Archive de septembre, 2015

La Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) publie une première étude sur le comportement des enfants en matière d’utilisation des médias

Les enfants utilisent des médias quotidiennement dès l’école primaire et non, comme on le croit souvent, seulement à l’adolescence. Presque tous les ménages avec enfants possèdent un téléphone mobile ou un smartphone, une télévision et un ordinateur, ainsi qu’un accès à Internet. Pour la première fois, une étude menée à l’échelle nationale s’est penchée sur les expériences faites par les enfants avec les médias. La Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) publie aujourd’hui l’étude MIKE (Medien, Interaktion, Kinder, Eltern), qui a interrogé 1065 enfants de 6 à 13 ans et 641 parents provenant des trois grandes régions linguistiques du pays.

Malgré l’ampleur de l’offre numérique, le jeu demeure l’activité de loisir la plus pratiquée. Les enfants écoutent de la musique, regardent la télévision et lisent des livres, mais ne consacrent pas plus de temps aux médias qu’aux contacts avec leurs amis, à la pratique d’un sport ou aux activités en famille. Le comportement des enfants en matière d’utilisation des médias évolue au cours de l’école primaire et les plus âgés utilisent plus fréquemment le téléphone mobile et Internet.

52 % des enfants possèdent leur propre téléphone mobile et ils sont 69 % à en utiliser un au moins de temps en temps. Bien qu’ils soient encore nombreux à ne pas en posséder ni à en utiliser régulièrement, les enfants placent le téléphone mobile au premier rang de leurs préférences en ce qui concerne les appareils. 76 % des élèves du secondaire inférieur consultent au moins une fois par semaine YouTube, qui devance encore WhatsApp et Instagram dans la liste des applications préférées.

Pour ce qui est des contenus télévisuels ou de l’Internet, les enfants font nettement plus d’expériences positives que négatives. Les parents et les enfants s’influencent mutuellement dans leur utilisation des médias et se servent souvent des mêmes types de médias à la même fréquence, à l’exception des jeux vidéos. 25 % des enfants jouent quotidiennement ou presque à des jeux vidéos. 13 % des enfants, contre 33 % des 12-13 ans, avouent utiliser au moins une fois par semaine leur téléphone mobile à l’heure où ils devraient dormir. Les contenus médiatiques violents et pornographiques constituent les principales préoccupations des parents.

A propos de l’étude MIKE

(Source: Jeunes et Médias)

Théorie du complot, intox … J’éduque mes élèves à discerner les vraies infos sur le net

Alors qu’internet et les nouvelles technologies occupent de plus en plus de place dans nos vies, ne faudrait-il pas enseigner des compétences supplémentaires aux enfants? Par exemple, apprendre à coder. Ou encore savoir faire le tri parmi tout ce que l’on trouve sur le web. C’est l’atelier pédagogique qu’a monté pour ses élèves Rose-Marie Farinella Elkabbach, enseignante. Elle raconte.

Apprendre à se repérer sur la toile avec un esprit critique pour devenir des e-citoyens avertis, qui consomment et produisent des informations de manière responsable, sans se faire berner ni manipuler : tel est l’enjeu d’un projet inédit d’éducation aux médias que je viens d’expérimenter auprès d’enfants de 10-11 ans.

 

Jeudi dernier a eu lieu une cérémonie de remise des diplômes « d’apprenti hoaxbuster« . Une première en son genre. Des élèves de CM2 de l’école primaire de Taninges ont prêté serment sur la tête de la souris de leur ordinateur : « Avant d’utiliser ou de transmettre une information, toujours, je la vérifierai ». Une attestation largement méritée.

Au cours des huit séances de 1h30, ils se sont tous, sans exception, donnés à fond dans mon projet « info ou intox sur internet, comment faire la différence ? ». […]

Les résultats concluants des évaluations prouvent que l’on peut aborder cette problématique avec des enfants aussi jeunes. En témoignent également les bilans détaillés des séances avec photos et enregistrements sonores ainsi que l’exposition d’affiches réalisées par les élèves sur « les règles et conseils de prudence pour naviguer sur internet et les réseaux sociaux ». Des documents en ligne sur le site de l’inspection de l’Education Nationale de Cluses.

Pour reconnaître une « fausse information », il a d’abord fallu comprendre ce qu’est une « vraie » info. Comment elle est traitée, mise en page, diffusée.

Observer la différence entre publicité et rédactionnel. Explorer les différents médias et le métier de journaliste. Une profession qui exige un travail scrupuleux de collecte, de vérification, de tri, d’analyse et de synthèse des faits.

Pour appréhender les notions d’objectivité et de subjectivité, les élèves ont fait des jeux de rôles, inventé des situations, se sont mis dans la peau de reportersEn couvrant une manifestation contre la chasse, ils ont su qui interroger – des chasseurs aux écologistes,  en passant par le maire et même le ministre de la défense des animaux – et quelles questions pertinentes poser.

Ils ont découvert l’importance de confronter les différents points de vue, souvent contradictoires, des protagonistes concernés par un événement, ainsi que la difficulté d’être impartial.

Pas facile de rendre compte avec neutralité d’un match de foot Taninges/Saint Jeoire quand son cœur penche pour une équipe. Distanciation et esprit critique sont nécessaires pour aborder une information et se forger sa propre opinion. Un esprit critique qui doit être d’autant plus aiguisé pour se repérer dans le dédale de la toile, où n’importe qui peut écrire et publier n’importe quoi, sans être soumis à aucune règle déontologique.

 

Alors, infos ou intox, comment faire la différence ? La mise en page des vrais et faux sites d’informations est très similaire. En comparant les « unes » du « Figaro » et du « Gorafi », les enfants ont compris combien sur le net l’apparence est trompeuse.

Parfois le mensonge saute aux yeux, comme par exemple ce groupe d’élèves qui a trouvé un document traitant des guerres napoléoniennes contre… Vercingétorix. Mais malheureusement, faire le tri entre le bon grain et l’ivraie n’est pas toujours aussi aisé.

Certains se laissent tenter par la première info qui leur tombe sous la main et le résultat est plus qu’aléatoire. Un exposé à faire sur l’égalité, et la première ressource proposée par votre moteur de recherche est le site « Egalité et Réconciliation ». Pour l’instant, les robots des moteurs de recherche se contrefichent de la qualité ou de la validité d’une information. A l’internaute de se débrouiller tout seul.

Une information n’est fiable qu’à la condition que sa source soit sûre. Pour vérifier sa véracité, les élèves ont pénétré au cœur de l’information en la disséquant méthodiquement : qui en est l’auteur, à quelle date, dans quel média, sur quel site est-elle parue, le site est-il fiable, sérieux ? De quel événement est-il question ? Où, quand, avec qui, comment, pourquoi a-t-il eu lieu ?

Quand ils ont présenté aux camarades des autres classes, « Les infaux du Haut Giffre », leur journal truffé de fausses infos, qu’ils venaient de rédiger, ils ont été sidérés de constater la crédulité de leur auditoire.

Personne ne s’était posé de questions sur la véracité des infos lues. Ils se sont transformés en petits détectives pour démasquer les hoax sur le web  en traquant les indices, identifiant les sources, croisant les informations et décortiquant textes et photos pour évaluer leur fiabilité. Ils étaient très fiers de connaître des astuces de vrais hoaxbusters telles que cliquer sur l’onglet « A propos », « Qui sommes-nous ? » ou « Mentions légales » pour démarrer leur investigation.

Ou encore uploader une photo dans Google image pour retrouver où et quand elle a été postée, une méthode de vérification efficace dont Ségolène Malterre, journaliste à France 24 fait la démonstration dans son excellente enquête « info ou intox, comment déjouer les pièges« , avec une photo ayant fait le buzz sur Twitter d’une fillette recouverte de boue, serrant son ours en peluche contre son cœur, photographiée pendant la guerre en Ukraine, alors que le cliché avait été pris en Australie, quatre ans avant le conflit.

Pour prouver qu’on peut facilement inventer une légende, les élèves se sont amusés à en imaginer à leur tour : « petite fille prisonnière des services secrets retrouvée en France » ou « fillette maltraitée par son père, battue tous les jours avec un fouet »…

 

Beaucoup de fous-rires pendant les séances, surtout quand on a surfé sur les sites parodiques. Les « One Direction » faisant allégeance à l’Etat Islamique du « Gorafi » et le lancer de pitbull du « Courrier des Echos » ont fait un tabac dans la classe.

Idem lorsqu’on a observé des photos retouchées. Lady Gaga avant et après Photoshop a fait un malheur. Mais la gravité était également au rendez-vous pour aborder des sujets aussi sérieux que les rumeurs, le racisme, la xénophobie, le conspirationnisme, distillés sur le web.

Ils étaient abasourdis quand ils ont su que certains adultes croyaient à des balivernes, telles que les chemtrails ou autres délires. « Peut-être que nous aussi, si on n’avait pas fait tout ce travail sur les médias, on aurait pu croire à toutes ces bêtises », a dit un jeune garçon (enregistrement N°19 /bilan de la séance 6).

Les élèves ne se sont pas contentés de mener des recherches, ils se sont également posé des questions sur les raisons qui poussent certains internautes à diffuser des fake sur le net. Telle la photo d’une piscine bondée, prise au Sénégal, avec une légende mensongère indiquant qu’elle avait été shootée à Créteil. Pas un blanc en train de nager.

« Pourquoi mentir ? », se sont-ils demandé. Ne pas nuire, ni blesser autrui, respecter les autres, tel est l’un des messages clé de la séquence. Comme quoi, éducation aux médias et initiation à la citoyenneté sont intimement imbriquées.

Fantastique outil d’information et de communication, internet comporte des risques et des dangers qu’il est important de connaître pour devenir des cyber-citoyens responsables, soucieux de respecter l’éthique et les valeurs de la république. Et tenter de remédier à l’effrayant constat de notre ministre de l’Education nationale « un jeune sur cinq croit à la théorie du complot« .

(Source: L’Obs)

Le numérique ne fait pas de miracles à l’école

Selon une étude de l’OCDE, les pays qui ont investi massivement dans le numérique n’ont pas enregistré d’amélioration notable des résultats.

Il ne suffit pas d’équiper massivement les élèves et leurs classes d’outils numériques pour obtenir une amélioration des résultats, encore faut-il y former les enseignants et bien définir des finalités pédagogiques, selon une étude de l’OCDE […].

Les pays qui ont beaucoup investi dans le numérique n’ont pas enregistré d’amélioration notable des résultats en compréhension de l’écrit, mathématiques et sciences, souligne l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a étudié pour la première fois les compétences numériques des élèves de quinze ans, à partir des données recueillies lors de l’édition 2012 de son enquête Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

Malgré l’omniprésence des nouvelles technologies dans notre vie quotidienne, elles ne sont pas encore largement répandues dans l’éducation, relève l’OCDE. Lorsqu’elles sont effectivement utilisées en classe, «leur incidence sur la performance des élèves est mitigée, dans le meilleur des cas».

«Ce n’est pas forcément parce qu’on utilise le numérique de façon intensive à l’école qu’on réussit bien aux tests numériques», explique Éric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE. Ces tests portent sur la compréhension de l’écrit électronique, mais aussi sur la «navigation ciblée», autrement dit la capacité à trouver la réponse à des questions en cliquant sur une succession de liens internet pertinents. […]

«Pour réduire les inégalités dans la capacité à tirer profit des outils numériques, les pays doivent avant tout améliorer l’équité de leur système d’éducation», estime donc l’OCDE. […]

«Ce n’est pas la quantité de l’utilisation» du numérique «qui compte, c’est la qualité», estime Francesco Avvisati, analyste à l’OCDE. L’exemple australien montre que le numérique à l’école apporte quelque chose si les professeurs sont formés ou ont de l’expérience.

En revanche, «les pays qui ont donné la priorité à l’équipement ont une tendance plus négative», comme la Pologne. Pour que les nouvelles technologies soient efficaces, «il faut partir des usages», «répondre à des finalités pédagogiques», selon Francesco Avvisati.

On a probablement surestimé les compétences numériques des professeurs et des élèves, souligne dans le rapport Andreas Schleicher, directeur de l’éducation et des compétences à l’OCDE. «Combien d’enfants choisiraient de jouer à un jeu vidéo s’il était de la même (mauvaise) qualité que les logiciels que l’on trouve dans des nombreuses classes?» relève-t-il aussi. […]

(Source: 24heures)

 

Conseils pour utiliser les médias numériques en toute sécurité (extrait)

LES RÈGLES D’OR

Encadrer plutôt qu’interdire. Les enfants ont besoin de l’accompagnement de leurs parents dans la découverte du monde numérique. Discutez avec votre enfant de ses expériences avec ces médias.

Les enfants ont besoin de modèles compétents. Pour les enfants et les jeunes, les personnes de référence sont des exemples en matière d’usage des médias. Vérifiez par conséquent vos propres habitudes en la matière.

La «règle des 3-6-9-12». Pas de télévision avant 3 ans, pas de console de jeux personnelle avant 6 ans, Internet dès 9 ans et réseaux sociaux dès 12 ans.

Soyez attentif aux recommandations d’âge. Pour les films (jeunesetmedias.ch), les jeux vidéo et les jeux en ligne (pegi.ch). Fixez ensemble le temps passé devant l’écran. Déterminez avec votre enfant le temps qu’il peut passer par jour ou par semaine devant l’écran.

Fixez des limites claires et veillez au respect de leur application. Equilibre entre activités de loisir avec et sans médias numériques.

Organisez des activités de loisir sans médias numériques. Télévision, ordinateur et console de jeux n’ont rien à faire dans la chambre d’enfant. Installez ces appareils dans une pièce commune. Surveillez l’utilisation des smartphones et autres tablettes.

Regardez de près avec qui votre enfant tchatte. Les enfants ne devraient rencontrer les personnes dont ils ont fait la connaissance en ligne qu’en compagnie d’un adulte et dans des lieux publics.

Attention aux données privées sur le Web. Recommandez à votre enfant de ne pas communiquer de données personnelles (comme son nom, son adresse, son âge et son numéro de téléphone) sans vous en avoir parlé au préalable.

Une discussion ouverte vaut mieux qu’un logiciel de filtrage. Parlez de sexualité et de violence avec votre enfant, de façon adaptée à son âge. Un logiciel de filtrage est certes utile, mais ne garantit pas une protection absolue.

(Source: Jeunes et médias)

 

Promotion des compétences médiatiques et réglementation – Aménagement futur de la protection des enfants et des jeunes face aux médias en Suisse

3E FORUM NATIONAL PROFESSIONNEL POUR LA PROTECTION DE LA JEUNESSE FACE AUX MÉDIAS

Lundi 7 septembre 2015 | 9h00 – 17h00 Centre Paul Klee, Berne

Le mode d’utilisation des médias a encore changé fondamentalement avec la propagation fulgurante des smartphones observée ces dernières années. Nous sommes non seulement joignables par téléphone en tout temps et en tout lieu, mais nous avons aussi accès à n’importe quel moment à des contenus Internet, aux réseaux sociaux et à d’autres services de communication. Toujours et partout en ligne: ce n’est pas seulement valable pour les adultes, mais aussi pour les enfants et adolescents, qui possèdent aujourd’hui de plus en plus tôt un smartphone.

Le 3e forum national professionnel sera consacré aux changements sociétaux découlant de cette évolution et aux défis qui se posent pour la protection des enfants et des jeunes: que savons-nous du comportement des enfants et des adolescents face aux médias? Comment évaluer les opportunités et les risques liés aux médias numériques? Les efforts déployés pour développer les compétences médiatiques en famille, à l’école, durant les loisirs et dans les structures d’accueil portent-ils leurs fruits? Comment repérer précocement les comportements à risque? Quelles sont les perspectives et les limites de la réglementation?

Le 3e forum national professionnel qui clôture le programme national Jeunes et médias offre la possibilité de discuter de ces questions, des expériences faites ces cinq dernières années, des défis à venir, mais aussi de la collaboration et de la répartition des tâches entre les divers acteurs. La Confédération continuera de jouer un rôle actif dans la protection de la jeunesse face aux médias, de soutenir les cantons et les organisations privées dans l’accomplissement de leurs tâches et d’assurer la coordination dans le domaine de la réglementation.

(Source: Jeunes et médias)