catégorie 'Quel est ton avis?'

Papa, maman, Facebook et moi

Le «sharenting» consiste à afficher sa famille sur les réseaux sociaux. Un jeu narcissique qui peut porter à conséquence

«Nous créons du contenu familial chaleureux et avons plus de 15 millions de followers sur le Web, et des milliards de vues. Notre but est de nous amuser et de faire sourire autant de monde que possible», annonce fièrement la «Eh Bee Family» sur son site. Dans cette tribu youtubeuse américaine, il y a Andres, le père de 38 ans, celui qui tient toujours le smartphone, «Maman Bee», 36 ans, et leurs deux enfants, surnommés «Monsieur Singe», 9 ans, et «Mademoiselle Singe», 11 ans. Des petits singes savants? Presque. Car chaque vidéo des Bee tient du zoo intime.

Dans celle postée le 17 février 2016, et intitulée «Concours de danse surprise» (256 206 vues), on peut voir Monsieur Singe se faire couper les cheveux, Mademoiselle Singe chez la pédicure, Maman Bee à la gym, avant une chorégraphie improvisée dans le salon. Chaque séquence est copieusement commentée par le géniteur des prétendus primates. Son fils a obtenu une sucette chez le coiffeur? Débauche de «Wouaah!» paternels. Il tarde à réagir quand le mobile est braqué sur lui? «Parle! Dis quelque chose!» L’œuvre étant destinée à la postérité numérique, les Bee semblent avoir cessé de se regarder. Même lorsqu’ils se parlent, leurs yeux restent braqués vers le smartphone qui alimente en continu Facebook, Instagram, Twitter, Vine et Snapchat. Des efforts payants: le petit zoo intime est aujourd’hui sponsorisé par Disney, Pepsi, Samsung, Nestlé…

Ces vlogs (blogs vidéo) familiaux, façon téléréalité domestique, sont majoritairement américains et existent par centaines sur YouTube. Les plus connus restent les «Shaytards» et leurs cinq enfants, «Ellie et Jared», deux garçons en bas âge, et Judy Travis, dont la seule vidéo d’accouchement en direct a raflé 17 266 619 vues.

Extimité triomphante

Bien sûr, l’exhibition de descendance n’est pas toujours aussi sophistiquée. C’est parfois une simple photo qui fait la fierté parentale, postée ici et là. Et vient gonfler les statistiques: le Wall Street Journal estime qu’à 5 ans, un enfant a déjà 1000 portraits sur Internet. Ce phénomène a gagné son nom: le «sharenting», contraction de «share» (partager) et «parenting» (parentalité). «Le basculement s’est fait avec l’accès aux abonnements illimités, constate Catherine Lejealle, sociologue du digital. Une quasi-gratuité qui a bouleversé la manière dont chacun documente son quotidien, du plat qu’il mange à sa toilette dans la salle de bains. Autrefois, la photo était une mise en scène des grandes occasions: mariage, baptême, anniversaire. Aujourd’hui, chaque seconde est mise en scène, et n’a de valeur que partagée. Nous sommes dans l’ère de l’euphorie du partage d’existence.» Et dans l’extimité triomphante, une intimité entièrement tournée vers le dehors. «Longtemps, nous avons cru que Big Brother serait une puissance totalitaire. Finalement, chacun accepte d’être son propre bourreau. Et montrer ses enfants devient un élément majeur de cette réalisation de soi dans une existence où le travail n’est plus épanouissant, où les couples éclatent souvent…»

Marqué à vie

En 2014, on estimait à 1,8 milliard les photos mises en partage dans le cosmos 2.0. En 2016, grâce à la prolifération des applis sociales, plus de 100 milliards de clichés seront partagés, selon le site Coupofy. Bref, toujours plus de selfies, de clichés de plats sur le point d’être ingérés… et d’enfants. Le sharenting possède même ses sous-genres narratifs: de la première échographie livrée sur Facebook, aux millions de photos d’allaitement en libre accès sur Instagram, des petites demoiselles déguisées en princesses, entonnant une comptine sur Vine (une appli de vidéos de 6 secondes), aux jeunes turbulents qu’il devient courant de moquer, selon la nauséabonde tendance (américaine, encore) du «Kid Shaming», ou l’humiliation d’enfant. Là, une fillette agrippe de ses doigts potelés la pancarte: «J’ai vomi dans mon nouveau siège enfant». Ici, un bébé dort avec une feuille posée sur son ventre précisant: «Je me mets à hurler dès que maman s’assied pour dîner», tandis qu’une autre fillette de moins de 6 ans affiche: «Je peux mentir en regardant droit dans les yeux.»

«Embarqués dans le mouvement du virtuel, l’immédiateté du clic, beaucoup perdent toute faculté de jugement, constate la philosophe et psychanalyste Elsa Godart, auteure de «Je selfie, donc je suis» (Albin Michel). Or montrer ses enfants est dommageable dans la mesure où ils sont chosifiés, on s’approprie leur devenir, la possibilité pour eux de raconter leur propre histoire ultérieure.» Sans oublier que chaque portrait est désormais scanné par les algorithmes, et les applis permettant d’obtenir, via une simple photo, une biographie personnelle (anniversaire, adresse, goûts, mauvaises habitudes…) seront bientôt légion. «En communication, on dit déjà qu’une photo vaut mille mots, prévient Catherine Lejealle. Et même si la Cour européenne vient de valider le droit à l’effacement, c’est-à-dire la possibilité de réclamer à Google et autres de déréférencer une donnée embarrassante, on sait aujourd’hui qu’on n’efface rien. On peut seulement essayer de rendre une donnée moins visible. De toute façon, personne ne souhaite effacer ses traces. Tout le monde répond que construire son identité est un tel investissement, un tel travail pour exister, qu’il n’y a aucune raison de disparaître.»

Eduquer les parents

Au nom de la légende numérique parentale, les photos d’enfants continuent donc de proliférer. Stéphane Werly, le préposé cantonal à la Protection des données et à la transparence (PPDT) de Genève, constate: «Le fait d’être photographié est une atteinte au droit à l’image, et nous sommes d’ailleurs là pour vérifier qu’il n’existe aucune dérive… mais seulement dans le cadre scolaire. Nous pouvons prévenir les enseignants des risques de mettre en ligne des clichés d’enfants, réclamer des mots de passe, mais les parents ne relèvent pas de notre compétence. Il faudrait sûrement en éduquer quelques-uns. D’ailleurs chaque individu est protégé par la loi: quiconque estime que sa personnalité est atteinte par une photo, un commentaire, peut saisir les tribunaux, et se retourner, même contre ses parents…» C’est un signe, Facebook, multinationale qui gagne pourtant des milliards en exploitant chaque donnée personnelle, vient d’annoncer réfléchir à une notification d’alerte pour les personnes s’apprêtant à publier une photo d’enfant. La peur de l’inévitable retour de bâton?

(Source: letemps.ch)

Les normes PEGI ne sont pas là pour faire joli sur la boîte!

Pan European Game Information (PEGI) est un système d’évaluation européen des jeux vidéo fondé pour aider les consommateurs européens à s’informer de chaque type de jeux vidéo à l’aide de différents logos exposés sur leur boîte d’origine. Ce système a été fondé par Interactive Software Federation of Europe (ISFE) et utilisé pour la première fois en avril 2003. Il est désormais utilisé dans plus d’une trentaine de pays. Il est composé de cinq catégories d’âge et de huit descriptions qui informent du contenu d’un jeu. (Source)

Et les jeux en ligne?

Un jeu en ligne est un jeu numérique qui nécessite une connexion active à un réseau. Il s’agit non seulement des jeux sur Internet, mais également des jeux en ligne via des consoles, téléphones portables ou réseaux P2P. Un jeu mobile est un jeu vidéo utilisé sur téléphone portable, smartphone ou ordinateur portable.

A l’heure actuelle, il existe quatre principaux types de jeux en ligne.

1. Mini-jeux / Jeux par navigateur. Il s’agit de versions en ligne des jeux classiques d’arcade, de plateau ou numériques. Ils sont généralement gratuits et souvent disponibles sur des sites web et portails de jeux dans un cadre publicitaire. Ces jeux sont essentiellement destinés à un seul joueur et n’impliquent aucun monde virtuel descriptif. Spacewar, PacMan, de même que les jeux de carte tels que le Solitaire et Blackjack sont des exemples très répandus et constituent la majeure partie des jeux en ligne.

2. Les jeux vidéo publicitaires sont destinés à promouvoir un produit spécifique, une société ou un projet politique. Ces jeux caractérisent généralement de façon bien visible le produit d’une société et seront utilisés en ligne sur le site web de la société ou mis à disposition pour être téléchargés. Ils sont étroitement liés à des campagnes marketing virales, les jeux s’efforçant de diffuser le produit et la connaissance de la société par le bouche à oreille, les e-mails et les blogs.

3. Les jeux en réseau sont généralement utilisés en ligne avec un PC, mais de plus en plus de joueurs ont recours à des consoles de jeu avec une connexion Internet. Leur succès a augmenté avec l’accès Internet forfaitaire et une technologie à large bande que l’on peut aisément se procurer. Ils couvrent la majorité des types de jeux, mais il s’agit principalement de jeux de combat tactique tels que les jeux de tir subjectif dans le cadre desquels le joueur voit l’environnement à travers les yeux du personnage. Ces jeux se jouent à deux ou en équipes. Call of Duty est l’un des jeux les plus populaires de cette catégorie. Les jeux de stratégie en temps réel ayant recours à des plans tactiques sont un développement informatisé des jeux de guerre traditionnels, alors que les jeux en réseau multi-joueurs sont également très répandus dans différents domaines sportifs tels que la course automobile et le football.

4. Les jeux massivement multi-joueurs diffèrent des autres jeux en ligne par le nombre important de joueurs qui participent simultanément à un même jeu et par la nature persistante des jeux (ils continuent indépendamment du fait qu’un joueur spécifique participe ou non). Ces jeux offrent un vaste univers en trois dimensions peuplé de milliers de joueurs. Le jeu World of Warcraft de Blizzard Entertainment/Vivendi compte plus de 6 millions d’abonnés (1 million en Europe et plus de 1,5 million en Chine). Everquest, longtemps réputé leader sur le marché, a environ 500 000 abonnés, et Ultima Online en compte 250 000. Cette catégorie est dominée par les jeux de rôle où les participants endossent les rôles de personnages fictifs et créent ou suivent ensemble une histoire. Leur approche ludique est généralement moins directive et ils se distinguent par les aspects sociaux et collectifs mis à disposition par le biais de ce service.

Un grand nombre de jeux en ligne favorisent la constitution de communautés virtuelles. Au sein de ces communautés, les joueurs communiquent en temps réel, généralement sans se connaître, d’où certains risques du fait que l’évolution du contenu n’est pas contrôlable, le comportement des joueurs peut ne pas convenir à des mineurs, des données personnelles peuvent être échangées. PEGI Online vient compléter le système PEGI. Il vise à améliorer en Europe la protection des mineurs contre les jeux au contenu inapproprié et à aider les parents à mieux comprendre les risques et les effets nocifs potentiels de cet environnement. Le logo PEGI Online figurera sur l’emballage des jeux vendus sur CD/DVD ou directement sur le site de jeu. Le logo indiquera si le jeu convient à une utilisation en ligne et si le jeu ou site concerné est contrôlé par un opérateur qui veille à la protection des mineurs.

Conseils

  • Il ne faut PAS accepter un mauvais comportement, un langage grossier ou la tricherie ! Vous pouvez bloquer l’accès du joueur, en faire part au fournisseur du jeu ou en parler à vos parents.
  • Si quelque chose vous rend mal à l’aise, parlez-en immédiatement à vos parents.
  • Ne communiquez jamais vos coordonnées personnelles telles que votre adresse, n° de téléphone ou votre photo.
  • N’acceptez jamais de rencontrer une personne avec laquelle vous jouez en ligne sans en parler d’abord à vos parents. (Source)

Questions – cycle 2 et 3

  1. Est-ce que tu es tenté de jouer à des jeux indiqués pour un âge plus élevé que le tien? Pour quelles raisons? Qu’attends-tu de ces jeux? Qu’y as-tu trouvé (si tu y as joué)?
  2. Joues-tu en ligne? Communiques-tu avec d’autres joueurs? Est-ce que te parents t’ont fixé des règles? Lesquelles? Sinon, t’es-tu fixé tes propres règles? Lesquelles?

 

Questions – cycle 3

  1. Pour quelles raisons les diffuseurs de jeux indiquent-ils des recommandations concernant l’âge du joueur?
  2. Connais-tu le travail d’un concepteur de jeux vidéos? Quels sont ses objectifs? Penses-tu qu’il tienne compte de l’âge des joueurs dans son travail de création?
  3. Est-ce que tu visionnes des tutoriels de jeux vidéo? S’agit-il de jeux indiqués pour ton âge?
  4. Qui fixe les normes PEGI? Quelles sont leur valeur légale? Peut-on être puni si on vend un jeu inadapté à un enfant?

 

Les commentaires sont modérés avant leur publication. Pour être approuvés, ils doivent être en accord avec la Charte RPN.

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Voir aussi:

Pourquoi certains jeux vidéo sont-ils déconseillés aux enfants? (sudouest.fr)

Sport TV sur la signalétique jeux vidéo PEGI (NetPublic)

Je le sais, je l’ai vu sur internet!

Internet et les réseaux sociaux ont changé la façon dont nous accédons à l’information et dont nous communiquons. Le schéma pyramidal traditionnel de diffusion de l’information et de l’opinion s’effrite et est remplacé petit à petit par un système inversé de libre accès pour tous.

L’un des effets de ce changement est la propension de certaines personnes à s’attribuer une expertise qu’elles n’ont pas après avoir été capable de faire une «recherche» sur internet. La démocratisation de l’information a conduit à une fausse impression de démocratisation de l’expertise.

Le résultat est «l’effet Jenny McCarthy», du nom d’une célébrité qui pense qu’elle peut substituer sa propre opinion de non-expert au consensus solide des experts sur la sécurité et l’efficacité de la vaccination au prétexte qu’elle a fait «ses propres recherches». Elle est un exemple patent de ce que la recherche d’informations sur le web peut conduire quelqu’un à une confiance infondée dans une opinion non scientifique.

Confiance en nos propres connaissances

Le premier écueil a fait l’objet de la publication récente d’une série d’expériences conduites par Matthew Fisher, doctorant en psychologie cognitive de l’université de Yale. Il a observé spécifiquement la recherche en ligne d’informations et la confiance accordée en nos propres connaissances sur le sujet recherché. Bien entendu, si nous cherchons et lisons des informations sur un sujet, notre confiance dans nos connaissances sur ce sujet augmente. Fisher a observé que le public avait une plus grande confiance en ses connaissances même quand il cherchait en ligne sur un sujet plutôt que d’obtenir ces informations directement, quand le sujet ne présentait pas d’informations pertinentes en ligne, quand les informations pertinentes étaient filtrées, ainsi que quand il lisait une information en ligne plutôt qu’en version imprimée. De fait, l’acte de chercher soi-même semblait augmenter la confiance du public dans ses propres connaissances.

Il semble donc que l’accès à une vaste somme de connaissances que l’on peut passer au crible augmente le degré de confiance que l’on accorde en ses propres connaissances, indépendamment de la pertinence de ces connaissances.

Biais de confirmation

La recherche internet est une mine d’informations dans laquelle on peut sélectionner (consciemment ou non) celles de ces informations qui confirment ce que l’on croit déjà ou ce que l’on veut croire. Faire une recherche en ligne sur la vaccination donnera des tonnes d’informations soutenant sa sécurité et efficacité, tandis que quantité d’autres informations rabaisseront la vaccination. Pour n’importe quel sujet polémique, le résultat sera le même.

Le biais de confirmation est puissant et dangereux, spécifiquement parce qu’il donne l’illusion que les données soutiennent nos croyances car nous ne percevons pas le point auquel nous avons filtrée et biaisée cette recherche.

La version extrême de ce phénomène est ce que nous appelons la «caisse de résonance». Le filtrage de l’information peut être formalisé en ligne au sein de communautés où une seule perspective est exprimée, et l’information soutenant cette perspective est partagée, alors que l’information opposée est filtrée ou directement contredite.

Confusion entre connaissance et expertise

Souvent, des personnes potentiellement très intelligentes, avec un gros bagage de connaissances factuelles, arrivent cependant à des conclusions absurdes dans lesquelles elles placent un haut degré de confiance. Le problème, c’est qu’elles ne s’engagent pas vraiment avec la communauté intellectuelle pertinente.

Il est crucial d’engager la communauté, spécialement pour des domaines de connaissance hautement techniques et complexes. Il peut être très difficile pour un individu de voir la complexité d’un problème sous tous ses angles et de considérer toutes les perspectives. Laissés seuls, nous aurons tendance à nous raconter des histoires satisfaisantes et à devenir de plus en plus confiants dans la véracité de ces histoires. Engager la communauté aura tendance à mettre à l’épreuve ces histoires, conduisant à une compréhension plus profonde et plus nuancée du sujet. C’est là le cœur de la véritable expertise.

Conclusion

Pour éviter qu’internet créée une armée de pseudo-experts bien trop confiants en eux-mêmes, il y a un certain nombre de parades:

  • L’humilité. Ne pensez pas qu’une petite somme de connaissances fasse de vous un expert. Respectez les opinions des vrais experts. (Vous n’avez pas à être d’accord, mais prenez les au moins au sérieux).

  • Comprenez l’avantage inhérent d’un consensus d’experts plutôt que l’opinion des individus.

  • Lorsque vous faites des recherches sur internet, cherchez également des informations allant à l’encontre de vos croyances ou conclusions actuelles. Suspendez votre jugement personnel jusqu’à ce que vous pensiez avoir entendu ce que chacun avait à dire.

  • Comprenez que la recherche en ligne est un piège à biais de confirmation. Google lui-même peut biaiser les résultats de votre recherche. Vous devez contourner cela.

  • Comprenez qu’en plus du biais de confirmation, il y a d’autres biais sur internet, comme les caisses de résonnance, la propagande publicitaire et politique, et les informations délibérément déformées pour soutenir une idéologie. Soyez sur vos gardes quant aux fausses informations, et examinez minutieusement une source avant de vous reposer dessus.

D’après Steven Novella, The Google University Effect; Traduction en français

Questions (cycle 3)

  1. Quels moteurs de recherche connais-tu?

  2. Comment fonctionnent-ils?

  3. Comment peux-tu évaluer la crédibilité d’une information trouvée sur internet?

  4. Dans quels cas et pour quelles raisons une information fausse peut-elle se trouver sur internet?

  5. Qu’est-ce qu’une connaissance scientifique?

  6. Est-ce qu’il t’arrive de diffuser de l’information sur internet? Dans l’affirmative, s’agit-il de connaissances, d’opinions, d’autre chose? Peux-tu citer des exemples?

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Je vous interdis de divulguer les informations confidentielles que j’ai déjà diffusées moi-même!

Il y a quelque temps est apparu (ou réapparu) sur les profils Facebook de beaucoup de nos amis un message rédigé dans une langue apparemment sérieuse et truffée d’expressions juridiques, témoignant de la volonté de son auteur de protéger ses données personnelles.

Un site très utile, spécialisé dans la détection de canulars et autres contre-vérités diffusées sur la toile, a examiné ces messages. Hoaxbuster (« chasseur de canulars », en anglais) met ainsi les pendules à l’heure avec une certaine ironie, mais en expliquant parfaitement l’absurdité de la démarche dans un texte que nous reprenons ci-dessous dans une version (légèrement) adaptée.

«Des dizaines de milliers d’internautes copient/collent sur leur mur un texte censé les protéger du grand méchant loup. Désormais, Facebook n’a qu’à bien se tenir… Depuis quelque temps, on voit fleurir en toutes langues tout un tas d’avertissements, sur les murs du monde entier.

« Veuillez prendre en compte ma déclaration suivante, le 05 décembre 2012: Conformément à la législation, à la réglementation (blablabla,…): J’INTERDIS FORMELLEMENT à toute personne physique, à toute personne morale, à toute institution ainsi qu’à toute agence de toute structure, (blablabla…), l’utilisation et la divulgation de tout ou partie des données me concernant.

J’AVERTIS toute personne physique, toute personne morale, (blablabla…), que VOUS N’AVEZ PAS MA PERMISSION d’utiliser la moindre des informations contenue et/ou liée à mon profil, ni aucun des contenus (blablabla…) postés sur mon profil par moi ou tout autre utilisateur de ce site Web.

Vous êtes avisé qu’IL VOUS EST STRICTEMENT INTERDIT de divulguer, de copier, de distribuer, de diffuser, ou de prendre toute autre action contre moi à l’égard de mon profil et le contenu des présentes, de quelques manières que ce soit (blablabla…). »

Nous pensions, un peu naïvement, que les pauvres internautes amnésiques finiraient par se rappeler qu’au moment de la création de leur compte Facebook ils avaient reconnu avoir lu et compris les conditions d’utilisation de Facebook:

ms

Lesquelles sont pourtant très claires au sujet des données utilisateur. Les types d’informations figurant ci-dessous sont toujours publics et sont traités de la même manière que les informations que vous décidez de rendre publiques.

  • Nom
  • Photos de profil et de couverture
  • Réseau
  • Sexe
  • Nom d’utilisateur et identifiant

Soyons clair: en créant un profil Facebook, on autorise directement (et sciemment) la société à utiliser ces données-là! Et pas la peine de crier ensuite sur son mur qu’on est contre… Il suffisait à l’origine de ne pas accepter lesdites conditions. La seule solution pour qu’aucune donnée ne soit utilisée: SUPPRIMER SON COMPTE!

Concernant les données publiées directement par l’utilisateur sur son mur, là non plus pas de surprise: c’est l’utilisateur lui-même qui décide comment sont gérées ses publications:

  • Public => le monde entier a accès à l’ensemble du profil et des publications et peut les réutiliser, les partager, en faire ce que bon lui semble
  • Amis seulement => seuls les amis peuvent voir le profil complet et les publications – et peuvent donc ensuite les partager, les réutiliser ou en faire ce que bon leur semble
  • Personnalisé => l’utilisateur décide de qui va pouvoir interagir avec ses publications, soit en fonction de listes préétablies, soit pour chaque publication.

Les textes que trop de gens copient/collent sont des aberrations juridiques, mais la bêtise moutonnière atteint son paroxysme quand on y lit:

« J’AVERTIS toute personne physique, toute personne morale,(…) qu’IL VOUS EST STRICTEMENT INTERDIT de divulguer, de copier, de distribuer, de diffuser, ou de prendre toute autre action contre moi à l’égard de mon profil et le contenu des présentes, de quelques manières que ce soit (…). Le contenu de mon profil est privé, contient des informations confidentielles et est protégé par la loi. Toute violation des droits, interdictions et restrictions ci-mentionnés est punie par la loi et fera l’objet de poursuites judiciaires. »

Le jour où un internaute a publié cet avertissement sur son mur, il est devenu IMPOSSIBLE à quiconque de le copier/coller pour le reprendre à titre personnel… Du coup, chaque utilisateur l’ayant publié sur son mur s’est automatiquement mis « hors-la-loi » au regard du texte en question.

(Source: Hoaxbuster)

Questions

  1. As-tu pris connaissance des conditions d’utilisation de Facebook? Si oui, as-tu noté que les données issues de tes publications pouvaient être utilisées par l’entreprise? Sinon, vas-tu le faire?
  2. Pourquoi, à ton avis, les conditions générales de FB changent-elles aussi souvent?
  3. Comment sélectionnes-tu ce que tu publies sur FB?
  4. As-tu réglé les paramètres de confidentialité de ton compte?
  5. En général, fais-tu confiance à tes «amis» FB pour t’informer sur le fonctionnement de FB?
  6. Si tu n’es pas utilisateur de FB, connais-tu d’autres services qui te demandent de livrer des données personnelles pour y avoir accès? Sais-tu comment celles-ci sont traitées?

 

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Les commentaires sont modérés avant leur publication. Pour être approuvés, ils doivent être en accord avec la Charte RPN.

 

A propos de Hoaxbuster

Créé en 2000, HoaxBuster.com poursuit un objectif: mettre un terme à la propagation des hoax et des rumeurs en circulation sur le web francophone.

Loin de la terminologie spécifique à l’informatique, le terme «hoax» provient du langage courant et signifie «canular».

Démocratisation de l’informatique oblige, les canulars prennent aujourd’hui une forme électronique et se jouent des frontières et de la distance pour parvenir directement sur vos écrans. Fausses alertes aux virus; fausses chaînes de solidarité; fausses promesses; fausses informations; les hoax prennent toutes les formes.

Faites un tour dans la «hoax liste», vous y trouverez à coup sûr la reproduction exacte de certains messages que vous avez reçus. Lisez nos décryptages et les réponses des sociétés impliquées. Si vous avez reçu un message suspect qui ne se trouve pas dans notre liste, envoyez-le nous, nous entamerons les recherches et y apporterons des réponses claires.

Quand je serai grand, je serai youtubeur!

Gagner sa vie en faisant des vidéos sur le Web, c’est possible, mais est-ce que c’est vraiment un métier?  Selon Rémi Sello, «Youtubeur, c’est un métier, mais c’est un statut difficile à atteindre; on ne devient pas Cyprien ou Norman sur un claquement de doigts. Aujourd’hui il y a plusieurs dizaines de personnes qui ont la chance d’en vivre en France. L’objectif est d’avoir suffisamment de visibilité, et donc de vues pour gagner de l’argent grâce aux publicités.»

Vidéo: Rémi Sello, créateur d’une chaîne consacrée aux youtubeurs (Source: 20 minutes – 28 octobre 2014)

Les YouTubers comiques constituent la majorité des YouTubers. Le principe est simple et efficace: des jeunes se filment chez eux devant une caméra grand angle et racontent des situations comiques de la vie quotidienne. Ils illustrent leurs propos par des mises en situation souvent burlesques et contrastant avec leur exposé «froid» des faits. L’identification est aisée, le rire facile, le public conquis.

Les «gamers» ont également le vent en poupe. Ils se filment en train de tester des nouveaux jeux vidéos, livrent leurs impressions et donnent quelques astuces à leurs fidèles adeptes. Aujourd’hui, ces gamers auraient plus de succès que les sites professionnels de jeux vidéo, dépassant le million de vues pour certaines vidéos. La frontière entre ces deux mondes est néanmoins très étroite… et parfois floue. Ainsi, certains éditeurs dépenseraient plus de 15 000 euros pour qu’un gamer parle de l’un de leurs jeux sur sa chaîne YouTube.

Une troisième catégorie de YouTubers regroupe ceux qui se spécialisent dans le conseil. Cette catégorie est plutôt féminine: des «vlogueuses» (contraction de «vidéo» et «blogueuse») y livrent leurs astuces beauté. Nous les voyons se maquiller face à la caméra, pour un résultat «avant-après» souvent époustouflant. Bien sûr, les promotions des produits de beauté ne sont pas toujours gratuites: de nombreuses vlogueuses se voient offrir des produits par des grandes marques, qui leur demandent de les promouvoir… ou de se taire en cas de mécontentement. (Source: Références – 28 août 2014)

Le mécanisme de revenus sur YouTube est assez complexe à appréhender. En effet, certaines chaînes, appartenant à la même thématique, génèrent plus de revenus que d’autres. Il serait faux de penser que chaque vue sur YouTube génère des revenus. Certaines vues ne sont pas monétisables, et ne génèrent donc pas d’argent. Par exemple, à l’heure actuelle, les vues sur appareils mobiles ne génèrent pas, ou du moins très peu, de revenus. En effet, YouTube n’a pas encore implémenté les publicités sur les smartphones. Les vues mobiles ne sont donc pas monétisables pour la plus grande partie.

Un internaute ayant installé un module « Adblock »  (permettant de bloquer purement et simplement les publicités) va également générer des vues non-monétisables (les publicités n’étant jamais affichées).

Ensuite, les revenus varient selon plusieurs critères:

  1. La saisonnalité: il existe des mois creux et des mois plus intéressants en termes de revenus. Ainsi, si certains mois sont bas (janvier, février, juillet et août), le RPM (revenu pour 1000 vues) repart à la hausse au mois de mars-avril, puis au mois de septembre-octobre, pour atteindre son apogée au mois de décembre.
  2. Le pays de visionnage: les annonceurs ne payent pas partout de la même façon. Les annonceurs aux Etats-Unis paient globalement mieux qu’en France.
  3. La typologie des annonces: les publicités génèrent plus ou moins de revenus selon leur type. Par exemple, les bannières sont moins intéressantes en termes de revenus que les annonces vidéos non désactivables, qui s’affichent avant (preroll), pendant (midroll) ou après la vidéo (postroll).
  4. Le contenu de la vidéo: insérer des grossièretés dans les titres des vidéos peut rendre cette vidéo non monétisable; Google a des mécanismes pour détecter rapidement si les métadonnées d’une vidéo nouvellement mise en ligne contiennent des obscénités et peut en conséquence couper les pubs sur la vidéo en question. Si vous utilisez des extraits vidéos de plus de 30 secondes d’une autre vidéo, votre vidéo pourra être détectée automatiquement par l’autre partie, qui pourra au choix, revendiquer votre vidéo ou pire, la bloquer et/ou la supprimer.
  5. Le sponsoring: une chaîne bénéficiant d’une campagne de sponsoring verra son RPM (revenu pour 1000 vues) augmenter de manière significative. (Source: Wizdeo)

 

La publicité a rapporté 4 milliards d’euros à Youtube en 2013. Plus les contenus à succès sont nombreux, plus la société peut élargir son marché publicitaire. Elle a donc tout intérêt à encourager les créateurs de vidéos à succès. Elle leur propose donc un partage des revenus publicitaires. Pour 1000 vues, le vidéaste touchera environ 1 euro 50. C’est donc à partir d’un million de vues que les choses sérieuses commencent. Dans plusieurs villes, Youtube met également des studios et du matériel à disposition des créateurs de contenu.

Afin de lutter contre le piratage, Youtube, donne la possibilité de créer une empreinte numérique d’une œuvre. Si celle-ci apparaît sur une autre vidéo, elle est détectée et la monétisation de la vidéo est reversée à l’ayant-droit. Mais l’algorithme ne fait pas dans la finesse : la présence d’un court passage d’une œuvre protégée suffit à démonétiser une vidéo.

Or, de nombreux youtubeurs font des emprunts à des œuvres couvertes par le copyright, soit pour réaliser des critiques, soit pour les ambiances. Un youtubeur comme Antoine Daniel, qui commente des vidéos trouvées sur le net, a ainsi vu plusieurs de ses vidéos démonétisées.

De nombreux youtubeurs ont fait le choix de développer des produits dérivés: t-shirts, coques de téléphone, applications mobiles. La websérie Le visiteur du futur, diffusée gratuitement sur le net, proposait des DVD à la vente ainsi que des accessoires à l’effigie de la série. Cyprien gère une boutique en ligne entièrement dédiée à ses produits dérivés.

Il est également possible de se tourner vers des entreprises pour réaliser des contenus sponsorisés, ce qu’a fait Norman avec Crunch. Au risque de perdre la liberté qui caractérise les contenus internet. (Source: France 4)

Youtube est un véritable business plutôt insoupçonné et dont on connaît mal le chiffre d’affaires. Si l’on élimine les chaînes des stars, en particulier des chanteurs, qui rapportent à ces artistes très gros (Rihanna et Justin Bieber auraient gagné, depuis leur inscription jusqu’en juin 2013, 9.4 millions de dollars chacun) ce sont les chaînes humoristiques qui sont les plus suivies et qui engrangent le plus de gains pour leurs créateurs.

De son propre aveu, Norman de la chaîne NormanFaitDesVidéos gagne bien sa vie avec une seule vidéo par mois, tandis que les gains de Cyprien se montent à 750 000 dollars gagnés en près de 8 ans. (Source : économiematin.fr – 24 juin 2014)

Questions – cycles 2 et 3

  1. D’où provient l’argent gagné par un youtubeur?
  2. Comment les youtubeurs s’y prennent-ils pour gagner davantage d’argent?
  3. Penses-tu que les publicités sur YouTube rapportent de l’argent aux annonceurs?

Questions – cycle 3

  1. Comment réagirais-tu si quelqu’un utilisait un extrait d’une vingtaine de secondes d’une de tes œuvres (sans t’en demander l’autorisation)?
  2. Dans quels buts, utilises-tu YouTube? Utilises-tu d’autres chaînes vidéo?
  3. As-tu créé (ou envisages-tu de créer) une chaîne YouTube? Quel est son thème et ses buts?
  4. Quels autres services de Google utilises-tu? Quels en selon toi les avantages et les risques?

 

Pour aller plus loin

YouTube (Wikipédia)

Les revenus de la pub sur youtube.ch (RTS – On en parle)

Top 30 des youtubeurs français les plus drôles ou intéressants (Topito)

Le salaire des youtubeurs les plus célèbres (brandandcelebrities)

Cyprien parle de ses revenus gagnés sur Youtube (Le Grand 8)

Revenus des partenaires YouTube (Google)

 

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Vivre de sa musique… gratuite?

Spotify est un service de streaming musical qui permet une écoute quasi instantanée de fichiers musicaux. Un lien est fourni sur certaines musiques du catalogue pour permettre à l’utilisateur d’acheter directement le titre via un site marchand partenaire.

Les utilisateurs peuvent payer un abonnement mensuel, qui leur permet d’écouter des aperçus ou des chansons entières avant les autres et d’avoir une interface sans publicité.

L’utilisateur peut accéder à plus de 25 millions de titres en les recherchant par artiste, album, titre et genre. Quelques maisons de disques ou artistes sont sous-représentés ou même totalement absents de la bibliothèque musicale, notamment les Beatles.  (Source: Wikipedia)

Radiohead a retiré ses albums « The Eraser » et « Atoms for Peace » de Spotify, mais aussi de Deezer et Rdio, estimant que les plateformes de streaming de musique ne rémunèrent pas suffisamment les artistes. Radiohead rejoint ainsi les rebelles Coldplay et Adele qui préfèrent le téléchargement classique d’iTunes.

La Sacem, puissante société de gestion des droits des auteurs, affirme qu’elle perçoit «entre 90 centimes et 1,10 euros pour un CD de 15 titres.» En comparaison, elle perçoit «70 centimes pour un album équivalent vendu sur iTunes.» Une rémunération qui tombe à 0,0105 euro sur Spotify. Des sommes qu’il faut à chaque fois diviser entre auteur, compositeur et éditeur.

Attaqué, Spotify rétorque qu’ «il n’y a pas la moindre preuve que ne pas diffuser un album sur Spotify soutient les ventes globales. Cela ne fait que punir les fans actuels ou futurs pour avoir choisi un site légal de musique et cela les contraint à aller sur des sites de téléchargement illégaux ou sur YouTube.» (Source: obsession.nouvelobs)

«Certains artistes se sont montrés critiques contre Spotify parce qu’ils ne comprennent pas que nous essayons de redessiner l’industrie, ils ne comprennent pas comment Spotify fonctionne» déclare Mark Williamson, directeur Europe du service Artistes. «Effectivement, notre modèle est nouveau et pose de nombreuses questions. Nous ne vendons pas des morceaux, mais nous fournissons un accès. Les internautes peuvent écouter de la musique gratuitement avec des publicités et certaines limitations, ou en illimité en souscrivant un abonnement. Dans tous les cas, ils génèrent de l’argent qui est reversé pour 70% aux ayants-droits, ceux qui gèrent les droits des artistes», résume-t-il. Charge alors à cet ayant-droit (maison de disques, label…) de reverser une part aux artistes en fonction de leur contrat.

Spotify souligne toutefois que chaque écoute rapporte à l’ayant-droit entre 0,006 et 0,0084 dollars (entre 0,004 et 0,006 euro). Il faut donc compter entre 240 et 162 écoutes pour générer un euro. Et évidemment, plus un artiste est populaire, plus il est rémunéré.  (Source: obsession.nouvelobs)

Spotify vient d’atteindre ses 10 millions d’utilisateurs payants. Un chiffre croissant, certes, mais qui ne permet toujours pas à la plateforme de musique en ligne d’être rentable.

Depuis sa création, Spotify a perdu plus de 200 millions de dollars. Selon Business Week, ces pertes sont principalement dues au modèle économique de Spotify.

«Si Spotify achetait les droits des chansons sous la forme d’un forfait, chaque nouvel abonné apporterait de l’argent à la compagnie, explique le site d’actualité économique. Mais ce n’est pas comme ça que Spotify fonctionne. En réalité, le site dépense une proportion fixe de ses revenus totaux en droits d’auteurs. Donc si Spotify double son nombre d’abonnés, il double aussi la somme qu’il devra dépenser.» Ainsi, ses marges ne risquent pas d’augmenter avec 10 millions d’abonnés. (Source: slate.fr)

Pour Nigel Godrich, l’industrie de la musique est en train de se faire avoir, «et si nous n’essayons pas et ne faisons pas tout pour que ce soit juste pour les nouveaux producteurs de musique et les nouveaux artistes, alors l’art en souffrira.» Le producteur a de plus précisé que les gens ont peur de parler car ils craignent de perdre l’exposition de ces plateformes si elles ne jouent pas le jeu.

Si intégrer d’anciens titres déjà rentabilisés dans ces plateformes a un sens, le problème se situe bien pour les nouveaux artistes, pour les titres plus récents. Il explique ainsi que proposer les morceaux de Pink Floyd est tout à fait normal, «mais si les gens les avaient écouté sur Spotify au lieu d’acheter leurs titres en 1973… Je doute fort que Dark Side of the Moon aurait été fait… Il serait tout simplement trop cher.» (Source: nextimpact.com)

Ne serait-ce qu’en raison de la bonne entente entre compagnies de disques et services de diffusion en direct, je crois que ces derniers sont là pour rester. Les consommateurs sont désormais habitués de payer très peu –voire rien du tout– pour la musique et ils s’attendent à rien de moins qu’une liberté totale de choix et à une sélection illimitée.

Pour les artistes, cela signifie qu’ils devront probablement se résoudre à chercher d’autres sources de revenus, cela veut dire essentiellement la vente de billets de spectacles et de produits dérivés, ainsi que la vente d’éditions spéciales de leurs disques aux fans les plus passionnés: disques de vinyle, coffrets contenant des beaux livres, enregistrements de spectacles vendus uniquement sur leur site web, etc.

Le défi consistera donc pour les artistes à convertir les amateurs éphémères (qui les auront découverts sur Spotify, comme autrefois à la radio) en fans indécrottables, qui en deviendront des ambassadeurs et des promoteurs acharnés, prêts à dépenser beaucoup d’argent pour leurs artistes favoris. (Source: Stéphane Ethier)

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Questions – cycles 2 et 3

  1. Si tu étais artiste, accepterais-tu de figurer dans le catalogue de Spotify?
  2. Trouves-tu juste qu’on puisse écouter gratuitement de la musique qui est payante sur des supports matériels ou sur iTunes?
  3. Quels sont les artistes pour lesquels tu acceptes d’ouvrir ton portemonnaie?

Questions – cycle 3

  1. Penses-tu que Spotify se développera encore et que ce service pourra rétribuer les artistes correctement?
  2. Certains pensent qu’il sera désormais plus difficile pour un nouvel artiste de faire carrière. Quels sont, selon toi, les artistes découverts récemment qui feront une longue carrière?
  3. Qui sont les ayant droits des titres des Beatles? Pourquoi l’oeuvre de ce groupe de légende n’est-elle pas disponible sur Spotify?
  4. Comment Youtube permet-il à son propriétaire de gagner de l’argent? Ce service respecte-t-il les droits d’auteur?

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Cette photo s’autodétruira dans dix secondes… peut-être…

Snapchat permet de partager des photos sans laisser de traces numériques derrière soi grâce à une idée simple: les photos s’autodétruisent au bout de dix secondes. Cette application aux faux airs de Mission: impossible est née d’une question que se sont posée deux jeunes programmeurs: “Et si les photos embarrassantes disparaissaient dès l’instant où elles sont vues?” Avec 200 millions de photos échangées chaque jour, le concept trouve visiblement ses adeptes. (Source: Courrier international – 9 juillet 2013) 

Un expert a annoncé avoir découvert une faille dans l’application Snapchat, qui permet de récupérer l’ensemble des photos reçues par un utilisateur. Les fichiers sont en réalité stockés dans un dossier caché sur le disque dur du téléphone. Une entreprise a décidé d’en tirer une exploitation commerciale: pour 300 à 600 dollars, elle propose désormais aux « parents et à la justice » de récupérer les images Snapchat de tout téléphone. Un peu embêtant pour les plus de 40 millions de personnes qui utilisent précisément Snapchat pour ne pas laisser de traces de leurs conversations privées. (Source: rezonances – 10 mai 2013) 

La FTC, le gendarme américain de la concurrence, accuse Snapchat d’avoir trompé ses utilisateurs sur le caractère éphémère des snaps publiés (photos, vidéos, textes…), censés «disparaître pour toujours» en moins de dix secondes. Snapchat a notamment négligé de les informer que les snaps pouvaient être sauvegardés indéfiniment, en utilisant d’autres applications.

Ce service pour smartphones est devenu très populaire, mais sa croissance a nourri des inquiétudes, car l’application peut donner aux adolescents une fausse impression de sécurité quand ils publient des photos.

La FTC accuse aussi Snapchat d’avoir collecté, sans leur dire, les contacts des carnets d’adresses de ses utilisateurs. «Si une entreprise vend un service fondé sur la sécurité et la confidentialité, c’est essentiel qu’elle tienne ses promesses», a estimé la présidente de la FTC. (Source: lemonde.fr – 9 mai 2014)

Voir aussi la vidéo « Snapchat ou le succès (éphémère?) de l’éphémère » (2:16) 

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Questions – cycles 2 et 3

  1. Pourquoi les internautes partagent-ils des photos ou des images?
  2. Pour quelles raisons l’application Snapchat a-t-elle rencontré un si grand succès?
  3. Si tu étais parent, accepterais-tu que ton enfant utilise cette application?

Questions – cycle 3

  1. Les photos partagées via Facebook sont-elles davantage sécurisées que sur Snapchat?
  2. Que peux-tu faire si tu as diffusé une image sur internet et que tu veux la récupérer?
  3. Si tu étais parent et que tu avais des inquiétudes à propos de l’usage que ton enfant fait de son smartphone, utiliserais-tu les services d’une entreprise pour récupérer des fichiers effacés?

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Quel est ton avis?

L’intention générale de ce projet est de vous fournir une plateforme destinée à favoriser l’expression écrite des élèves et de susciter la réflexion critique sur les usages des médias sociaux.

Les notions de protection des données, de sphère privée, d’identité numérique, de recherche et de validation de l’information ou encore de propriété intellectuelle peuvent être abordées dans le cadre de leçons consacrées explicitement à l’éducation aux médias, mais peuvent également faire l’objet de « leçons de choses numériques », à l’occasion d’une question soulevée par un élève ou encore en présentant et en commentant un événement d’actualité.

Le blog Médias sociaux recense des éléments pertinents sur ce thème et propose des articles dont le contenu est à même de susciter des moments de discussion et d’échanges au sein de la classe.

Le RPN vous propose ainsi régulièrement l’un ou l’autre de ces articles sur sa page d’accueil en vous invitant à les exploiter en classe, à débattre de leur contenu et à les commenter. La possibilité est offerte de rédiger une synthèse des commentaires de la classe ou de suggérer aux élèves de publier des commentaires individuels.

Les commentaires sont modérés avant publication. La modération se base sur la charte du RPN pour ce qui concerne le domaine de la responsabilité personnelle et de l’éthique. Pour la langue écrite, une norme intermédiaire peut être établie en se référant à la fiche-méthode «La dictée et l’exercice de réécriture», Atelier du langage 9, p. 12. Les auteurs de commentaires non publiés sont informés directement (par courriel) des raisons qui ont conduit le modérateur à renoncer à la publication de leur texte. (Source: RPN)

Les articles déjà publiés sont ici.

 

Sauter dans l’eau froide?

« C’est le défi du moment sur Facebook dans la région: se jeter dans l’eau froide par n’importe quel temps et partager son exploit avec ses amis. Les plongeons sont filmés et postés sur le réseau social. Le phénomène se propage à grande vitesse.

Il suffit de surfer une dizaine de minutes sur Facebook pour découvrir de nombreuses vidéos. On y voit des jeunes, filles ou garçons, qui se jettent dans l’eau de jour comme de nuit. Certains ont choisi une piscine, d’autres une rivière […], une fontaine, un étang… […]

Ces défis fonctionnent sur le principe d’une chaîne: vous êtes invités par un de vos amis à le relever dans les 48 heures. Soit vous acceptez, soit vous offrez un souper à celui ou celle qui vous a défié. Une fois que vous avez réalisé votre plongeon, vous défiez à votre tour trois autres personnes. […]

Si ce jeu se veut bon enfant à la base, certains internautes, notamment des parents, craignent un accident: une mauvaise chute ou un choc thermique par exemple. » (Source: RFJ – 4 mai 2014)

« […] la police cantonale rappelle que le fait de s´immerger dans des eaux froides comporte des risques d´accident (hydrocution pouvant entrainer un malaise, voire le décès, noyade, glissade, etc.).

Il y a également lieu d´être attentif à la profondeur et/ou au débit du cours d´eau.

D´un point de vue strictement légal, si pour accomplir ce défi, les personnes concernées se rendent dans des propriétés privées ou clôturées, sans l´autorisation du propriétaire, ce dernier peut déposer plainte (violation de domicile, art. 186 du Code pénal suisse). » (Source: Police cantonale jurassienne – 6 mai 2014)

Tout était parti d’une très bonne intention. Celle de sauver […]  un petit bébé américain […] atteint d’une très grave tumeur au cerveau. Un mouvement de solidarité s’est rapidement créé […] afin de récolter des fonds pour financer les soins. […]

Ils ont ainsi lancé « Plunge for Landon », « Plongez pour Landon ». Il s’agit simplement de se jeter dans une eau obligatoirement très froide et de défier au moins trois amis d’en faire autant dans les 24 heures. Pour chaque personne qui relève le défi, vous vous engagez à verser un certain montant à l’association qui finance les soins du bébé. Pour prouver que vous avez bien bravé le froid, il vous suffit ensuite de publier la vidéo de vos exploits sur la page Facebook « Plunge for Landon ».

L’idée, plutôt amusante et plutôt utile, s’est répandue comme une traînée de poudre. […] En fin de semaine dernière, selon le « Kansas City Star », plus de 233 000 dollars (203 000 francs) avaient été récoltés dans 28 pays différents. […]

Une belle aventure qui prend un tournant un peu différent depuis quelques jours. En particulier du côté du Jura, où les vidéos se multiplient sur les réseaux sociaux.

Mais ici, on a visiblement oublié l’origine caritative du mouvement. « Vous avez 48 heures pour faire la même chose, sinon vous nous devez un souper et un T-shirt », explique Alex sur sa page Facebook. La motivation est devenue nettement moins altruiste. […].

En Suisse alémanique, des accidents liés à cette pratique ont été enregistrés la semaine dernière. Hier, la police cantonale jurassienne a diffusé un communiqué préventif. « Le fait de s’immerger dans des eaux froides comporte des risques d’accident (hydrocution pouvant entraîner un malaise, voire le décès, noyade, glissade, etc.). » […]

En revanche, en l’absence de cas qui auraient mal tourné, la Police neuchâteloise n’entend pas communiquer sur un phénomène qui « frise la connerie », selon le mot du porte-parole Pierre-Louis Rochaix. (Source: Arcinfo – 7 mai 2014)

Voir aussi « Se jeter dans l’eau froide est le nouveau défi lancé sur Facebook », RTS, le journal du 6 mai 2014.

 

Questions – cycles 2 et 3

  1. Pour quelles raisons les personnes qui sautent dans l’eau froide acceptent-elles ce défi?
  2. Si un accident survient, qui en est responsable?
  3. Que répondrais-tu à la personne qui te mettrait au défi?

Questions – cycle 3

  1. Ce défi aurait-il autant de succès sans passer par Facebook?
  2. Connais-tu d’autres circonstances où quelqu’un lance un défi à d’autres personnes? Quelles différences vois-tu avec le défi sur Facebook?
  3. Pour quelles raisons les médias traditionnels (presse, TV, radio) ont-ils donné un écho à ce buzz?

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