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La Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) publie une première étude sur le comportement des enfants en matière d’utilisation des médias

Les enfants utilisent des médias quotidiennement dès l’école primaire et non, comme on le croit souvent, seulement à l’adolescence. Presque tous les ménages avec enfants possèdent un téléphone mobile ou un smartphone, une télévision et un ordinateur, ainsi qu’un accès à Internet. Pour la première fois, une étude menée à l’échelle nationale s’est penchée sur les expériences faites par les enfants avec les médias. La Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) publie aujourd’hui l’étude MIKE (Medien, Interaktion, Kinder, Eltern), qui a interrogé 1065 enfants de 6 à 13 ans et 641 parents provenant des trois grandes régions linguistiques du pays.

Malgré l’ampleur de l’offre numérique, le jeu demeure l’activité de loisir la plus pratiquée. Les enfants écoutent de la musique, regardent la télévision et lisent des livres, mais ne consacrent pas plus de temps aux médias qu’aux contacts avec leurs amis, à la pratique d’un sport ou aux activités en famille. Le comportement des enfants en matière d’utilisation des médias évolue au cours de l’école primaire et les plus âgés utilisent plus fréquemment le téléphone mobile et Internet.

52 % des enfants possèdent leur propre téléphone mobile et ils sont 69 % à en utiliser un au moins de temps en temps. Bien qu’ils soient encore nombreux à ne pas en posséder ni à en utiliser régulièrement, les enfants placent le téléphone mobile au premier rang de leurs préférences en ce qui concerne les appareils. 76 % des élèves du secondaire inférieur consultent au moins une fois par semaine YouTube, qui devance encore WhatsApp et Instagram dans la liste des applications préférées.

Pour ce qui est des contenus télévisuels ou de l’Internet, les enfants font nettement plus d’expériences positives que négatives. Les parents et les enfants s’influencent mutuellement dans leur utilisation des médias et se servent souvent des mêmes types de médias à la même fréquence, à l’exception des jeux vidéos. 25 % des enfants jouent quotidiennement ou presque à des jeux vidéos. 13 % des enfants, contre 33 % des 12-13 ans, avouent utiliser au moins une fois par semaine leur téléphone mobile à l’heure où ils devraient dormir. Les contenus médiatiques violents et pornographiques constituent les principales préoccupations des parents.

A propos de l’étude MIKE

(Source: Jeunes et Médias)

Pourquoi Facebook et Instagram font-ils de nous des « losers »?

Sur Facebook et Instagram, on ne montre que les bons côtés de la vie, des morceaux choisis par nos soins. À quel point cette mise en scène peut-elle impacter négativement ceux qui en sont à la fois les spectateurs et les acteurs?

Plages paradisiaques, hamburgers alléchants et soirées déjantées, voilà que ce l’on voit passer en quasi-permanence sur nos timelines Facebook et Instagram. Et pour cause, sur les réseaux sociaux, armes fatales du personal branding, on ne dévoile que ce l’on veut bien et en particulier ce qui est susceptible de faire saliver nos voisins virtuels. Ces mises en scène incessantes, celles des autres mais aussi les nôtres, peuvent-elles nous impacter négativement et nous rendre, au final, malheureux?

Depuis l’arrivée de Facebook et d’Instagram, j’ai compris que tout le monde ne montre de sa vie que ce qu’il veut bien”, écrit Nathanaël Rouas, dans son livre Le bomeur, paru en 2014, qui raconte le parcours du combattant d’un jeune chômeur bobo qui essaie de rester cool. “Sur Instagram, (…) tu n’as que des moments de vie joués. Il faut montrer au plus grand nombre que ta vie est plus cool que celle des autres. (…) En fait, t’as même plus le droit de ne rien faire tranquillement chez toi tellement les autres se chargent de te montrer qu’ils sont en train de vivre un moment génial… et pas toi.” Autrement dit, depuis quelques années, la tyrannie du cool nous laisse peu de répit.

Face à des gens qui ont plein d’amis, plein d’activités, on dévalorise son propre capital social alors même qu’il était satisfaisant.

Sur les réseaux sociaux, Facebook et Instagram en tête, c’est à coup de photos de piscines à débordement, de paysages somptueux, de vacances idylliques et d’intérieurs parfaits que se joue la guerre psychologique virtuelle, la surenchère du bonheur affiché. Loin de nous l’idée de diaboliser ces nouveaux moyens de communication, fantastiques canaux de socialisation, sources de connaissances et excellents outils de partage. Cependant, au fur et à mesure de leur existence et de l’utilisation que l’on en fait, ils pourraient bien se retourner contre nous.

Le psychologue Sébastien Dupont, qui travaille notamment sur le sentiment de solitude des jeunes, estime qu’il peut y avoir “une impression de grossissement de l’effet de solitude face à la mise en scène de la sociabilité des autres”. La sensation d’être seul est “très subjective et très dépendante de ce que l’on voit autour de soi, continue-t-il, c’est comme le sentiment de pauvreté, on se sent davantage pauvre au milieu de gens riches et ça fonctionne de la même façon sur la richesse émotionnelle”. Résultat? “Face à des gens qui ont plein d’amis, plein d’activités, on dévalorise son propre capital social alors même qu’il était satisfaisant”, conclut Sébastien Dupont.

“Comme dans les films, on ne voit jamais le héros se brosser les dents, on le voit au top, à 19 heures, sur la plage, avec une lumière de crépuscule, en train de siroter un cocktail.

 

[…] Marine Normand, 28 ans, journaliste chez Retard Magazine, s’est inscrite sur Instagram il y a trois mois. Ce qu’elle y a vu lui a inspiré un billet bien senti, intitulé Hashtagueule. Elle écrit: “Instagram, c’est l’une des pires choses qui soit arrivée à notre société. C’est la culpabilisation à coups d’intérieurs nickels et de daronnes parfaites qui jouent du ukulélé, c’est les filles mégabonnes qui prennent des photos au Club Med Gym alors que t’as repris trois fois de la brioche au petit-déjeuner, c’est les gens qui font la fête avec Kathleen Hanna, Tavi Gevinson et Tina Fey alors que tu bois un Monaco toute seule en terrasse d’un PMU qui donne à la fois sur le boulevard et sur le métro aérien.

 “Instagram demande un certain don de mise en scène, d’être au bon endroit au bon moment. Tout le monde se bat pour être plus cool que son voisin.

En permanence susceptible d’être le spectateur du bonheur des autres -du moins celui qu’ils donnent à voir-, notre réalité peut nous sembler bien fade. Ce sentiment est accentué, selon Marine Normand, par notre position passive face à ce flot d’images: “Quand on est sur Instagram, on est dans une position de touriste, soit dans les transports, soit sur son lit, on a la mèche qui colle, on ne fait rien et on voit tous ces gens qui font plein de choses géniales, on ne peut que se sentir en décalage.” D’ailleurs, si la jeune femme considérait qu’elle avait “une vie cool” quand elle la racontait, ce n’est plus le cas depuis qu’elle est sur Instagram: “Quand je la photographiais, ce n’était pas la même chose. Facebook est un outil que j’arrive mieux à maîtriser car j’écris mieux que je ne prends des photos. Instagram demande un certain don de mise en scène, d’être au bon endroit au bon moment. Tout le monde se bat pour être plus cool que son voisin.” […]

Ça n’a pas toujours été comme ça, rappelle Titiou Lecoq, auteure, blogueuse, et journaliste spécialiste des réseaux sociaux: “Au tout début, on ne maîtrisait pas du tout les règles, on pouvait mettre des photos qui n’étaient pas valorisantes. Aujourd’hui, il y a des codes esthétiques, on ne voit passer que de très jolies photos. Le côté brut, avec Instagram et ses filtres notamment, a disparu.” Pour elle, cette évolution a “le même effet pervers que la publicité: on a l’impression qu’il existe une vie parfaite, une bouffe parfaite, une maison parfaite, une déco parfaite, un mec parfait et des enfants parfaits”. Résultat, “ça crée une espèce de frustration permanente car, comme pour la pub, on a beau acheter des crèmes, on n’aura jamais la peau parfaite de la nana. C’est pareil avec la vie parfaite, on ne l’aura jamais non plus”. […]

 

Si cette scénographie virtuelle peut devenir “galvanisante de puissance car on maîtrise sa propre image et on l’embellit”, elle peut aussi nous amener à penser que “notre vie est fausse”, estime Sébastien Dupont. En somme, la photo est belle mais on sait qu’elle n’est pas l’exact reflet de ce que l’on vit. Le psychologue se souvient d’ailleurs d’une scène qu’il a vécue un jour dans un restaurant à Prague. Ce dernier dîne à côté d’un couple qui semble passablement se faire chier. À un moment, les deux amoureux décident de faire un selfie, la séance photo est assez longue, ils sourient, ils ont l’air heureux. “Si jamais ils ont publié cette photo sur Facebook ou ailleurs, leurs amis ont dû avoir l’impression qu’ils avaient passé une super soirée, alors que moi, qui ai vu les coulisses, je sais qu’ils se sont emmerdés comme des rats morts, raconte Sébastien Dupont. Cette photo outrageusement heureuse n’accentue-t-elle pas l’amertume de leur vraie vie? Sans elle, l’ennui paraîtrait peut-être moins dur.” Ce n’est donc plus tant le bonheur qui compte que la démonstration de ce dernier. “C’est exactement ce que décrit Guy Debord dans La société du spectacle, continue le psychologue, les gens jouent un rôle dans la vie sociale et ils s’identifient à des désirs qui ne sont plus les leurs.

La quête de reconnaissance dans le regard de l’autre, voilà ce qui nous pousserait à photographier notre quotidien sous toutes ses plus belles coutures. “Quand les réseaux sociaux sont apparus, quelques années après la téléréalité, je me suis dit que ça disait la même chose de la société, c’est le processus de starification, analyse Titiou Lecoq, on peut devenir star à partir de rien, c’est le phénomène Kim Kardashian.” Objectif? Se créer une audience. D’ailleurs, “il y a quelque chose de fascinant dans l’idée de poster une photo de soi et de récolter des likes, continue la journaliste. Sur Internet, on te dit beaucoup plus souvent que tu es jolie que dans la vraie vie.

Autrement dit, peu importe ce qu’on fait du moment qu’on le fait avec style et qu’on récolte du “j’aime” à gogo.

[..] Ces réseaux sociaux vont-ils définitivement plomber le moral de la génération Y? Non, pas forcément. Pour commencer, tout le monde ne montre pas qu’une vie idéalisée. “Je montre aussi ma vie lambda, mon quotidien, assure Marieke, 23 ans, je ne mens pas sur mes photos, je suis bien dans mes pompes, je n’ai pas besoin de mise en scène.” De son côté, Titiou Lecoq tempère car si elle arrive à prendre de la distance d’un point de vue intellectuel, parfois l’émotionnel la rattrape: “Ça nous atteint forcément car on est tellement conditionnés qu’on vit tous avec le fantasme de ce que pourrait être notre vie.

Derrière le jeu social, la majorité d’entre nous sait “que ce n’est qu’une partie de la vie”.

Heureusement, avec les années, vient le recul. C’est du moins ce qu’assure le psychologue Sébastien Dupont: “Une grande partie de cette génération voit tout ça avec beaucoup de distance, ils montrent leur bonheur, ils se prêtent au jeu mais avec une espèce de conscience suraigüe que ce n’est pas là que ça se joue”. Lui compare ça aux “mondanités, à l’époque où il fallait faire des manières et inviter son voisin”. Derrière le jeu social, la majorité d’entre nous sait “que ce n’est qu’une partie de la vie”. Ça va quand même toujours mieux en le disant.

(Source: Julia Tissier, CHEEk)

Ados : le partage du rien sur Internet

Photos d’une banalité confondante, vidéos sans intérêt… Pour meubler le vide, les jeunes produisent sur les réseaux sociaux un flot de néant qui a déjà un nom : le « borecore ».

Les parents s’inquiètent souvent de la façon dont les ados peuvent montrer leurs corps sur les réseaux sociaux. Mais le plus caractéristique de l’adolescence n’est-il pas la mise en scène du rien ? Sur Instagram, on trouve ainsi de nombreuses perles : une vidéo d’une éponge nettoyant un lavabo, des photos d’un placard à chaussures… Sur Internet, le gros de ce que postent les gens en général, et les ados en particulier, n’est ni titillant sexuellement, ni drôle, ni offensant.

Dans le New York Times Magazine, Jenna Wortham a récemment trouvé un nom à ce flot de rien : le « borecore ». De l’ennui pur. A peine l’acte de naissance du « normcore » déposé, lui a-t-on déjà trouvé un successeur. De l’esthétique de la normalité à celle de l’ennui, on peut toujours faire confiance à la fabrique à concepts américaine.

Pour s’en faire une idée, il suffit de taper « Je me fais iech » sur Twitter ou aller sur les nouveaux services de « live streaming » qui font défiler les contenus postés par l’ensemble des utilisateurs et permettent à des gens qui s’ennuient de voir ce qui se passe dans la vie d’autres gens qui s’ennuient. Sur le site Younow, le cinquième sujet tendance (après « guys », « girls », « music », « dance »), c’est « bored » (qui s’ennuie). Sur VPeeker, où défilent des vidéos mises en ligne sur Vine, vous serez frappés par le nombre d’ados qui filment… leur télévision.

L’abondance de borecore, du rien produit et partagé dans l’indifférence générale, est le problème d’une époque où on a presque toujours sous la main un téléphone équipé d’une caméra mais pas forcément un chaton qui joue du piano à filmer.

Evidemment, les adolescents n’ont pas attendu les nouvelles technologies pour documenter leur désœuvrement. On doit pouvoir trouver quelques hectares de couvertures de cahiers de texte décorées, sans compter des années de journaux intimes et de blogs lus de leurs seuls auteurs. Et la vidéo n’a pas non plus attendu les ados pour raconter l’ennui. En 1963, Sleep, d’Andy Warhol montrait un homme qui dort pendant cinq heures et vingt minutes. Dans les années 1990, des producteurs avaient déjà commercialisé des vidéos de feux de cheminée ou de poulets tournant sur une rôtissoire. Le robinet à borecore, c’est le croisement des deux possibilités.

Pourquoi les jeunes ne s’ennuieraient-ils pas aussi en ligne ? « On se figure communément le rapport que les ados entretiennent avec le numérique comme une relation euphorique placée sous le signe d’un engouement toujours renouvelé. Avec le numérique, on a d’avantage d’outils, de formats, de registres pour vivre l’ennui et l’exprimer », note Joëlle Menrath, qui a conduit en 2014 des entretiens avec 25 adolescents de milieux sociaux et géographiques différents. « Les ados connectés s’ennuient avec leurs outils numériques, comme ils peuvent s’ennuyer à l’école, ou avec leurs parents. C’est troublant pour les adultes qui ont un rapport plus attentif aux écrans. », observe-t-elle. « La lassitude, le trop-plein, l’inintérêt ou encore la disqualification des contenus et des services dont ils font pourtant couramment usage tiennent une large part dans leur discours. Ils sont « gavés », « saoulés », ne leur trouvent « aucun intérêt » et font « ça comme ça, parce que y a rien d’autre ». »

Peut-être faut-il regarder la vidéo du lavabo ou les photos du placard à chaussures comme on faisait auparavant des petites fresques gribouillées sur un carnet à petits carreaux pendant un coup de téléphone. Comme l’écrit Joëlle Menrath dans son étude : « Allumer son ordinateur est un geste désormais équivalent à allumer la lumière de sa chambre. L’ambiance est modifiée, mais la lampe n’occupe pas pour autant le centre de l’attention. »

La prochaine fois que vous tombez sur la photo d’un paquet de cigarettes sur Instagram, relisez cette lettre dénichée par Joëlle Menrath d’un Gustave Flaubert de 17 ans à un de ses amis : « Si je t’écris maintenant, mon cher Ernest, ne mets pas cela sur le compte de l’amitié, mais plutôt sur celui de l’ennui… »

(Source: LeMonde.fr)

Stromae porte un regard amer sur les médias sociaux avec son dernier clip Carmen

L’auteur-compositeur-interprète Stromae réalise un autre grand coup d’éclat avec son dernier vidéoclip intitulé Carmen où il verse dans la critique acerbe de la relation qu’ont les humains avec les médias sociaux. Paroles illustrées par Sylvain Chomet (Les triplettes de Belleville, L’Illusioniste) on y voit un Stromae affublé d’un oiseau bleu comme « animal de compagnie », incarnation sans aucune subtilité de l’emblème de Twitter. Le clip débute avec un selfie en apparence innocent. Au fur et à mesure de sa lecture, les paroles et dessins expriment le rapport malsain que nous entretenons avec les médias sociaux, dont la recherche constante du « like » et du « love ».

Le plus ironique de la situation – ironie habilement orchestrée – c’est que les illustrations de ce videoclip ont d’abord été publiées sous forme de teaser pour lancer le nouveau compte Instagram de Stromae. C’est Buzzfeed US, site de divertissement fort populaire – aussi critiqué pour son contenu à calories vides – qui a eu l’exclusivité 24 heures avant sa diffusion officielle.

Mon entourage me demandait comment avais-je reçu cette nouvelle sortie de Stromae. À sa première vue, je vous avoue avoir ressenti un certain malaise. Étais-je aussi « fêlée » que ce que dénonce ses paroles? Je ne crois pas non, mais la ligne peut être mince. Je pense constamment à ma façon d’articuler ma présence sociale, essayant de doser entre le « branding personnel » et l’intérêt que pourraient porter mes amis-abonnés-lecteurs à mes propos. Est-ce que la société est réellement rendue à la selle de l’expression égocentrique nourrie par les médias sociaux, comme l’image du vidéoclip où l’oiseau devient plus gros que Stromae et finit par le porter?

Je ne peux que saluer la vive intelligence et la vivacité d’esprit du grand Stromae qui encore une fois arrivent à se démarquer par des prestations hors de l’ordinaire, vibrantes, qui secouent comme un électro-choc.

(Source: Marika Laforet sur metro)

L’école face à la fureur des écrans

Ce n’est pas un scoop, les écrans, tactiles ou non, colonisent notre quotidien Celui des jeunes en particulier. La quasi-totalité des adolescents suisses possèdent un smartphone. D’après la dernière étude James, publiée tout récemment, ces appareils sont avant tout utilisés comme portes d’accès à internet et aux réseaux sociaux. Impossible d’ignorer cette réalité, qui comporte des risques de dérives. Pour ne pas rester les bras croisés, une journée cantonale de prévention intitulée « Les jeunes et les écrans » a attiré mercredi 150 professionnels de l’éducation à Neuchâtel.

« Les médias sociaux ont envahi nos vies, il ne serait pas raisonnable de lutter contre », a souligné la conseillère d’Etat en charge de l’Education, Monika Maire-Hefti. « Mais nous sommes responsables de prévenir les risques. »

Inscrite dans un programme d’action qui se met en place dans les écoles neuchâteloises […], cette journée avait pour objectif de réfléchir à l’influence des technologies d’information et de communication sur la vie et le développement des jeunes, ainsi que sur l’impact de ces processus sur l’école. Des usages irraisonnés, non cadrés, de ces technologies peuvent entraîner des lacunes de sommeil, des difficultés relationnelles. Ils peuvent aussi attiser la violence, verbale et non verbale.

Aussi, pour les adultes, il s’agit de s’informer et de comprendre comment fonctionnent ces nouveaux médias, pour accompagner les jeunes usagers. Lorsqu’on leur explique les enjeux, « les jeunes sont capables de comprendre » , souligne, pour dédramatiser, Sébastien Gendre, responsable de la prévention et de la formation pour l’ONG Action Innocence. La preuve? « 84% des jeunes membres des réseaux sociaux utilisent les paramètres de protection de la sphère privée et limitent l’accès à leur profil » , signale le travailleur social, constatant qu’il y a eu une énorme évolution.

Il s’agit d’entrer dans une ère d’éducation numérique, plutôt que de résister, remarque Sébastien Gendre. Pour le sociologue Olivier Glassey, il s’agit de remettre chacun à sa place: « On parle de ce que font les jeunes en ligne, mais ce sont les adultes qui ont créé ces outils. » A eux d’endosser leur rôle de référents et de montrer l’exemple.

Pour commencer, les adultes seraient bien inspirés d’appliquer eux-mêmes les règles qu’ils imposent aux jeunes. Il est par exemple absurde d’interdire aux adolescents d’employer leur portable à table si on bondit soi-même sur son téléphone lorsqu’il sonne en plein repas.

Par ailleurs, pour les parents et les professionnels de l’éducation, il est indispensable de comprendre pourquoi la plupart des adolescents passent des heures sur les réseaux sociaux. De tout temps, les jeunes ont cherché « des terrains éducatifs désertés par les adultes » , note Sébastien Gendre. Des espaces de liberté nécessaires à leur développement. A ce propos, il est intéressant de constater que « seuls » 59% des 12-13 ans ont un compte Facebook, alors qu’ils sont 82% sur Instagram. Cette migration, explique Sébastien Gendre, est due au fait que les parents et grands-parents sont désormais eux aussi actifs sur Facebook, qui n’est plus réservé aux jeunes.

Les réseaux sociaux semblent aujourd’hui répondre à un réel besoin. L’identité numérique joue un rôle dans la réalisation de soi, l’estime, l’appartenance à un groupe, constate Sébastien Gendre. On se construit une identité en ligne. De là, naît une peur d’être déconnecté, de rater quelque chose. Au lieu d’interdire, il s’agit d’expliquer les enjeux, la nécessité de se protéger, de rappeler que les règles de la vie réelle s’appliquent aussi sur la Toile et que chacun de nos actes laisse des traces en ligne. (Source: Arcinfo)

Les marques adorent votre photo de profil

Des logiciels passent les réseaux sociaux au crible afin de détecter les logos qui figurent sur les photos des internautes. Le but : cerner le profil des consommateurs et optimiser le ciblage des publicités.

Connaissez-vous Ditto ? Si vous êtes adepte des réseaux sociaux et postez régulièrement vos photos, Ditto, lui, vous connaît certainement.

Créée par des ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology, la société américaine Ditto Labs a élaboré des logiciels de reconnaissance d’images capables de détecter les logos de marques qui figurent sur les photos des plateformes telles que Twitter, Instagram, Pinterest et Tumblr, relate The Times. Sont également analysées les expressions de visage, les vêtements et le cadre, afin de cerner le profil des personnes qui achètent leurs produits. Le but : récolter des informations sur les goûts des utilisateurs afin de mieux cibler les publicités de ses clients et permettre aux sites d’afficher des publicités sur mesure. Ditto a ainsi pu établir que 13 % des internautes qui postaient des photos contenant le logo d’Adidas avaient également partagé des contenus sur Justin Bieber.

Parmi les clients de Ditto se trouvent Procter & Gamble, la société qui commercialise des marques comme Ariel, Duracell, Oral-B et Pantène, note le Times.

Ditto Labs est également en mesure d’identifier l’endroit où sont pris les clichés grâce à la géolocalisation, ajoute le journal. La géolocalisation, un paramètre de l’appareil photo, permet de définir les coordonnées GPS de l’endroit. Selon M. Rose, environ 30% des utilisateurs d’Instagram et 5% des utilisateurs de Twitter utilisent la géolocalisation sur leurs appareils.

Utiliser ce type d’informations à l’insu des utilisateurs est certes légal mais va beaucoup trop loin, estime Big Brother Watch, un groupe de pression britannique qui défend les libertés et la protection des données privées. « Scruter nos photos afin d’identifier des logos et l’environnement géographique va bien au-delà de ce que peut imaginer la majorité d’entre nous », observe sa directrice, Emma Carr. « Il faudrait obliger [Ditto] à demander l’autorisation explicite [des utilisateurs] ». (Source: Courrier international)

Instagram juge cette photo «inappropriée» et provoque une révolte de mamans

Un petit vent de révolte s’est répandu chez les mamans blogueuses et instagrameuses, depuis que l’une d’entre elles s’est vu fermer son compte sur le réseau social de partage de photos, Instagram. Sur son blog, Courtney Adamo, (@CourtneyBabyccinokidsraconte :

« Mercredi soir, j’ai posté cette photo de Marlow dans ses bottes de pluie jaunes et sa “culotte de grande”. J’ai raconté comment […] elle avait décidé de devenir propre, et comment elle avait gardé sa culotte sèche toute la journée. J’ai trouvé que cette photo de ma petite fille et de son ventre rond (avec nombril proéminent) était trop mignonne. J’aime que sa fierté soit si visible sur la photo. »

La photo a été dépubliée.

« J’étais sûre que c’était une erreur, donc je l’ai repostée. Et hier soir [jeudi dernier, ndlr], mon compte a été bloqué. »

Pour la mère, c’est un drame. Elle s’explique dans un texte qui en dit long sur ce que sont devenus les réseaux sociaux pour beaucoup: des carnets de bord autant que des albums de famille.

« Instagram a détruit quatre ans de photos et de souvenirs de ma famille: toutes les photos de nos voyages, les anniversaires de mes enfants, toutes mes notes, tous mes commentaires sur les traits de mes enfants et les étapes importantes, tous les mots des amis et de la famille, les messages que j’ai reçus quand Marlow est née. »

Pour la soutenir, un « hashtag » (mot-clé) a été créé : #BringBackCourtneyBabyccino (ramenez Courtney Babyccino). On y trouve 1 000 photos, celle de Marlow postée et repostée avec des messages de soutien.  […]

D’autres postent des photos de leurs propres enfants le nombril à l’air:

« Hey @instagram, tout le monde a un ventre et ce n’est pas inapproprié. »

Enfin certaines utilisatrices notent que d’autres photos d’adultes forts dénudés ne sont pas dépubliées alors qu’on pourrait les imaginer plus choquantes.

L’attitude d’Instagram est intéressante à l’heure où Facebook vient d’autoriserles photos de femmes en train d’allaiter. En attendant que cette «lutte» aboutisse, Courtney Adamo s’est ouvert un nouveau compte depuis samedi. A l’heure où nous publions cet article, il compte déjà 4 983 abonnés. Lundi matin, la blogueuse avait finalement retrouvé son compte d’origine et ses 38 025 abonnés. (Source: Rue89)

« Une appli pour espionner le portable des ados » ou « comment confondre éducation et intrusion? »

Une nouvelle application permet aux parents d’espionner les faits et gestes de leurs enfants sur leur smartphone.

Ça ne va pas plaire à tout le monde, et certainement pas aux jeunes adolescents. Une appli offre désormais aux parents la possibilité de s’équiper d’un système d’espionnage digne de la NSA. Comme son nom l’indique, TeenSafe a été élaboré pour s’assurer de la sécurité des ados lorsqu’ils surfent sur le Net. Le programme n’est autre qu’un moyen de surveillance. Son installation est extrêmement simple. Il suffit de sélectionner le type de téléphone que l’enfant possède. S’il s’agit d’un iPhone, le parent ne devra même pas toucher à l’appareil ciblé. L’identifiant Apple et le mot de passe suffisent. Une fois mis en place, il devient possible pour un parent de vérifier, à partir de son propre téléphone, tout ce qu’un ado fait sur son portable. Le géniteur pourra par exemple consulter les sms envoyés, reçus, et même ceux qui ont été supprimés. Il pourra aussi vérifier l’historique des recherches internet et des pages visitées ou encore voir quels appels téléphoniques ont été effectués. Mais ce n’est pas tout : l’appli donne également accès aux comptes Facebook ou Instagram de l’enfant et permet de le géolocaliser, le tout sans que celui-ci ne s’en aperçoive.

On peut se demander si les parents auront la conscience tranquille après une telle intrusion dans la vie privée de leur enfant. En fait, tout dépend peut-être de leurs intentions. Dans son slogan, TeenSafe suggère aux parents de protéger leur trésor le plus précieux. Alors que les jeunes passent une bonne partie de leur temps devant un écran, les concepteurs du logiciel estiment qu’il est légitime pour les parents de s’inquiéter des dangers du Net. Ils évoquent notamment les harcèlements sur les réseaux sociaux, les éventuels prédateurs ou encore la publication de messages à caractère sexuel et de photos compromettantes. Une question demeure : faut-il dire à l’enfant qu’il est surveillé ? Pour l’équipe TeenSafe, il s’agit là d’un choix personnel, qui dépend notamment du contexte et du comportement du jeune en question.

Ce genre de programme ne pousserait-il pas à certaines dérives ? On peut craindre que si. Lors du téléchargement du logiciel, TeenSafe vous fait certifier sur l’honneur que vous ne l’utiliserez que sur l’appareil mobile d’un enfant dont vous êtes le tuteur légal. Mais l’efficacité de ce système d’espionnage pourrait donner des idées à certains, qui pourraient par exemple être tentés de faire surveiller le téléphone de leurs employés ou encore de leur conjoint. C’est d’ailleurs ce que proposent déjà d’autres applications qui sont toutefois moins faciles à utiliser, le logiciel devant être téléchargé sur le smartphone de la personne visée. Quoiqu’il en soit, mieux vaut sans doute réfléchir avant d’agir. En Belgique, ce genre de pratiques est généralement illégal. Si un parent veut contrôler les actes virtuels de son ado, il doit l’en avertir. Un juge pourrait en effet considérer qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une violation des droits de l’enfant concerné. (Source: rtbf.be par yapaka.be)

Une mère voulait donner une leçon sur Facebook à sa fille, l’expérience a mal tourné

Aux Etats-Unis, une mère de famille du Colorado a voulu donner une leçon à sa fille et lui inculquer les dangers de FacebookMais son expérience a mal tourné.

Dans l’espoir de faire comprendre à sa fille que ce qu’elle publie sur les réseaux sociaux peut rapidement se propager, Kira Hudson a publié une photo de l’adolescente sur son compte Facebook et demandé à ses amis de la diffuser à leur tour.

Sur la photo en question, la jeune fille tient une feuille de papier sur laquelle on peut lire: « 18/03/14 Maman veut me montrer combien de personnes peuvent voir cette photo une fois qu’elle est sur Internet ». « Ma fille de 12 ans ne comprend pas pourquoi elle ne peut pas avoir de compte sur Instagram et Facebook… S’il-vous-plaît ‘aimez’ et ‘partagez’… Elle ne veut vraiment pas comprendre! », explique Kira Hudson en légende [d’une photographie de sa fille].

En lançant cet appel, Kari Hudson ne s’attendait certainement pas à ce que la photo de sa fille se retrouve sur 4chan, forum d’images anonyme où l’on trouve le meilleur comme le pire du Web (y compris de nombreuses moqueries voire du harcèlement envers des adolescentes).

Les membres de la section /b/ du site (dit « random », soit au hasard et dédiée au grand n’importe quoi du Web) ont trouvé la page Facebook de la maman, son adresse et son numéro de téléphone, explique Daily Dot.

Un jour après la publication de cette photo, Kari Hudson a fait l’objet de multiples canulars téléphonique, des pizzas ont été livrées à son domicile et certains internautes ont détourné la photo de l’adolescente de façon obscène.

Le but des « channers »? Montrer à cette mère ce qu’est vraiment l’humiliation publique.

Kari Hudson a fini par supprimer la photo de son compte Facebook… Celle-ci comptait déjà 1 million de « J’aime ».

Contactée par Le HuffPost, Kari Hudson a expliqué avoir retenu la leçon:

« Je suis vraiment contente que des parents aient écrit à ma fille et moi pour nous faire savoir qu’avec notre « expérience », ils pouvaient montrer à leurs enfants les dangers d’Internet. La leçon a été vite apprise pour ma fille et moi. Je n’avais pas du tout anticipé un phénomène aussi rapide. J’ai réalisé que mon compte Facebook que je pensais sécurisé et privé, ne l’était pas tant que ça. Heureusement pour nous, les informations qui ont été collectées n’étaient pas notre adresse ni notre numéro. Je tiens donc à m’excuser auprès de la famille qui vit à notre ancienne adresse et j’espère qu’ils n’ont pas eu trop d’embêtements. La prochaine pizza sera un cadeau de ma part. » (Source: Huffington Post)

Facebook, les jeunes auraient tendance à passer à autre chose

Facebook a été un précurseur des réseaux sociaux en ligne, qui ont reçu un coup de « boost » grâce aux téléphones intelligents. Mais les jeunes semblent désormais se tourner vers d’autres plateformes.

A 16 ans, Owen Fairchild est moins souvent qu’avant sur Facebook: ses amis et lui n’ont pas totalement abandonné le premier réseau social mondial, mais ils passe aussi du temps sur d’autres plateformes comme Twitter, Snapchat ou Instagram.

« Je suis passé à autre chose », dit cet élève de l’Alameda Community Learning Center, dans la baie de San Francisco. « Je vais beaucoup plus sur (le site de blogs) Tumblr, il y a des tas de choses marrantes », ajoute-t-il. L’application de messages éphémères « Snapchat est super amusante aussi car on peut envoyer des photos où on est vraiment moche et elles s’effacent après quelques secondes ».

Facebook a été un précurseur des réseaux sociaux en ligne, lesquels ont reçu un coup d’accélérateur grâce aux smartphones. Ceux-ci permettent aux utilisateurs de partager n’importe quand des images, des vidéos ou des observations.

Le premier réseau social mondial, qui vient de fêter ses dix ans, est toutefois confronté au défi de conserver sa base originale de jeunes utilisateurs, alors que de nouveaux services rivalisent pour être les plus cools. Le succès de plateformes comme Snapchat, le site de micro-messages Twitter ou le tableau d’images Pinterest alimentent la crainte que Facebook séduise moins les adolescents. […]

Elle dit en revanche regarder « tout le temps » son fil Twitter, et trouver des choses plus intéressantes sur l’application de partage de photos Instagram, rachetée en 2012 par Facebook. « Facebook n’est pas fini », estime-t-elle toutefois. « Il y a juste des changements dans la façon dont les gens l’utilisent ». (Source: ATS par Arcinfo)