est-il ?… Comme l’explique Cherian George, « les sociétés ouvertes sont aux prises avec des discours haineux parce que la liberté et l’égalité sont des principes démocratiques importants. Mais, si ces discours relèvent de la liberté de parole, ils peuvent avoir tendance à faire disparaître l’égalité de traitement. » La loi protège les gens des discriminations et des violences qu’ils subissent, mais plus rarement des sentiments ou des croyances qui les blessent. Comprendre l’impact des commentaires, trouver des solutions pour rétablir l’équité des contributions est certainement une piste pour limiter le pouvoir des trolls, quels qu’ils soient… Et nous montrer que la vérité est toujours plus complexe qu’on ne le pense. (Source: Hubert Guillaud)

NetLa – Quiz

Lancé dans le cadre de la campagne de prévention NetLa, un nouveau quiz informe de façon ludique sur la manière de se comporter avec prudence face aux dangers que peuvent rencontrer les jeunes sur Internet et sur les réseaux sociaux. Ce jeu online est aussi disponible sous forme de jeu de cartes. www.netla.ch.

(Source: educa.ch)

Twitter dérape après la mort de l’ado

Le décès du jeune collégien en voyage d’études à Rome a suscité une vague de réactions sur les réseaux. Mais aux hommages sont venues s’ajouter insultes et moqueries.

«Un mort a droit à un repos paisible. Les blagues sur Twitter sont une atteinte à la personnalité!» Avocat spécialisé dans les nouvelles technologies, Sébastien Fanti est outré. Après l’émotion suscitée par le décès à Rome d’un adolescent, mardi, les hommages virtuels sur le hashtag #RIPjon ont fleuri. Mais ils ont ensuite été rejoints par les insultes et des blagues douteuses. Certains rebondissaient sur le fait que le jeune homme avait perdu la vie lors d’un jeu supposé. «La sanction, il l’a subie. Pas besoin d’en rajouter», peste l’avocat. Celui-ci rappelle que la famille peut porter plainte ou que les internautes sont libres de dénoncer ces comportements.

Journaliste pour l’émission de la RTS «Sonar», Magali Philip n’a pas vraiment été surprise par ces commentaires parfois de mauvais goût. «C’est le même cycle que lors du décès d’une star. L’humour suit les hommages après peu de temps», explique la spécialiste en réseaux sociaux.

Une star? Jon, qui faisait des vidéos humoristiques et dont les différents comptes sont suivis par des milliers de fans, l’était à son échelle. Hier, les réactions en ligne se comptaient par milliers.

«Les adolescents se sentent immortels. Les blagues sont pour eux une réaction face à l’horrible», tempère le Dr Nahum Frenck. Pour ce pédiatre spécialisé dans la famille, il faut éviter de s’irriter face à l’humour douteux. Une seule solution, selon lui: la compassion pour ces jeunes désorientés. (Source: 20 minutes)

Quand Facebook nous donne envie de lire de vrais livres

Des photos de livres se sont répandues ce week-end sur les murs romands de Facebook. Il s’agit de sélections, sous forme de Top 10, des ouvrages personnels des internautes. A l’origine de ce projet participatif, une jeune femme, Marie Musy, qui depuis plusieurs années se sert du réseau social pour y raconter, avec humour, sa vie de libraire passionnée et pour y partager ses coups de cœur littéraires. Son idée a essaimé. En 48 heures, ce sont déjà une petite trentaine d’amoureux des livres qui ont posté en ligne leurs « bouquins » préférés. (Source: RTS-Sonar)