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Sur les écrans, je respecte l’environnement

Stockage des données, obsolescence programmée: pourquoi et comment Internet est-il énergivore? Comment les fabricants nous incitent-ils à changer régulièrement notre matériel informatique? Comment concrètement et simplement avoir une utilisation plus respectueuse de l’environnement?  Avec Verena Kantere, maître d’Enseignement et de Recherche de l’Université de Genève, Centre universitaire d’Informatique, et Christophe Inaebnit, administrateur de la Bonne Combine à Lausanne.

La fiche pédagogique

L’épisode

(Source: e-media.ch)

Ados : le partage du rien sur Internet

Photos d’une banalité confondante, vidéos sans intérêt… Pour meubler le vide, les jeunes produisent sur les réseaux sociaux un flot de néant qui a déjà un nom : le « borecore ».

Les parents s’inquiètent souvent de la façon dont les ados peuvent montrer leurs corps sur les réseaux sociaux. Mais le plus caractéristique de l’adolescence n’est-il pas la mise en scène du rien ? Sur Instagram, on trouve ainsi de nombreuses perles : une vidéo d’une éponge nettoyant un lavabo, des photos d’un placard à chaussures… Sur Internet, le gros de ce que postent les gens en général, et les ados en particulier, n’est ni titillant sexuellement, ni drôle, ni offensant.

Dans le New York Times Magazine, Jenna Wortham a récemment trouvé un nom à ce flot de rien : le « borecore ». De l’ennui pur. A peine l’acte de naissance du « normcore » déposé, lui a-t-on déjà trouvé un successeur. De l’esthétique de la normalité à celle de l’ennui, on peut toujours faire confiance à la fabrique à concepts américaine.

Pour s’en faire une idée, il suffit de taper « Je me fais iech » sur Twitter ou aller sur les nouveaux services de « live streaming » qui font défiler les contenus postés par l’ensemble des utilisateurs et permettent à des gens qui s’ennuient de voir ce qui se passe dans la vie d’autres gens qui s’ennuient. Sur le site Younow, le cinquième sujet tendance (après « guys », « girls », « music », « dance »), c’est « bored » (qui s’ennuie). Sur VPeeker, où défilent des vidéos mises en ligne sur Vine, vous serez frappés par le nombre d’ados qui filment… leur télévision.

L’abondance de borecore, du rien produit et partagé dans l’indifférence générale, est le problème d’une époque où on a presque toujours sous la main un téléphone équipé d’une caméra mais pas forcément un chaton qui joue du piano à filmer.

Evidemment, les adolescents n’ont pas attendu les nouvelles technologies pour documenter leur désœuvrement. On doit pouvoir trouver quelques hectares de couvertures de cahiers de texte décorées, sans compter des années de journaux intimes et de blogs lus de leurs seuls auteurs. Et la vidéo n’a pas non plus attendu les ados pour raconter l’ennui. En 1963, Sleep, d’Andy Warhol montrait un homme qui dort pendant cinq heures et vingt minutes. Dans les années 1990, des producteurs avaient déjà commercialisé des vidéos de feux de cheminée ou de poulets tournant sur une rôtissoire. Le robinet à borecore, c’est le croisement des deux possibilités.

Pourquoi les jeunes ne s’ennuieraient-ils pas aussi en ligne ? « On se figure communément le rapport que les ados entretiennent avec le numérique comme une relation euphorique placée sous le signe d’un engouement toujours renouvelé. Avec le numérique, on a d’avantage d’outils, de formats, de registres pour vivre l’ennui et l’exprimer », note Joëlle Menrath, qui a conduit en 2014 des entretiens avec 25 adolescents de milieux sociaux et géographiques différents. « Les ados connectés s’ennuient avec leurs outils numériques, comme ils peuvent s’ennuyer à l’école, ou avec leurs parents. C’est troublant pour les adultes qui ont un rapport plus attentif aux écrans. », observe-t-elle. « La lassitude, le trop-plein, l’inintérêt ou encore la disqualification des contenus et des services dont ils font pourtant couramment usage tiennent une large part dans leur discours. Ils sont « gavés », « saoulés », ne leur trouvent « aucun intérêt » et font « ça comme ça, parce que y a rien d’autre ». »

Peut-être faut-il regarder la vidéo du lavabo ou les photos du placard à chaussures comme on faisait auparavant des petites fresques gribouillées sur un carnet à petits carreaux pendant un coup de téléphone. Comme l’écrit Joëlle Menrath dans son étude : « Allumer son ordinateur est un geste désormais équivalent à allumer la lumière de sa chambre. L’ambiance est modifiée, mais la lampe n’occupe pas pour autant le centre de l’attention. »

La prochaine fois que vous tombez sur la photo d’un paquet de cigarettes sur Instagram, relisez cette lettre dénichée par Joëlle Menrath d’un Gustave Flaubert de 17 ans à un de ses amis : « Si je t’écris maintenant, mon cher Ernest, ne mets pas cela sur le compte de l’amitié, mais plutôt sur celui de l’ennui… »

(Source: LeMonde.fr)

Symposium «Qui n’est pas connecté? Internet dans la vie des jeunes»

Symposium 
organisé par le Groupe de Recherche sur la Santé des Adolescents (IUMSP – CHUV), l’Institut des Sciences Sociales (UNIL) et l’Institut de Psychologie (UNIL)

Date et horaire : jeudi 5 juin 2014 8.45 – 17.15
Lieu : Université de Lausanne Bâtiment Anthropole

Ateliers le matin

  • Atelier 1 – Smartphones et réseaux sociaux : La vie privée, c’est fini?
    Dr Sami Coll, chercheur associé, Département de sociologie, Université de Genève
  • Atelier 2 – Harcèlement entre adolescents sur internet : quels sont les enjeux?
    Mmes Claire Piguet, collaboratice de recherche, et Christina Akré, responsable de recherche, GRSA, CHUV
  • Atelier 3 – Une expérience de prévention sur Internet depuis 17 ans: ciao.ch
    Mmes Anne Dechambre, psychologue, et Eva Fernandez, directrice, Association Ciao, Lausanne
  • Atelier 4 – Les problèmes de TIC à l’école : plutôt une question de bien vivre
    Mme Sophie Schubert–Grundisch, Responsable cantonale de la médiation scolaire, Unité PSPS, et M. Jean Schaer, Responsable cantonal des délégués PSPS, Unité PSPS

Ados@internet.ch, état de nos connaissances
- Dr Joan-Carles Suris
- Groupe de recherche sur la santé des adolescents, IUMSP, CHUV, Lausanne
- Cette étude longitudinale menée auprès d’adolescents du canton de Vaud met en contexte l’utilisation d’Internet en tenant compte d’éléments tels que le type d’usage, appareils utilisés pour se connecter, lien avec des conduites à risque, etc. La présentation se centrera sur le profil des usagers ainsi que sur l’évolution de quelques éléments clé pendant le suivi de ces jeunes.

Photos d’ados à l’ère numérique
- Dr Jocelyn Lachance
- Socioanthropologue de l’adolescence, Université de Pau et des Pays de l’Adour
- La jeune génération d’aujourd’hui est la première à avoir grandi sous l’œil de l’appareil numérique avec autant d’intensité, mais aussi avec un appareil personnel dans les mains. Avant de comprendre les risques liés aux usages de l’appareil numérique, il importe de saisir comment il joue un rôle dans la vie des plus jeunes depuis quelques années. À partir du discours de jeunes adultes au sujet de leur adolescence, nous allons décrire comment ces usages s’inscrivent dans le contexte plus large d’une jeunesse hypermoderne aux prises avec des questionnements relativement traditionnels: comment s’autonomiser et comment rencontrer l’autre?

Nouvelle culture des adolescents, nouvelles responsabilités des adultes
- Dr Serge Tisseron
- Psychiatre, psychologue, Université Paris VII Denis Diderot
- Les écrans bouleversent à la fois la construction de l’identité, les attentes vis à vis d’autrui, le rapport à l’espace, au temps, aux images et les formes de l’apprentissage. Des moyens existent de faire évoluer leurs usages vers le meilleur. Certains relèvent de la famille, d’autres des institutions éducatives et d’autres encore des collectivités publiques. (Source: reiso.org)

NetLa – Quiz

Lancé dans le cadre de la campagne de prévention NetLa, un nouveau quiz informe de façon ludique sur la manière de se comporter avec prudence face aux dangers que peuvent rencontrer les jeunes sur Internet et sur les réseaux sociaux. Ce jeu online est aussi disponible sous forme de jeu de cartes. www.netla.ch.

(Source: educa.ch)

Sécurité informatique: arrêtons d’être naïf!

Internet et l’informatique prennent une place de plus en plus importante dans nos vies et nous rendent bien des services. Pourtant, il y a un revers à la médaille : la sécurité informatique trop souvent est soit un domaine inconnu du grand public, soit un sujet de peur. Alors arrêtons d’être naïf !

La plupart du temps, ce sont les sites internet eux-mêmes qui mettent en péril vos données personnelles. Il existe en effet d’innombrables failles de sécurité. Et pas seulement sur les ordinateurs ! Usines, voitures, pass de transport et même les pace maker…Tous peuvent être touchés ? Quelles sont ces failles ? Comment s’en prémunir ? Qui sont les gens qui travaillent dans le domaine de la sécurité informatique ? Quel est leur rôle ? [Source: France Inter]

-> L’émission « La tête au carré » du mercredi 2 avril 2014, sur France Inter

Gérald Bronner: Internet est un incubateur de mythologies contemporaines

Dans son dernier livre, La Démocratie des crédules (PUF), pour lequel il a reçu le prix Procope des Lumières 2014, [Gérald Bronner] met dans le même sac à rumeurs les astrologues, les conspirationnistes du 11 Septembre et ceux qu’il nomme les « précautionnistes », ces lanceurs d’alerte écologique dont il dénonce l’obscurantisme et les méthodes: Gérald Bronner sait choisir ses ennemis. Ce sociologue iconoclaste aime la science d’un amour qu’on peut juger immodéré, moins Internet, ce que deviennent les journalistes et, globalement, le « nouveau marché de l’information », qui, selon lui, pourrait à terme menacer notre démocratie.

Des rumeurs ont récemment amené certains parents à retirer leurs enfants de l’école, où, croyaient-ils, allait leur être enseignée la « théorie du genre« . Auraient-elles pu figurer dans votre livre?

Comme dans certains exemples que j’y relate, tout part d’un groupuscule très organisé et composé d’individus motivés, Egalité et réconciliation, qui diffuse son message bien au-delà de ses espaces de radicalité naturels – l’extrême droite. Il y a vingt ans, il aurait été publié dans un fanzine et serait resté confidentiel. Aujourd’hui, le blog d’où il est parti est l’un des plus consultés de France…  

On invoque souvent le terme de démocratie à propos d’Internet. C’est juste si l’on entend par là qu’en démocratie chacun doit avoir accès à l’information, pouvoir diffuser des informations et s’exprimer. Il est plus douteux de prétendre que ce que l’on peut lire sur Internet, sur un forum par exemple, serait représentatif de l’opinion publique. En effet, on constate que, même sur des médias très modérés, un groupe très structuré comme celui-là peut aisément et rapidement créer une « majorité illusoire », qui n’a plus rien à voir avec la démocratie. 

En l’espèce, le message a été diffusé par SMS et les distributions de tracts à la sortie des écoles ont, semble-t-il, eu sur les parents plus d’effet qu’Internet…

Il n’y a pas de raisons de faire d’Internet un objet particulier : ce n’est qu’un vecteur de diffusion de l’information. D’autres outils, plus anciens, sont toujours actifs. Mais le Web y ajoute sa rapidité. C’est grâce à elle que vous créez de brusques mobilisations. Surtout, la Toile permet de se sentir moins seul, de rendre publics des sentiments qui, auparavant, relevaient de l’intime. Savoir que d’autres partagent les mêmes craintes, les mêmes pensées…  

Rappelez-vous ce bijoutier de Nice qui a tué l’un de ses agresseurs, il y a quelques mois, et la page Facebook de soutien, qui a recueilli plus de 1,6 million de « j’aime ». Une approbation de la loi du talion : il a été attaqué, il s’est défendu,un certain nombre de nos concitoyens ont trouvé qu’il n’y avait là rien de scandaleux. Ce point de vue n’a pas atten du le Web pour être partagé, mais, grâce à Facebook, devient saillant dans l’espace public un sentiment, « c’est bien fait pour sa gueule », qui, sans Internet, serait resté de l’ordre de l’espace privé, de la conversation de comptoir. Là où cela devient pervers, c’est qu’une telle visibilité confère à cette indignation une forme de légitimité, une illu sion de majorité

Ces rumeurs existaient avant Internet… Qu’y a-t-il de nouveau?

L’accélération. C’est fondamental. Prenez la fameuse rumeur des disparues d’Orléans : elle a mis des années à se diffuser. Des embryons de rumeur, il y en a toujours eu. Mais les journalistes, notamment, jouaient le plus souvent leur rôle de « gatekeepers », ils empêchaient les ragots, les théories du complot, les calomnies de se répandre, de sorte que finalement, ces rumeurs, le temps qu’elles atteignent les gens, ne les intéressaient plus. Internet est ce que j’appelle un « incubateur de mythologies contemporaines », parce que de n’importe quel petit objet il fait naître, en quelques heures, une théorie du complot.  

Le jour même des attentats de Boston, on en a recensé quatre différentes ! Auparavant, les théories du complot portaient sur de grands événements historiques, l’assassinat de Kennedy, les premiers pas sur la Lune, Pearl Harbor… Aujourd’hui, n’importe quel micro -événement peut donner lieu à une théorie du complot, et ajouter une pièce de plus au gigantesque millefeuille conspirationniste.  

C’est aussi vrai pour les personnalités. Il fallait une certaine notoriété pour engendrer des croyances : Marilyn Monroe a été tuée, Elvis Presley est encore vivant… En 2012, dès que la mort de Richard Descoings, alors directeur de Sciences po Paris, inconnu du grand public, a été annoncée, des rumeurs ont commencé à circuler sur Internet sur les circonstances de son décès. Avec une bonne mise en scène de faits réels, n’importe qui peut attiser la suspicion. C’est l' »effet Othello », qui, manipulé par Iago, finit par croire, contre toute raison, que Desdémone l’a trahi… 

Vous dénoncez tout particulièrement dans votre livre les croyances des « précautionnistes », certains défenseurs de l’environnement et lanceurs d’alerte. Pourquoi eux et pas les lobbys industriels ou politiques, dont on pourrait penser qu’en matière de manipulation ils sont bien mieux armés?

J’ai vu récemment une publicité pour Greenpeace dans le métro, bien faite mais trompeuse. On y voyait un énorme paquebot et, dans son ombre, un tout petit esquif, avec un slogan qui ressemblait à ça : « Ils ont le pouvoir, nous avons la motivation. » Mais le pouvoir, sur le marché de l’information, c’est précisément la motivation ! Le pouvoir, sur Internet, c’est ça : quand vous tapez  » ondes danger  » sur Google, en majorité, les 30 premiers résultats renvoient à des ONG écologistes, alors que Bouygues Télécom a les moyens de payer des officines pour y figurer en bonne place – et le fait certainement, mais sans y parvenir.

Les journalistes ne sont pas aux ordres des intérêts économiques ou politiques, c’est la même chose pour le marché général de l’information. Cela ne veut pas dire que les entreprises ou les politiques ne cherchent pas à nous manipuler. Mais ils se font plus facilement prendre la main dans le sac, désormais. Témoin, l’intervention américaine en Irak. Dans des conditions aussi extrêmes qu’un conflit majeur dans ce pays lointain, avec des possibilités limitées de vérifier l’information, l’affaire a été éventée. Il a certes fallu pas mal de temps et une guerre, mais, alors qu’une partie de la presse américaine était au garde-à-vous, la vérité a fini par sortir. 

Vous n’êtes pas tendre non plus avec les journalistes, dont vous dites qu’en matière de rumeurs, ils ne jouent plus leur rôle de paratonnerre…

Les journalistes sont les victimes d’une structure de situation, le « dilemme du prisonnier » : dans l’ignorance de ce que vont faire leurs concurrents et par peur d’être devancés dans la course à l’information, ils sont forcés à une surenchère aveugle et irrationnelle. Je n’épargne pas plus les journalistes que je ne les attaque : j’analyse un système. 

Là encore, la concurrence dans la presse n’est pas née avec Internet…

La pression concurrentielle existait avant Internet, c’est vrai. Aux Etats-Unis, elle est à l’origine de la pipolisation de la vie politique, née des affaires Clinton. Avant, il y avait bien des rumeurs, mais elles transpiraient peu dans la presse. Et puis est apparue Fox News, et un regain de pression concurrentielle, plus de chaînes, le câble, et, parmi tous ces nouveaux acteurs, un qui ne joue pas le jeu. Les autres ont été obligés de suivre. On peut se justifier de toutes les manières possibles, avancer des arguments vertueux, dire qu’il ne faut pas cacher l’information au public, que François Hollande s’est mis en danger… La vérité, c’est qu’il y a une appétence du public pour ces questions, une demande et que, concurrence oblige, quand il y a demande, il y a offre. 

Vous défendez la démocratie représentative contre la démocratie participative ou ce que vous appelez la « démocratie cognitive », une société où la connaissance serait le fait de tous…

Je ne suis pas opposé à la démocratie participative ou délibérative. Mais elle suscite une telle adhésion inconditionnelle qu’elle en devient idéologique, notamment chez quelques-uns de mes confrères, les chercheurs en sciences sociales, et chez beaucoup de politiques. Certains processus collaboratifs sont bons pour l’intérêt général, comme Wikipédia. Faut-il pour autant rester béat devant tout phénomène de collaboration ? Vos lecteurs seraient-ils d’accord pour qu’on détermine la valeur du nombre pi à la majorité? Tout ne se décrète pas à l’applaudimètre. 

Mais n’est-il pas normal, puisque c’est un sujet qui vous tient à coeur, de demander leur avis sur des lignes à haute tension à ceux qui vont vivre dessous?

C’est effectivement légitime. Mais il y aurait une certaine naïveté à croire que les délibérations d’un groupe personnellement affecté par la présence de lignes à haute tension seraient nécessairement favorables à l’intérêt général. Tout le monde veut un téléphone portable, personne ne veut d’antenne relais; tout le monde veut de l’électricité, personne ne veut de ligne à haute tension ; personne ne veut du nucléaire… ni payer son électricité trop cher. Quel plus grand conflit d’intérêts que celui de ces riverains à qui on demande de se prononcer sur l’utilité collective d’infrastructures qui perturbent leur environnement?  

Il y a une forme de démission du politique dans ce genre de dispositif. Quand ces revendications sont d’ordre scientifique ou technologique, j’estime que nous nous mettons en danger collectif. Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, je dis qu’il faut le faire avec beaucoup de précautions. Il n’est que de voir la façon dont le grand débat national sur la transition énergétique a été organisé… Une gabegie. Et une bien mauvaise utilisation de la démocratie participative. 

Vous allez jusqu’à parler de populisme. Qu’est-ce qui est le plus populiste aujourd’hui : chercher une alternative au pétrole et au gaz ou défendre l’industrie automobile? Faire du gaz de schiste une solution à la crise ou demander aux Français de réduire leur consommation d’énergie?

Le populisme, c’est le débouché politique donné aux pentes les moins honorables de notre esprit. C’est évident en matière de morale : la xénophobie, le sexisme, tout le monde comprend. Dans les cas de figure que vous me citez, le fait d’inciter à une consommation aveugle en faisant croire que les réserves énergétiques sont infinies est populiste. Mais c’est une autre forme de populisme que d’avancer des risques sismologiques ou de contamination des nappes phréatiques sans réalité scientifique à propos des gaz de schiste. Ce n’est pas parce que deux points de vue sont opposés qu’ils ne sont pas également populistes ; cela ne veut pas dire pour autant que dans tous les cas la voie du milieu est la plus sage. 

Comment ce discours est-il reçu par vos collègues?

Mon discours agace cette partie de la sociologie des sciences qui est relativiste, pragmatiste dans le meilleur des cas. J’essaie de penser les choses de façon méthodique, et c’est une position minoritaire dans l’espace des sciences sociales, globalement gouverné par une pensée dite critique, qui conçoit le système social comme un système de domination de certains groupes sur d’autres – ce qui peut être vrai, mais est souvent présenté de manière trop unilatérale pour être crédible. Elle en déduit que la sociologie doit être une sociologie de dénonciation, en fait un outil politique, ce que je récuse.  

On ne peut pas être neutre : ce serait naïf, l’objectivisme. Mais on peut essayer de penser ses propres positions pour prendre un peu de distance avec elles. Je ne crois pas que la sociologie soit un sport de combat. La sociologie a une vocation scientifique, mais elle s’égare parfois dans l’idéologie. Le problème, avec les idéologues, c’est que vous êtes avec eux ou contre eux.Comme je rejette professionnellement cette vision politique, je ne suscite pas toujours l’admiration de mes collègues. Qu’y puis-je ?  (Source: L’Express)

Un concours pour prendre conscience de nos responsabilités et de nos droits sur internet

Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) ont radicalement changé notre façon de travailler, de vivre, et de communiquer. Ils touchent à tous les domaines de notre vie, créent des nouveaux débats de société et des défis au-delà des frontières nationales.

Internet apporte de nouvelles possibilités de développement, de coopération, de commerce, d’éducation et de participation citoyenne. Les réseaux sociaux et les communications mobiles ont ainsi pris le devant de la scène dans l’exercice de la liberté d’opinion et d’expression. Toutefois, l’augmentation de la participation citoyenne dans le cyberspace s’accompagne d’une recrudescence de la censure, du filtrage et de la surveillance.

Nous invitons les élèves du secondaire à réfléchir à un aspect primordial  de la société de l’information, celui du respect des droits de l’Homme sur Internet. […]

Les objectifs du concours sont de permettre aux élèves :
– de comprendre les enjeux qui sont liés à l’exercice d’un droit de l’Homme ;
– de découvrir une thématique de la coopération internationale ;
– de formuler une réflexion critique de l’actualité ;
– d’exprimer leur créativité et leur imagination.

Plus d’informations: Fondation Eduki.

(Source: Fondation Eduki par educa.ch)

Passe ton permis internet d’abord

L’émission Sonar (RTS) se penche sur le « permis internet » de l’Education nationale.

En France, le bon usage d’internet va être enseigné à l’école. Dès janvier, tous les élèves de 9 à 11 ans vont être sensibilisés à la manière dont on doit se conduire sur le web et les réseaux sociaux. A l’issue de plusieurs séances de 45 minutes dispensées par les enseignants, qui s’appuieront sur un kit, un test devra être passé et un permis internet pour récompenser ces « nouveaux internautes responsables » sera délivré. Cette vraie politique de sensibilisation au web en milieu scolaire tranche avec l’attitude nonchalante des autorités suisses en la matière. (Source: RTS)