Archive de septembre, 2014

«Les jeunes lisent toujours, mais pas des livres»

Extraits d’un entretien avec Sylvie Octobre, chargée de recherche au ministère de la culture.

Les jeunes lisent moins de livres et, surtout, lisent moins pour le plaisir. La lecture n’est plus considérée comme la porte d’accès privilégiée au savoir et n’est plus synonyme de plaisir. Ce désamour pour les livres vient, à mon avis, du glissement de notre société de ce qu’on appelait les humanités vers le technico-commercial. Auparavant, les filières les plus prestigieuses nécessitaient une pratique assidue de la lecture. Or la lecture, en tant que loisir tout du moins, n’est plus vraiment obligatoire pour devenir ingénieur. Le français laisse peu à peu la place aux mathématiques.

Le numérique aussi a changé notre façon de lire : les séquences de lecture des jeunes sont plus courtes, souvent liées à leurs échanges écrits sur Internet, et donc sont très liées à la sociabilité. Les choix de lecture se font en interaction avec les autres, de plus en plus par des recommandations des pairs. Or lire un livre est, par nature, une activité plutôt longue et solitaire. A l’ère du numérique, la façon dont les jeunes construisent leur approche culturelle ne va pas naturellement vers la lecture. Pourtant, certains jeunes, statistiquement plutôt les filles, se tournent de nouveau vers la lecture comme activité à contretemps et déconnectée, comme pour stopper le flux d’informations continu qui leur parvient. […]

Les 15-29 ans lisent des textos, Wikipédia, des blogs… Il y a bien des façons de lire. En réalité, on n’a jamais tant lu : des textes, des publicités, des articles, etc. Mais le goût pour la lecture de littérature baisse. Ces deux types de lectures sont différents. La lecture HTML est « additive », les liens et les articles se superposent les uns aux autres. Pour ne pas se perdre dans le flot d’informations, il faut construire une séquence de lecture. Il faut faire le tri, ne pas se perdre pour éviter la saturation informationnelle, le moment où l’on ne comprend plus rien à ce qu’on lit et où l’on tourne en rond. Ce sont des compétences très difficiles à acquérir.

L’école a son rôle à jouer dans ces évolutions. Au collège, les élèves se trimballent 15 kilogrammes de livres sur le dos toute la journée, qui sont des manuels scolaires. Le poids physique devient aussi un poids psychique, avec le temps. Les manuels donnent également du livre une image utilitaire. On note que les enfants en primaire lisent beaucoup, et ils aiment ça. Quand ils arrivent au collège, la lecture devient une contrainte, c’est l’effet pervers de la scolarisation de la lecture. De plus, les réseaux sociaux et la sociabilité sont si importants pour les adolescents pour se construire qu’il leur est difficile de s’en extraire et de construire des espaces de solitude pour lire. […]

Le smartphone est devenu le premier terminal culturel des adolescents et jeunes adultes. Les jeunes regardent toujours la télévision, mais sur leur ordinateur ou leur téléphone. Les blogs, forums et chaînes musicales remplacent les radios, qui s’écoutent en podcast. La presse également est consommée essentiellement sur Internet. Seuls les magazines spécialisés ou thématiques résistent à cette tendance, comme ceux consacrés au sport ou à un chanteur. Aujourd’hui, les premiers pourvoyeurs d’info sont les réseaux sociaux. Un adolescent que j’ai rencontré lors d’une enquête m’a dit, très justement : « S’il y avait la guerre, je l’apprendrais sur Facebook. » […]

Comment réduire la fracture numérique d’un côté et la fracture générationnelle de l’autre ? Mettre dans les mains des plus jeunes les textes anciens qui transitent à travers les générations, mais aussi, dans l’autre sens, former les personnes âgées aux nouvelles technologies, cela permet de créer du commun, de créer du lien intergénérationnel. C’est là tout l’enjeu des nouvelles politiques culturelles. (Source: LeMonde.fr)

Éducation médias 101

Les éducateurs en médias fondent leur enseignement sur ​​les concepts clés de l’éducation aux médias, qui fournissent une base pratique pour examiner les médias et la culture populaire. Ces concepts clés agissent en tant que filtres au travers desquels les créations médiatiques doivent passer afin que nous puissions y réagir.

Afin d’aider les enseignants et enseignantes à présenter ces concepts clés aux élèves du primaire, HabiloMédias a établi un partenariat avec Entreprises pour l’essor des enfants ayant pour but de développer une série de vidéos sur chacun des concepts clés. Chaque vidéo est accompagnée d’un plan de leçon qui répète les idées principales des vidéos et qui aide les élèves à développer et à appliquer ce qu’ils ont appris. (Source: habilomedias)

Les médias, qu’est-ce que c’est?

Les médias sont des constructions

Les médias ont des implications sociales et politiques

Les médias ont des implications commerciales

Différentes personnes réagissent différemment à différentes constructions médiatiques

Chaque média a une forme artistique unique

Portrait numérique

En ce début d’année scolaire, nous vous proposons une courte activité à mener avec vos élèves pour les sensibiliser à la problématique de l’identité numérique et, plus généralement, des traces numériques.

En 2009, un journaliste s’était amusé (?) à brosser le portrait d’un parfait inconnu, sans le rencontrer, en se basant uniquement sur des informations personnelles glanées sur la toile… L’article avait fait sensation et d’autres ont depuis réalisé des expériences similaires que ce soit pour se divertir ou sûrement aussi pour nous avertir des possibilités qu’offre internet pour collecter et réunir des données personnelles.

Ce texte, le portrait du Tigre, peut constituer une amorce de l’activité décrite ci-après, sans être un passage obligé.

Démarche proposée

  1. Demander aux élèves d’établir la liste des informations sur eux-mêmes qu’ils pensent être présentes sur la toile (hors ligne et individuellement);
  2. Former des binômes, dont chaque membre fera le portrait numérique de l’autre à l’aide d’un moteur de recherche (en ligne et individuellement);
  3. Mettre en commun les résultats lors d’une discussion en thématisant les notions de traces numériques, de protection des données personnelles, de réputation en ligne, etc.
  4. Éventuellement, recourir à la fiche jointe pour que chaque élève fasse le point de la situation (qu’est-ce que je partage avec qui et pour quoi?).
  5. Rédiger une synthèse de la discussion et la mettre en ligne dans les commentaires de cet article.

 

Pour aller plus loin

Fiche e-media: ask.fm

Définition: Identité numérique

Définition: Trace numérique

Article: Les professeurs googlent aussi leurs élèves

Bienvenue!


23 juin 2016: Ce blog est mis en veille dès ce jour. Pour tout renseignement, consulter la page « projet ». Merci pour votre visite! SL


L’expression «médias sociaux» recouvre les différentes activités qui intègrent la technologie, l’interaction sociale, et la création de contenu.

Comment l’école accomplit-elle sa mission d’éducation aux médias et à la citoyenneté à l’ère des médias sociaux?

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Ce projet souhaite apporter des pistes de réflexion et un espace de débat pour la conception d’activités destinées aux élèves de l’école obligatoire (cycles 2 et 3).

PROJET

PISTES PEDAGOGIQUES

BIBLIOGRAPHIE

LIENS

(Image: John Holcroft)

Page Facebook antiradars: 15 personnes devant la justice à Rodez

Chaque jour des centaines de milliers d’automobilistes sont avertis de la présence du moindre radar sur la route grâce à des pages Facebook mise à jour par d’autres internautes. Une pratique contre laquelle le procureur de la République de Rodez (Aveyron) a décidé de s’élever: un procès inédit s’ouvre ainsi mardi 9 septembre contre l’une de ces pages «antiradars».

Quinze personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel pour s’être «soustraites à la constatation des infractions routières». Huit prévenus sont également poursuivis pour «outrages», après avoir qualifié les gendarmes sur la page Facebook de noms parfois peu amènes.

«J’ai décidé de réprimer les gens qui cherchent à échapper à la loi», expliquait le procureur de la République à Rodez (Aveyron), Yves Delpérié. «Je suis réveillé toutes les nuits, car des gens se tuent sur la route. C’est lamentable que certains préviennent de l’installation des radars»,expliquait-il récemment à la presse locale.

«Tu vois une camionnette bleue, un radar, des motards… viens le signaler.» Se revendiquant comme «le seul groupe utile» sur Facebook, la page «qui te dit où est la police en Aveyron», comme elle s’appelle, compte plus de 10 000 membres. Créé en 2012, le groupe assure ne «nuire en aucun cas aux forces de l’ordre». Les messages sur des «“poulets” au rond-point…» y côtoient des «attention test alcoolémie», mais aussi des avertissements sur des bouchons ou des accidents. Les groupes du genre sont légion. Ils réunissent «entre 600 000 et 800 000 membres sur Facebook», assure l’avocat Rémy Josseaume, expert en droit automobile et avocat de neuf des prévenus, pour lequel aucune loi n’est violée.

Certes, l’article R 413-15 interdit les « détecteurs de radars » et prévoit une amende de 1 500 euros et un retrait de 6 points sur le permis. Mais, selon l’avocat, le groupe sur Facebook ne peut pas être assimilé à un «détecteur de radars». Le Conseil d’Etat avait d’ailleurs été saisi de la question en mars 2013 et avait autorisé « les solutions d’aide à la conduite», ce à quoi s’apparente le groupe de Facebook, selon Me Josseaume.

Si on poursuit ce groupe en Aveyron, poursuit l’avocat, «pourquoi ne pas poursuivre les pages Facebook des gendarmes qui annoncent les contrôles ou le magazine Autoplus», qui donne une carte des radars fixes et mobiles? Déjà, la justice avait décidé de ne pas interdire les appels de phare signalant la présence des gendarmes, rappelle Me Josseaume, qui parle d’«hypocrisie».

Les associations pour la sécurité routière y voient, elles, un dangereux instrument, soulignant que le département de l’Aveyron est un des champions de l’insécurité routière en France. En 2013, le nombre de tués y a bondi de 126 % (34 morts, contre 15 en 2012), alors que l’ensemble de la France a connu une baisse de plus de 10%. «Il faudra bien qu’un jour on se prenne par la main pour que tout ça soit interdit», affirme Christiane Poinsot, présidente de la Ligue contre la violence routière dans l’Aveyron. (Source: LeMonde.fr)