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Je le sais, je l’ai vu sur internet!

Internet et les réseaux sociaux ont changé la façon dont nous accédons à l’information et dont nous communiquons. Le schéma pyramidal traditionnel de diffusion de l’information et de l’opinion s’effrite et est remplacé petit à petit par un système inversé de libre accès pour tous.

L’un des effets de ce changement est la propension de certaines personnes à s’attribuer une expertise qu’elles n’ont pas après avoir été capable de faire une «recherche» sur internet. La démocratisation de l’information a conduit à une fausse impression de démocratisation de l’expertise.

Le résultat est «l’effet Jenny McCarthy», du nom d’une célébrité qui pense qu’elle peut substituer sa propre opinion de non-expert au consensus solide des experts sur la sécurité et l’efficacité de la vaccination au prétexte qu’elle a fait «ses propres recherches». Elle est un exemple patent de ce que la recherche d’informations sur le web peut conduire quelqu’un à une confiance infondée dans une opinion non scientifique.

Confiance en nos propres connaissances

Le premier écueil a fait l’objet de la publication récente d’une série d’expériences conduites par Matthew Fisher, doctorant en psychologie cognitive de l’université de Yale. Il a observé spécifiquement la recherche en ligne d’informations et la confiance accordée en nos propres connaissances sur le sujet recherché. Bien entendu, si nous cherchons et lisons des informations sur un sujet, notre confiance dans nos connaissances sur ce sujet augmente. Fisher a observé que le public avait une plus grande confiance en ses connaissances même quand il cherchait en ligne sur un sujet plutôt que d’obtenir ces informations directement, quand le sujet ne présentait pas d’informations pertinentes en ligne, quand les informations pertinentes étaient filtrées, ainsi que quand il lisait une information en ligne plutôt qu’en version imprimée. De fait, l’acte de chercher soi-même semblait augmenter la confiance du public dans ses propres connaissances.

Il semble donc que l’accès à une vaste somme de connaissances que l’on peut passer au crible augmente le degré de confiance que l’on accorde en ses propres connaissances, indépendamment de la pertinence de ces connaissances.

Biais de confirmation

La recherche internet est une mine d’informations dans laquelle on peut sélectionner (consciemment ou non) celles de ces informations qui confirment ce que l’on croit déjà ou ce que l’on veut croire. Faire une recherche en ligne sur la vaccination donnera des tonnes d’informations soutenant sa sécurité et efficacité, tandis que quantité d’autres informations rabaisseront la vaccination. Pour n’importe quel sujet polémique, le résultat sera le même.

Le biais de confirmation est puissant et dangereux, spécifiquement parce qu’il donne l’illusion que les données soutiennent nos croyances car nous ne percevons pas le point auquel nous avons filtrée et biaisée cette recherche.

La version extrême de ce phénomène est ce que nous appelons la «caisse de résonance». Le filtrage de l’information peut être formalisé en ligne au sein de communautés où une seule perspective est exprimée, et l’information soutenant cette perspective est partagée, alors que l’information opposée est filtrée ou directement contredite.

Confusion entre connaissance et expertise

Souvent, des personnes potentiellement très intelligentes, avec un gros bagage de connaissances factuelles, arrivent cependant à des conclusions absurdes dans lesquelles elles placent un haut degré de confiance. Le problème, c’est qu’elles ne s’engagent pas vraiment avec la communauté intellectuelle pertinente.

Il est crucial d’engager la communauté, spécialement pour des domaines de connaissance hautement techniques et complexes. Il peut être très difficile pour un individu de voir la complexité d’un problème sous tous ses angles et de considérer toutes les perspectives. Laissés seuls, nous aurons tendance à nous raconter des histoires satisfaisantes et à devenir de plus en plus confiants dans la véracité de ces histoires. Engager la communauté aura tendance à mettre à l’épreuve ces histoires, conduisant à une compréhension plus profonde et plus nuancée du sujet. C’est là le cœur de la véritable expertise.

Conclusion

Pour éviter qu’internet créée une armée de pseudo-experts bien trop confiants en eux-mêmes, il y a un certain nombre de parades:

  • L’humilité. Ne pensez pas qu’une petite somme de connaissances fasse de vous un expert. Respectez les opinions des vrais experts. (Vous n’avez pas à être d’accord, mais prenez les au moins au sérieux).

  • Comprenez l’avantage inhérent d’un consensus d’experts plutôt que l’opinion des individus.

  • Lorsque vous faites des recherches sur internet, cherchez également des informations allant à l’encontre de vos croyances ou conclusions actuelles. Suspendez votre jugement personnel jusqu’à ce que vous pensiez avoir entendu ce que chacun avait à dire.

  • Comprenez que la recherche en ligne est un piège à biais de confirmation. Google lui-même peut biaiser les résultats de votre recherche. Vous devez contourner cela.

  • Comprenez qu’en plus du biais de confirmation, il y a d’autres biais sur internet, comme les caisses de résonnance, la propagande publicitaire et politique, et les informations délibérément déformées pour soutenir une idéologie. Soyez sur vos gardes quant aux fausses informations, et examinez minutieusement une source avant de vous reposer dessus.

D’après Steven Novella, The Google University Effect; Traduction en français

Questions (cycle 3)

  1. Quels moteurs de recherche connais-tu?

  2. Comment fonctionnent-ils?

  3. Comment peux-tu évaluer la crédibilité d’une information trouvée sur internet?

  4. Dans quels cas et pour quelles raisons une information fausse peut-elle se trouver sur internet?

  5. Qu’est-ce qu’une connaissance scientifique?

  6. Est-ce qu’il t’arrive de diffuser de l’information sur internet? Dans l’affirmative, s’agit-il de connaissances, d’opinions, d’autre chose? Peux-tu citer des exemples?

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[Trad] « L’effet Google University »

Je ne cesse d’être fasciné par l’expérience sociale que nous vivons depuis une dizaine d’années (et si vous êtes entrain de lire cela, c’est que vous faites partie de l’expérience). Internet et les réseaux sociaux ont changé la façon dont nous accédons à l’information et dont nous communiquons. Le schéma pyramidal traditionnel de diffusion de l’information et de l’opinion s’effrite et est remplacé petit à petit par un système inversé de libre accès pour tous.

Je pense que nous sommes encore entrain d’essayer d’entrevoir les conséquences attendues et inattendues de tels changements. L’un de ces effets occasionnellement observé est la propension de certaines personnes à s’attribuer une expertise qu’elles n’ont pas après avoir été capable de faire une « recherche » sur internet. La démocratisation de l’information a conduit à une fausse impression de démocratisation de l’expertise.

Alors que l’accès gratuit à l’information est très répandu, il n’existe pas d’enseignement permettant au public de savoir comment utiliser cette information pour en tirer le meilleur profit et éviter les écueils les plus communs. Les écoles sont généralement dans les choux en ce qui concerne l’enseignement de la gestion de l’information sur le web et beaucoup d’adultes actuels n’étaient déjà plus dans le cursus scolaire avant que les réseaux sociaux n’existent.

Le résultat est « l’effet Jenny McCarthy ». C’est une célébrité qui pense qu’elle peut substituer sa propre opinion de non-expert au consensus solide des experts sur la sécurité et l’efficacité de la vaccination au prétexte qu’elle a fait « ses propres recherches ». Elle est un exemple patent de ce que la recherche d’informations sur le web peut conduire quelqu’un à une confiance infondée dans une opinion non scientifique, et illustre à quel point la « Google University » peut être extrêmement trompeuse. Il y a quelques écueils spécifiques à l’œuvre ici.

Le premier écueil à fait l’objet de la publication récente d’une série d’expériences conduites par Matthew Fisher, doctorant en psychologie cognitive de l’université de Yale. Il a observé spécifiquement la recherche en ligne d’informations et la confiance accordée en nos propres connaissances sur le sujet recherché. Bien entendu, si nous cherchons et lisons des informations sur un sujet, notre confiance dans nos connaissances sur ce sujet augmente. Fisher cependant a essayé de contrôler autant de variables que possible pour détecter un éventuel effet indépendamment de la façon dont cela affectait nos véritables connaissances.

Il a ainsi observé que le public avait une plus grande confiance en ses connaissances même quand il cherchait en ligne sur un sujet plutôt que d’obtenir ces informations directement, quand le sujet ne présentait pas d’informations pertinentes en ligne, quand les informations pertinentes étaient filtrées, ainsi que quand il lisait une information en ligne plutôt qu’en version imprimée. De fait, l’acte de chercher soi même semblait augmenter la confiance du public dans ses propres connaissances.

Ce type d’expérience est évidemment complexe et nous avons besoin de voir des réplications, mais il semble déjà que l’accès à une vaste somme de connaissances que l’on peut passer au crible augmente le degré de confiance que l’on accorde en ses propres connaissances, indépendamment de la pertinence de ces connaissances.

Il me semble qu’il y a d’autres effets à l’œuvre également, comme le biais de confirmation. La recherche internet est une mine d’informations dans laquelle on peut sélectionner (consciemment ou non) celles de ces informations qui confirment ce que l’on croit déjà ou ce que l’on veut croire. Faire une recherche en ligne sur la vaccination donnera des tonnes d’informations soutenant sa sécurité et efficacité, tandis que quantité d’autres informations rabaisseront la vaccination. Pour n’importe quel sujet polémique, le résultat sera le même.

Le biais de confirmation est puissant et dangereux, spécifiquement parce qu’il donne l’illusion que les données soutiennent nos croyances car nous ne percevons pas le point auquel nous avons filtrée et biaisée cette recherche. Internet est un piège à biais de confirmation.

La version extrême de ce phénomène est ce que nous appelons la « caisse de résonnance ». Le filtrage de l’information peut être formalisé en ligne au sein de communautés où une seule perspective est exprimée, et l’information soutenant cette perspective est partagée, alors que l’information opposée est filtrée ou directement contredite. C’est un effet persistant valable aussi bien pour les sites sceptiques et scientifiques que les pseudo-scientifiques.

Un autre problème potentiel est la confusion entre connaissance et expertise. On voit ainsi souvent des personnes potentiellement très intelligentes, avec un gros bagage de connaissances factuelles, qui arrivent cependant à des conclusions absurdes dans lesquelles elles placent un haut degré de confiance. Le problème avec ces foutaises, c’est qu’elles ne s’engagent pas vraiment avec la communauté intellectuelle pertinente.

Il est crucial d’engager la communauté, spécialement pour des domaines de connaissance hautement techniques et complexes. Il peut être très difficile pour un individu de voir la complexité d’un problème sous tous ses angles et de considérer toutes les perspectives. Laissés seuls, nous aurons tendance à nous raconter des histoires satisfaisantes et à devenir de plus en plus confiants dans la véracité de ces histoires. Engager la communauté aura tendance à mettre à l’épreuve ces histoires, conduisant à une compréhension plus profonde et plus nuancée du sujet. C’est là le cœur de la véritable expertise.

Etudier un sujet seul en faisant des recherches internet peut être une fabrique à foutaises en apportant des connaissances factuelles sans réellement les articuler. Dès lors, l’effet caisse de résonnance peut donner l’illusion d’engagement, mais seulement au sein d’une communauté biaisée et non d’une communauté plus large. Le résultat se manifeste par des personnes qui croient erronément à la suffisance de leurs connaissances dans un domaine qu’elles ne comprennent pas vraiment. L’effet Dunning-Kruger frappe également, et ces personnes ne mesurent pas vraiment le gouffre séparant leur compréhension d’un sujet acquise à la Google University, et la profondeur de compréhension des véritables experts.

Conclusion

Internet peut créer une armée de pseudo-experts bien trop confiants en eux-mêmes. Il y a un certain nombre de parades à cela au niveau individuel :

  • L’humilité. Ne pensez pas qu’une petite somme de connaissances fasse de vous un expert. Respectez les opinions des vrais experts. (Vous n’avez pas à être d’accord, mais prenez les au moins au sérieux).
  • Comprenez l’avantage inhérent d’un consensus d’experts plutôt que l’opinion des individus.
  • Lorsque vous faites des recherches sur internet, cherchez également des informations allant à l’encontre de vos croyances ou conclusions actuelles. Essayez de trouver ce que chacun des partis a à dire, et suspendez votre jugement personnel jusqu’à ce que vous pensiez avoir entendu ce que chacun avait à dire.
  • Comprenez que la recherche en ligne est un piège à biais de confirmation. Google lui-même peut biaiser les résultats de votre recherche. Vous devez contourner cela.
  • Comprenez qu’en plus du biais de confirmation, il y a d’autres biais sur internet, comme les caisses de résonnance, la propagande publicitaire et politique, et les informations délibérément déformées pour soutenir une idéologie. Soyez sur vos gardes quant aux fausses informations, et examinez minutieusement une source avant de vous reposer dessus.
  • Comme toujours, il n’y a aucun substitut au scepticisme et à la pensée critique.

(Source: La Théière cosmique)

Quand je serai grand, je serai youtubeur!

Gagner sa vie en faisant des vidéos sur le Web, c’est possible, mais est-ce que c’est vraiment un métier?  Selon Rémi Sello, «Youtubeur, c’est un métier, mais c’est un statut difficile à atteindre; on ne devient pas Cyprien ou Norman sur un claquement de doigts. Aujourd’hui il y a plusieurs dizaines de personnes qui ont la chance d’en vivre en France. L’objectif est d’avoir suffisamment de visibilité, et donc de vues pour gagner de l’argent grâce aux publicités.»

Vidéo: Rémi Sello, créateur d’une chaîne consacrée aux youtubeurs (Source: 20 minutes – 28 octobre 2014)

Les YouTubers comiques constituent la majorité des YouTubers. Le principe est simple et efficace: des jeunes se filment chez eux devant une caméra grand angle et racontent des situations comiques de la vie quotidienne. Ils illustrent leurs propos par des mises en situation souvent burlesques et contrastant avec leur exposé «froid» des faits. L’identification est aisée, le rire facile, le public conquis.

Les «gamers» ont également le vent en poupe. Ils se filment en train de tester des nouveaux jeux vidéos, livrent leurs impressions et donnent quelques astuces à leurs fidèles adeptes. Aujourd’hui, ces gamers auraient plus de succès que les sites professionnels de jeux vidéo, dépassant le million de vues pour certaines vidéos. La frontière entre ces deux mondes est néanmoins très étroite… et parfois floue. Ainsi, certains éditeurs dépenseraient plus de 15 000 euros pour qu’un gamer parle de l’un de leurs jeux sur sa chaîne YouTube.

Une troisième catégorie de YouTubers regroupe ceux qui se spécialisent dans le conseil. Cette catégorie est plutôt féminine: des «vlogueuses» (contraction de «vidéo» et «blogueuse») y livrent leurs astuces beauté. Nous les voyons se maquiller face à la caméra, pour un résultat «avant-après» souvent époustouflant. Bien sûr, les promotions des produits de beauté ne sont pas toujours gratuites: de nombreuses vlogueuses se voient offrir des produits par des grandes marques, qui leur demandent de les promouvoir… ou de se taire en cas de mécontentement. (Source: Références – 28 août 2014)

Le mécanisme de revenus sur YouTube est assez complexe à appréhender. En effet, certaines chaînes, appartenant à la même thématique, génèrent plus de revenus que d’autres. Il serait faux de penser que chaque vue sur YouTube génère des revenus. Certaines vues ne sont pas monétisables, et ne génèrent donc pas d’argent. Par exemple, à l’heure actuelle, les vues sur appareils mobiles ne génèrent pas, ou du moins très peu, de revenus. En effet, YouTube n’a pas encore implémenté les publicités sur les smartphones. Les vues mobiles ne sont donc pas monétisables pour la plus grande partie.

Un internaute ayant installé un module « Adblock »  (permettant de bloquer purement et simplement les publicités) va également générer des vues non-monétisables (les publicités n’étant jamais affichées).

Ensuite, les revenus varient selon plusieurs critères:

  1. La saisonnalité: il existe des mois creux et des mois plus intéressants en termes de revenus. Ainsi, si certains mois sont bas (janvier, février, juillet et août), le RPM (revenu pour 1000 vues) repart à la hausse au mois de mars-avril, puis au mois de septembre-octobre, pour atteindre son apogée au mois de décembre.
  2. Le pays de visionnage: les annonceurs ne payent pas partout de la même façon. Les annonceurs aux Etats-Unis paient globalement mieux qu’en France.
  3. La typologie des annonces: les publicités génèrent plus ou moins de revenus selon leur type. Par exemple, les bannières sont moins intéressantes en termes de revenus que les annonces vidéos non désactivables, qui s’affichent avant (preroll), pendant (midroll) ou après la vidéo (postroll).
  4. Le contenu de la vidéo: insérer des grossièretés dans les titres des vidéos peut rendre cette vidéo non monétisable; Google a des mécanismes pour détecter rapidement si les métadonnées d’une vidéo nouvellement mise en ligne contiennent des obscénités et peut en conséquence couper les pubs sur la vidéo en question. Si vous utilisez des extraits vidéos de plus de 30 secondes d’une autre vidéo, votre vidéo pourra être détectée automatiquement par l’autre partie, qui pourra au choix, revendiquer votre vidéo ou pire, la bloquer et/ou la supprimer.
  5. Le sponsoring: une chaîne bénéficiant d’une campagne de sponsoring verra son RPM (revenu pour 1000 vues) augmenter de manière significative. (Source: Wizdeo)

 

La publicité a rapporté 4 milliards d’euros à Youtube en 2013. Plus les contenus à succès sont nombreux, plus la société peut élargir son marché publicitaire. Elle a donc tout intérêt à encourager les créateurs de vidéos à succès. Elle leur propose donc un partage des revenus publicitaires. Pour 1000 vues, le vidéaste touchera environ 1 euro 50. C’est donc à partir d’un million de vues que les choses sérieuses commencent. Dans plusieurs villes, Youtube met également des studios et du matériel à disposition des créateurs de contenu.

Afin de lutter contre le piratage, Youtube, donne la possibilité de créer une empreinte numérique d’une œuvre. Si celle-ci apparaît sur une autre vidéo, elle est détectée et la monétisation de la vidéo est reversée à l’ayant-droit. Mais l’algorithme ne fait pas dans la finesse : la présence d’un court passage d’une œuvre protégée suffit à démonétiser une vidéo.

Or, de nombreux youtubeurs font des emprunts à des œuvres couvertes par le copyright, soit pour réaliser des critiques, soit pour les ambiances. Un youtubeur comme Antoine Daniel, qui commente des vidéos trouvées sur le net, a ainsi vu plusieurs de ses vidéos démonétisées.

De nombreux youtubeurs ont fait le choix de développer des produits dérivés: t-shirts, coques de téléphone, applications mobiles. La websérie Le visiteur du futur, diffusée gratuitement sur le net, proposait des DVD à la vente ainsi que des accessoires à l’effigie de la série. Cyprien gère une boutique en ligne entièrement dédiée à ses produits dérivés.

Il est également possible de se tourner vers des entreprises pour réaliser des contenus sponsorisés, ce qu’a fait Norman avec Crunch. Au risque de perdre la liberté qui caractérise les contenus internet. (Source: France 4)

Youtube est un véritable business plutôt insoupçonné et dont on connaît mal le chiffre d’affaires. Si l’on élimine les chaînes des stars, en particulier des chanteurs, qui rapportent à ces artistes très gros (Rihanna et Justin Bieber auraient gagné, depuis leur inscription jusqu’en juin 2013, 9.4 millions de dollars chacun) ce sont les chaînes humoristiques qui sont les plus suivies et qui engrangent le plus de gains pour leurs créateurs.

De son propre aveu, Norman de la chaîne NormanFaitDesVidéos gagne bien sa vie avec une seule vidéo par mois, tandis que les gains de Cyprien se montent à 750 000 dollars gagnés en près de 8 ans. (Source : économiematin.fr – 24 juin 2014)

Questions – cycles 2 et 3

  1. D’où provient l’argent gagné par un youtubeur?
  2. Comment les youtubeurs s’y prennent-ils pour gagner davantage d’argent?
  3. Penses-tu que les publicités sur YouTube rapportent de l’argent aux annonceurs?

Questions – cycle 3

  1. Comment réagirais-tu si quelqu’un utilisait un extrait d’une vingtaine de secondes d’une de tes œuvres (sans t’en demander l’autorisation)?
  2. Dans quels buts, utilises-tu YouTube? Utilises-tu d’autres chaînes vidéo?
  3. As-tu créé (ou envisages-tu de créer) une chaîne YouTube? Quel est son thème et ses buts?
  4. Quels autres services de Google utilises-tu? Quels en selon toi les avantages et les risques?

 

Pour aller plus loin

YouTube (Wikipédia)

Les revenus de la pub sur youtube.ch (RTS – On en parle)

Top 30 des youtubeurs français les plus drôles ou intéressants (Topito)

Le salaire des youtubeurs les plus célèbres (brandandcelebrities)

Cyprien parle de ses revenus gagnés sur Youtube (Le Grand 8)

Revenus des partenaires YouTube (Google)

 

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Justice: Google devra respecter «le droit à l’oubli numérique»

Google estime qu’il lui faudra «plusieurs semaines» pour trouver un moyen de se conformer à une décision de la justice européenne. Celle-ci l’oblige à effacer certaines données privées de ses résultats de recherche au nom du «droit à l’oubli».

La Cour européenne de justice (CEJ) de Luxembourg a débouté le groupe américain mardi, estimant que les particuliers pouvaient obtenir, sous certaines conditions, la suppression des liens vers des pages internet comportant des données personnelles. Ils doivent pour cela s’adresser directement au fournisseur de ces liens.

«L’arrêt a des implications importantes pour la manière dont nous gérons des demandes de retrait» d’informations dans les résultats de recherche, a indiqué un porte-parole de Google. […]

La décision s’applique à tous les pays de l’UE, mais son application sera supervisée par les organismes nationaux en charge de la protection des données.

Dès le lendemain de l’arrêt, certains experts et acteurs du secteur technologique avaient prévenu que sa mise en oeuvre serait compliquée, certains y voyant même un risque d’ouvrir la porte à la censure. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s’est aussi inquiétée d’une obstruction dans le travail d’enquête journalistique.

Google n’a pas communiqué sur le nombre de demandes de retrait d’informations qu’il a reçues depuis l’arrêt. Certains médias, notamment britanniques, ont fait état d’une nette augmentation. (Source: laliberte.ch)

Education: L’école selon Google

Google a lancé en version beta Google Classroom, une plateforme à destination des enseignants et des élèves. L’objectif est d’améliorer la communication des enseignants envers les élèves, rassembler toutes les informations concernant les apprenants, suivre leurs travaux dans toutes les matières et réduire au maximum l’utilisation du papier et des livres en utilisant des ebooks scolaires.

Au final, le projet est d’éviter de se disperser dans les paperasses pour maximiser le temps d’apprentissage.

Pour le moment, seuls quelques privilégiés ont accès à Google Classroom, l’entrée est sur invitation, comme à chaque fois que le géant du net lance un projet stratégique. Une fois testée, cette plateforme intégrera ensuite les applications Google dédiées à l’éducation.

Ce nouveau projet va rassembler tous les outils dont la firme dispose pour proposer aux professeurs et aux élèves l’école de demain, tout en préservant la vie privée précise Google sur son blog.
De plus, la firme de Mountain View annonce que ces outils seront gratuits et ajoute qu’une douzaine d’écoles américaines sont déjà partenaires pour tester ce concept. (Source: idboox.com)

La vidéosurveillance vous fait flipper? Attendez de voir ce qu’on vous prépare

Lorsqu’on évoque la reconnaissance faciale ou la vidéo-surveillance, les réactions vont de la moue sceptique accompagnée d’une réflexion pragmatique («Bien pratique quand tu te fais tirer ton iPhone»), à l’écarquillement oculaire angoissé du gars qui a vu «Minority Report».

Dans tous les cas ou presque, l’interlocuteur a conscience qu’il existe un risque de dérive orwello-kafkaïen. Mais à peine évoqué, le cauchemar est rapidement balayé par son côté science-fiction et la confiance placée dans les pouvoirs publics pour nous en protéger. Certaines technologies babillant dans les labos ou déjà en service sont pourtant en train de paver la voie. En voici quelques exemples.

Un logiciel capable de reconnaître (tous) les visages

Grâce à des algorithmes plus fiables que l’oeil humain

Cela n’échappera pas à ceux qui ont suivi les révélations d’Edward Snowden: les services secrets anglo-saxons sont très friands de toute information vous concernant, à commencer par votre visage. Le programme Optic Nerve en est la triste preuve. Entre 2008 et 2010, les renseignements américains et britanniques ont intercepté les images provenant des webcams de près de deux millions d’utilisateurs de Yahoo Messenger – peu importe si certaines de ces communications étaient de nature sexuelle.

L’objectif est évident: créer le plus grand outil de traçage jamais inventé. Pour cela, les États-Unis (et tout gouvernement suivant leur trace) ont besoin de trois choses :

  • un réseau de caméras étendu, avec un maillage le plus fin possible ;
  • une base de données rassemblant l’empreinte faciale de chaque individu ;
  • un logiciel capable d’analyser en temps réel les images et les lier avec les profils établis.

Le réseau de caméra est déjà en place et s’agrandit rapidement, justifié tantôt par la lutte contre le terrorisme, tantôt par l’insécurité croissante. La base de données se construit peu à peu, en croisant des informations publiques, en faisant jouer les obligations légales des réseaux sociaux envers le gouvernement, ou en leur arrachant illégalement (le programme Optic Nerve, par exemple). Le défi principal restait de bâtir un algorithme suffisamment performant pour devenir le moteur efficace de cette machine de surveillance. Le business de la peur dopant les labos, ceux-ci ont fait des avancées spectaculaires dans le domaine de la reconnaissance faciale. A titre d’exemple, l’entreprise Cognitec propose un logiciel de reconnaissance qu’elle affirme fiable à 98,75%, un taux qui a bondi de 20% en moins de dix ans.

Un trombinoscope planétaire

Signé les géants du Web

En 2012, Facebook rachetait Face.com, une start-up israélienne spécialisée dans les logiciels de reconnaissance faciale. Peu étonnant, venant d’un réseau qui est né d’un trombinoscope d’étudiants se notant entre eux sur la base de leur photo de profil, et décidant qui est « hot or not ». L’entreprise était par la suite restée plutôt silencieuse sur ses progrès dans le domaine. Une discrétion qui a duré jusqu’en mars dernier, lorsque Facebook a révélé (discrètement là encore) son système de reconnaissance faciale baptisé DeepFace.

Testé sur quatre millions de photos extraites d’un « réseau social populaire », le logiciel est capable, sinon de mettre un nom sur un visage, de comparer deux images entre elles et d’en déduire si la personne se trouve sur les deux. Taux de réussite : 97,25%, soit à peu près aussi bon que ce que pourrait faire l’œil humain.

Bientôt une recherche par visage sur Google ?

Google n’est pas en reste : la firme de Mountain View a, elle aussi, racheté plusieurs start-up spécialisées dans la reconnaissance faciale.

La tentation est forte, étant donné la quantité d’empreintes faciales à sa disposition en croisant services de vidéos (Youtube), banque d’images (Google Images), réseau social (Google+) et tous les terminaux tournant sur Android.

On imagine aisément que Google ait envie d’agrémenter à son moteur de recherche par image une recherche par visage. Une chose est sûr : elle n’ignore pas cette technologie. Histoire de ne pas paraître trop flippante, elle a testé son système sur des vidéos et images de… « lol cats ».

Votre nom tagué sur votre visage en temps réel

Pour ceux qui portent des lunettes connectées

Début 2014, le pire cauchemar des gens discrets et le rêve de tout voyeur s’est incarné (un bref instant) dans une appli : NameTag. Le concept : une appli sur Google Glass pour analyser en temps réel les visages en ligne de mire, et chercher l’identité des personnes captées dans une base de données croisée (profil public Facebook, Twitter, etc.). L’horreur ? Les créateurs de l’app voulaient aller encore plus loin, en révélant non seulement l’identité, mais aussi toute information publique récoltée – profession, âge, numéro de téléphone, etc.

Et si vous aviez le malheur d’avoir un casier judiciaire, disons pour agression sexuelle, celui-ci s’afficherait également (si vous êtes américain). Célibataire ? Pour peu que la personne soit sur un réseau de rencontre qui a des paramètres de « matching », pourquoi ne pas l’afficher aussi? «Le but n’est pas d’envahir la vie privée de qui que ce soit, mais de connecter des gens qui veulent l’être », s’est défendu son créateur, Kevin Alan Tussy. Si vous ne le voulez pas, par défaut, vous le serez quand même.

Google fait barrage, pour l’instant

Soufflez un bon coup, l’app ne devrait pas voir le jour immédiatement. Face à l’hystérie déclenchée par la start-up, Google a réagi prestement, en déclarant son hostilité à ce genre de projets. Avec quelques réserves :

«Comme Google l’a affirmé depuis plusieurs années, nous n’ajouterons pas de reconnaissance faciale à nos produits sans avoir prévu de fortes garanties de respect de la vie privée. Avec cela à l’esprit, nous n’approuverons pas d’application de reconnaissance faciale pour le moment.»

Rassurant? Pas vraiment. La décision de Google n’est manifestement pas arrêtée, et clairement sujette à interprétations ou assouplissement quant aux «garanties». Rien n’indique en outre, en cas de succès des lunettes connectées auprès du grand public, que NameTag se tourne vers des concurrents moins regardants.

Les «précriminels» (vous?) tenus à l’œil

Quand les caméras trouvent votre comportement suspect

Si le monde décrit par Philip K. Dick dans le film « Minority Report » est encore loin, l’ambition d’anticiper un comportement criminel, elle, est à nos portes. On appelle cela l’analyse prédictive comportementale, déclinée dans sa dimension criminelle. L’idée est simple: certaines attitudes (tics, postures, gestes brusques, agitation, etc.) pourraient former les schémas récurrents et identifiables qui précèdent toujours la réalisation d’un acte criminel. Les caméras pourraient capter ces comportements «suspects» dans les lieux publics et communiquer votre signalement aux forces de police.

Pour une fois, pas besoin d’aller dans les couloirs des start-up de la Silicon Valley ou de la NSA. En Europe, ce projet a un visage et un nom: INDECT acronyme anglais de «Système d’information intelligent soutenant l’observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain». Le projet a été lancé en 2009 sous le regard bienveillant (et le financement) de l’Union Européenne. Le but ultime est supprimer toute supervision humaine et de lier directement un algorithme prédictif (dont l’œil est le réseau de caméras) aux forces de police.

Si ses artisans se déclarent respectueux de la vie privée et de la présomption d’innocence, le premier pavé est posé sur un chemin nettement moins séduisant: on est à deux doigts du «précrime», la condamnation pour un crime à venir. Difficile à avaler, et pourtant on voit mal quelle autre utilisation on pourrait faire de pareille technologie. Dans une longue enquête sur les systèmes de «précrime» à Chicago où, comme dans d’autres villes américaines, des technologies prédictives sont déjà effectives, le site américain The Verge s’interrogeait sans ambages sur le racisme que pouvait induire cette logique.

En cause: des «heat listes», ou listes noires recensant des individus susceptibles de commettre des crimes, et bâties sur un large panel de critères. L’auteur de l’enquête soupçonne, lui, que des critères ethniques puissent entrer en ligne de compte. La même logique peut évidemment s’appliquer à la vidéo-surveillance comportementale…

Les rassemblements vus de haut

Grâce à des drones invisibles

Les drones ont souvent décroché la une des journaux lorsque leurs modèles militaires bombardaient le Pakistan, quand leurs modèles pour enfants ornaient les vitrines de Noël ou lorsque leur modèles commerciaux promettaient de nous livrer nos colis chez nous. On évoque moins la surveillance civile. Pourtant, de petits drones équipés de caméras sont déjà capables de filmer des foules en haute résolution. La recherche américaine avance très vite en la matière, et il n’est pas exclu que ces engins soient très prochainement liés à des bases de données pour identifier en temps réel les visages capturés. Sans même parler de nos démocraties, on peut facilement imaginer ce que de telles technologies auraient donné si elles avaient existé pendant les révoltes populaires en Tunisie ou en Egypte.

Des panneaux publicitaires qui savent ce que vous voulez voir

A condition que vous posiez les yeux sur eux suffisamment longtemps

Autre convergence inquiétante et invasive : la reconnaissance faciale alliée à la publicité ciblée. Cela donne des panneaux publicitaires ciblés. Si vous pensiez les pubs personnalisées limitées à votre activité en ligne, vous avez tout faux. Demain, les panneaux publicitaires du métro vous reconnaîtront instantanément et diffuseront une publicité sur mesure.

C’est ce que propose à terme Amscreen, société de communication qui possède 6 000 écrans publicitaires au Royaume-Uni. Grâce à une petite caméra, son logiciel OptimEyes analyse en temps réel les réactions faciales des individus face à une publicité. A terme, le but est bien de proposer une publicité taillée sur mesure pour qui pose les yeux suffisamment longtemps sur le panneau. D’abord selon des critères évidents (sexe, habits, âge…), puis, pourquoi pas, selon l’identité réelle de la personne. (Source: Rue89)

Une minute d’Internet

Que se passe-t-il en soixante secondes sur le web? [Voir l’infographie] Beaucoup de choses, trop même, et de plus en plus. La population d’internautes a explosé de 2011 à 2013, et de nouveaux usages ont fleuri. […]

Le site Domo […] a publié un petit exemple de ce qu’ils savent faire. Et pour parler à tous, quel meilleur sujet que notre activité sur le web, ramenée à une seule minute? Des chiffres pas très surprenants, pour certains: on sait depuis longtemps que Google, Facebook, Twitter ou Youtube génèrent des tonnes et des tonnes de contenu.

Ce qui est intéressant, c’est l’apparition de nouveaux noms qui, eux aussi, alimentent les internautes avides que nous sommes. […]  WhatsApp, outil de discussion en ligne récemment acheté à prix d’or par Facebook, a généré près de 350.000 photos le temps que vous lisiez ce paragraphe. Quant aux clients d’Amazon, ils auront acheté pour 83.000 dollars (60.000 euros) de produits culturels. L’Internet de 2014 paye, c’est désormais une certitude. (Source: franceinter.fr)

Google sait où vous étiez hier, il y a un mois, il y a 6 mois!

Le service d’historique des positions de Google n’est pas nouveau, et pourtant, il est « amusant » (inquiétant, en fait!) de constater qu’il fonctionne à la perfection. Grâce à lui, vous pourrez consulter le chemin que vous avez fait, les endroits où vous êtes allé, et ce jusqu’à plusieurs mois en arrière !

Consultable en suivant ce lien, l’historique des positions de Google va vous permettre de répondre aux questions du genre « tiens, où étais-je le samedi 6 à 14h35 ? ». Précis, il permet aux utilisateurs d’un smartphone ou d’une tablette basée sous Android, de retracer leurs déplacements, à condition d’avoir autorisé Google à relever leurs informations de localisation. Vous vous demandiez comment Google Now pouvait connaître l’adresse de votre lieu de travail et vous informer de l’état du trafic pour vous rendre chez vous en temps réel? Et bien maintenant, vous le savez!

Bien que ce service soit un peu effrayant, il est au final plus bluffant qu’autre chose: vous pouvez très bien le désactiver, et dans le cas où vous l’activez, il vous donne accès à des données vraiment précises, qui prouve que Google sait y faire en matière de géolocalisation. (Source: Gizmodo)

Si c’est gratuit, vous êtes le produit

Un petit film ludo-pédagogique sur l' »échange de bons procédés » entre les utilisateurs de services « gratuits » et les entreprises cherchant à collecter des données, beaucoup de données… (Source: Adesiasprod)