catégorie 'Ressources'

Big data: adieu vie privée

Plus possible de faire ses courses, de brancher son GPS ou de s’inscrire sur un site de rencontre, sans laisser des traces de nos données personnelles. Les dossiers médicaux deviennent numériques et vous avez tous un score de solvabilité accessible aux sociétés qui vous accordent des crédits, ou pas!

Comment ces données sont-elles massivement collectées et utilisées? Dans quel but? Et par qui?

Du 9 au 14 mai 2016, la RTS examine les atouts et les risques du big data.

#mesdonnees – la première enquête participative au cœur de nos données

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(Source: rts.ch)

AVEC PERISCOPE, SOURIEZ VOUS ÊTES FILMÉS!

Qu’est-ce que c’est ?

Gratuite et disponible sur smartphone, tant avec le système d’exploitation Android qu’IOS, Periscope a été lancée en mars 2015. En une année, elle a déjà séduit, selon un article du Temps du 8 février 2016, plus de 10 millions d’utilisateurs.
But essentiel cette application ? Diffuser en direct des vidéos grâce au live streaming. Elle est le complément « idéal » de l’application Twitter, qui en est devenu propriétaire pratiquement dès son lancement. Entre autres fonctionnalités, Periscope possède un système de géolocalisation des vidéos diffusées. Elle propose également deux modes de diffusion : public, c’est-à-dire ouvert à tout utilisateur inscrit, ou privé, réservé à un nombre déterminé d’utilisateurs.

Que risque-t-on ?

Les risques liés à Periscope concernent tant les suiveurs (receveurs) que les diffuseurs.

Dans le premier cas, on peut être confrontés à des contenus inappropriés : vidéos pornographiques, insultes, etc. Mais il est facile de bloquer et de dénoncer celles et ceux qui ne respectent pas les règles édictées par Periscope.

Le second cas est nettement plus délicat. L’utilisation de Persicope est si aisée qu’il est facile de filmer tout et n’importe quoi en le diffusant en direct. Le côté grisant et désinhibant de la vidéo, en comparaison de l’écrit, favorise les dérapages. On l’a récemment vu avec le footballeur du Paris Saint-Germain Serge Aurier qui a proféré des injures et des propos homophobes à l’égard de son entraîneur et de ses coéquipiers. Sans forcément aller jusqu’à ce type de comportement extrême, la tentation peut être grande pour un élève de filmer sa classe durant un cours, des camarades dans des postures délicates ou humiliantes.

Comment réagir ?

La priorité consiste à désactiver la géolocalisation, ce qui enlève un élément d’identification. Il faut bien évidemment éviter les diffusions publiques et ne pas hésiter à dénoncer tout contenu inapproprié et bloquer les diffuseurs malveillants.

Il faut également rendre conscient les jeunes qu’une vidéo diffusée par Periscope peut être enregistrée, même si l’application ne propose pas cette fonction. Dès lors, cela peut engendrer des conséquences nuisibles à très long terme, telles que le cyber-harcèlement ou le chantage.

(Source: edu.ge.ch)

Si c’est gratuit, c’est vous le produit

Que je lise les nouvelles sur internet, que je surfe sur un magasin en ligne ou que j’utilise WhatsApp, des informations sont extraites et m’échappent. Est-ce vraiment si important? Comment sensibiliser les élèves et gérer mes données personnelles? Voilà les questions clefs qui ont été discutées lors des journées ForMITIC 2016, organisées par le groupe de coordination F3Romand, portant sur le thème des données personnelles et internet. Destinée aux personnes ressources, aux formateurs et aux animateurs pédagogiques qui opèrent dans les écoles pour la diffusion et l’utilisation des MITIC, cette rencontre annuelle a eu lieu le dernier week-end de janvier à Tramelan.

Dans mon supermarché préféré, je consulte une recette grâce au wi-fi gratuit puis je présente volontiers ma carte de fidélité pour alimenter mes points. Lors d’une course à pied, je calcule la distance et la vitesse, tout en utilisant la géolocalisation qui me permet de reconstituer tous mes déplacements grâce notamment au wi-fi et au GPS. Et alors? Que deviennent mes données? Ma vie privée est-elle suffisamment protégée si l’on considère une personne comme identifiable lorsque, par corrélation indirecte d’informations tirées des circonstances ou du contexte, on peut l’identifier? Amélie Fleury (CLEMI, Académie de Besançon), Stéphane Koch (spécialiste de la sécurité de l’information) et Nicolas Martignoni (responsable du Centre fri-tic) ont pris la parole pour sensibiliser à la problématique et aux risques liés à la transmission de données lors de l’utilisation d’applications ou de services en ligne. Ils ont fourni des instruments et des astuces permettant de gérer nos données personnelles et d’aborder ce thème avec les élèves. Que faire en tant qu’enseignant-e? Avons-nous reçu les outils adéquats? La législation suisse est en retard par rapport à celle de nos voisins et, selon Nicolas Martignoni, le citoyen devrait être protégé par défaut. Ce qui est sûr, c’est que le corps enseignant joue un rôle dans cette histoire puisque nous devons former de futurs citoyens responsables et que nous enseignons en intégrant les nouveaux médias. En utilisant par exemple Ghostery ou Lightbeam, des extensions de Firefox qui montrent avec quels sites tiers nous communiquons sans le savoir, nous pouvons alors nous rendre compte à quel point nous sommes surveillés. Les sites forment une véritable toile d’araignée, ce qui facilite le partage de nos données de navigation sans qu’on le veuille. Ghostery ou Lightbeam permettent de protéger notre vie privée tout comme l’utilisation de mots de passe sûrs ou encore l’ajustement correct de nos paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux. À ce sujet, Stéphane Koch propose simplement de bien sélectionner les informations transmises à chacun de nos contacts. Un atelier, avec nos smartphones en main, nous a permis de mettre en pratique les consignes de sécurité présentées. Pour travailler avec les élèves, Amélie Fleury propose par exemple la lecture en ligne du quatrième numé- ro de La Revue Dessinée intitulé «Souriez, vous êtes fichés»: http://larevuedessinee.fr/. Une foule d’autres liens ainsi que les supports des présentations de la rencontre ForMITIC 2016 sur le thème des données personnelles et d’internet sont disponibles sur le site de la manifestation: http://f3romand.educanet2.ch. N’hésitez pas non plus à vous approcher de vos collègues qui sont responsables MITIC dans votre établissement si vous avez besoin d’un coup de pouce pour mieux contrôler vos données personnelles et gérer les traces que vous laissez sur la toile lors de votre passage.

Annabelle Huguenin dans L’Educateur 3/2016

Quand le web rêve éveillé

« Bien dormi ? », une question bientôt obsolète

Un ingénieur danois vient de rendre public un petit outil à la fois fascinant et terrifiant. Grâce aux données de Messenger (le système de messagerie que Facebook a peu à peu imposé à ses utilisateurs), il permet de savoir à quelle heure vos amis se couchent, à quelle heure ils se lèvent, et donc d’établir leurs cycles de sommeil. Illustration par l’auteur du logiciel lui-même, qui sait désormais qui sont les couche-tard et les lève-tôt.

De quoi vous assurer qu’aucun d’eux n’a de problèmes d’insomnie mais aussi, tout aussi effrayant, de savoir qui se connecte depuis son lieu de travail et pendant combien de temps. Piratage ? Pas du tout ! L’auteur démontre au contraire avec cet outil que toutes ces données de connexion sont non seulement recueillies par Facebook mais qu’elles sont carrément publiques.

(Source: France Inter)

Sur les écrans, je respecte l’environnement

Stockage des données, obsolescence programmée: pourquoi et comment Internet est-il énergivore? Comment les fabricants nous incitent-ils à changer régulièrement notre matériel informatique? Comment concrètement et simplement avoir une utilisation plus respectueuse de l’environnement?  Avec Verena Kantere, maître d’Enseignement et de Recherche de l’Université de Genève, Centre universitaire d’Informatique, et Christophe Inaebnit, administrateur de la Bonne Combine à Lausanne.

La fiche pédagogique

L’épisode

(Source: e-media.ch)

Sur les écrans, je respecte les règles du jeu

La Semaine des médias 2016 – Le respect dans un monde numérique

Consoles de jeux, jeux en ligne, tablettes et smartphones : à quoi servent les jeux vidéo ? Quel encadrement privilégier ? Que signifie la réglementation d’âge PEGI et à quoi sert-elle ? Comment crée-t-on un jeu pour les enfants ? Avec Nicolas Akladios, président de Swiss Gamers Network et de la Swiss Interactive Entertainment Association (SIEA) et Stéphane Donnet, cofondateur de WitchLake Studio.

La fiche pédagogique

L’épisode

Voir aussi sur le blog: Les normes PEGI ne sont pas là pour faire joli sur la boîte!

Sur les écrans, je respecte les oeuvres

La Semaine des médias 2016 – Le respect dans un monde numérique

Droit d’auteur, téléchargement, streaming : à qui – et à quoi – s’appliquent les droits d’auteur ? Qu’est-ce qu’une oeuvre ? Quelles différences légales entre l’utilisation personnelle et la diffusion publique ?
Avec Vincent Salvadé, Docteur en droit, Faculté de droit de l’Université de Neuchâtel – Directeur adjoint de la SUISA et David Marchon, photographe professionnel.

La fiche pédagogique

L’épisode

(Source: e-media.ch)

Sur les écrans, je respecte les autres

La Semaine des médias 2016 – Le respect dans un monde numérique

Injure, haine, violence, droit à l’image : qu’a-t-on le droit de dire sur Internet? Quelle responsabilité pénale? Et quelles conséquences?

Intervenants: Pierre-Olivier Gaudard, commissaire – chef de la division prévention de la criminalité de la Police cantonale vaudoise et Mélanie Baume, inspectrice de la Brigade des mineurs.

La fiche pédagogique

L’épisode

(Source: e-media.ch)

Sur les écrans, je me respecte

La Semaine des médias 2016 – Le respect dans un monde numérique

Identité et réputation numérique, sphère privée et publique, droit à l’image, indélébilité d’Internet : comment maîtriser son image sur Internet ? Que peut-on dire et montrer ? Avec Stéphane Koch, journaliste spécialiste des questions digitales, expert en sécurité numérique et Grégoire Fatton, enseignant neuchâtelois animant un blog avec sa classe.

La fiche pédagogique

L’épisode

(Source: e-media.ch)

«Plus nous divulguons des données personnelles, plus nous sommes vulnérables»

Interview de Solange Ghernaouti. Cette professeure en cybercriminalité à l’université de Lausanne explique pourquoi les cybercriminels ne sont presque jamais arrêtés et pourquoi nous faisons leur jeu avec les médias sociaux.

Existe-t-il aujourd’hui des exemples d’attaques cybercriminelles de grande envergure?

Aux États-Unis, il y a eu effectivement un cas où l’alimentation électrique d’une ville a été piratée et paralysée. La cybercriminalité représente déjà un grand danger pour les Etats et les entreprises et devrait être traitée comme un thème central de la politique de sécurité nationale. Cet été, les données personnelles de 37 millions d’utilisateurs du service Internet «Ashley Madison» ont été volées par des inconnus. Il s’agit d’un service de rencontre en ligne dont les utilisateurs supposaient que leurs données étaient conservées en toute sécurité et qu’ils naviguaient de façon anonyme sur cette plateforme. Mais cela s’est avéré un leurre. Pour de nombreuses personnes, les effets sur leur vie privée et professionnelle ont été désastreux.

Sommes-nous tous potentiellement vulnérables face à la cybercriminalité?

Evidemment! Sur Internet, on constate régulièrement des cas de fraude. Grâce à Internet, il est devenu très simple pour les criminels de faire chanter des victimes et de les mettre sous pression. Aujourd’hui, chacun est exposé à des risques et la plupart des utilisateurs Internet sont incapables de se défendre, car ils ne disposent pas des technologies et des connaissances nécessaires. Il ne suffit plus aujourd’hui d’installer un logiciel antivirus.

Mais quelqu’un qui agit avec prudence sur Internet et n’est pas dupe des escroqueries par e-mail peut surfer en toute sécurité, non?

Pas forcément. Aujourd’hui, beaucoup de choses se déroulent de façon cachée. Des données personnelles peuvent être volées sans que l’on remarque quoi que ce soit. Ce n’est pas la même chose lorsque je perds mon portemonnaie et que je sais précisément quelle carte je dois bloquer. Que peut-on faire pour mieux se protéger contre ces attaques et ces vols? Pour ne pas courir de risques inutiles, il faut divulguer le moins de données possible sur Internet. Plus une personne fournit des données sur Internet, plus il est simple pour les criminels de l’escroquer, de lui extorquer de l’argent ou de manipuler son identité sur le Web. Grâce à la multitude de données disponibles sur Internet, les cybercriminels nous connaissent généralement beaucoup mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. Plus nous utilisons des services Internet et des médias sociaux, plus nous sommes vulnérables. C’est très dangereux!

Comment éviter ces risques?

J’utilise Internet uniquement à des fins professionnelles. Je ne communique pas via les médias sociaux et je n’achète pas non plus sur Internet. J’essaie donc de réduire autant que possible les données me concernant.

A quel point les médias sociaux sont-ils critiques en termes de cybercriminalité?

Facebook, Twitter, Linkedin et d’autres services sont le point de mire des cybercriminels, car les personnes y divulguent une très grande quantité de données personnelles. La plupart des médias sociaux ne sont pas en mesure de garantir la sécurité des données personnelles.

Comment peut-on améliorer la sécurité du cyberespace?

Nous devons avant tout inciter les grandes sociétés Internet à lutter contre la vulnérabilité de leurs utilisateurs et les failles de sécurité du système. Même s’ils apprennent à évoluer avec prudence sur Internet, les utilisateurs Internet n’ont aucun contrôle sur les failles de sécurité du système.

A quel point est-ce difficile pour la police de lutter contre les cybercriminels?

Aujourd’hui encore, la police est quasi impuissante. La cybercriminalité ne s’arrête pas aux frontières et les traces dans le cyberespace sont très faciles à effacer. Il est donc extrêmement difficile d’identifier les auteurs d’une attaque. Les criminels peuvent se trouver n’importe où dans le monde et s’introduire dans mon ordinateur. De plus, il arrive souvent que les particuliers aient trop honte pour contacter la police. Les cybercriminels le savent et en profitent sans aucun scrupule.

La Suisse est-elle bien préparée pour faire face aux cyberattaques?

Pas vraiment. On prend de plus en plus conscience de l’urgence du problème, mais les ressources et les mesures concrètes font encore défaut. Jusqu’à présent, seules deux affaires ont été portées devant le Tribunal fédéral, même si nous savons que les délits sont beaucoup plus nombreux.

 

(Source: Technoscope 3/15)

L’Académie suisse des sciences techniques propose un concours sur la cybersécurité. Plus d’infos ici.