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Ecole romande: la peur des médias sociaux

La formation générale MITIC du Plan d’étude romand (PER) pourrait bénéficier de l’exploitation pédagogique des médias sociaux en classe.

Savez-vous que les deux tiers des enfants de treize ans utilisent tous les jours ou presque un réseau social pour s’informer et communiquer avec leurs pairs?

Les jeunes vivant en Suisse sont toutes et tous équipé-e-s d’un smartphone utilisé intensément pour communiquer et s’informer. Selon l’étude JAMES près de 90% des jeunes ont un compte sur un réseau social. A treize ans, la moitié interviennent quotidiennement ou plusieurs fois par semaine sur Facebook. Les 18-19 ans sont 91%. Instagram a aussi la cote pour poster des photos de même que Google+ qui est en forte progression. La plupart ont plusieurs comptes, ce qui signifie que le pourcentage des jeunes qui font un usage intense des médias sociaux est bien plus élevé.

L’audience de la presse diminue. L’audience du journalisme d’information diminue tandis qu’augmente la consommation de contenus d’info-divertissement à forte charge émotionnelle et sans mise en perspective, révèle la dernière étude sur la qualité des médias de l’Université de Zürich (étude fög). La part de jeunes adultes qui s’informent régulièrement par les journaux imprimés payant, la télévision et la radio diminue. Simultanément on observe que croît la part des jeunes qui cherchent à s’informer par des canaux alternatifs aux médias traditionnels, avant tout par les médias sociaux.

La propagation des nouvelles par bouche à oreille augmente. Un nouveau phénomène se fait jour chez les adolescent-e-s et les jeunes adultes: le partage d’information sur le mode de la propagation virale par les réseaux sociaux. Voie royale pour la diffusion de rumeurs et la désinformation. D’un clic on retransmet ou on «like» l’information, avant même d’avoir envisagé les conséquences de son action.

Par ailleurs, les stratégies marketing des marques exploitent les réseaux sociaux pour communiquer directement, librement, avec les jeunes en les incitant par des contenus attractifs ou des jeux à se faire leurs agents auprès de leurs ami-e-s ou contacts. Or distinguer information et publicité ne semble pas aller de soi. Une récente étude réalisée en Grande-Bretagne révèle que 60% des jeunes âgé-e-s de 12 à 15 ans n’identifient pas les liens sponsorisés qui résultent d’une recherche avec Google comme de la publicité (lire l’article). Pour les plus jeunes, c’est encore pire!

Suspicion vis-à-vis des écrans. En quelques années, les réseaux sociaux se sont répandus dans le grand public. Dans le même temps où les pratiques culturelles et les habitudes de vie des jeunes ont profondément changé consacrant les écrans comme support privilégié de la communication et de l’accès à l’information, on constate que les milieux de l’éducation les considèrent avec suspicion. Entre l’école et les jeunes, il y a un grand fossé numérique (lire l’article «L’école et les jeunes, le grand écart du numérique»).

En Suisse romande, les discours dominants sur les réseaux sociaux sont focalisés sur les risques et les dangers. Bien réels, certes, mais ceux qui tiennent ces propos ne s’intéressent que peu aux aspects positifs comme le fait que ces nouveaux moyens permettent de favoriser les échanges et la collaboration. Des journées cantonales, des conférences, des ateliers, des sites et des pages web, des guides, des flyers, des bandes dessinées, des albums illustrés, des jeux vidéo, des fil Twitter, des pages Facebook ont pour leitmotiv la prévention et la promotion de la santé vis-à-vis des écrans en général et de l’usage des réseaux sociaux en particulier. Offices fédéraux, cantons, communes, établissements scolaires, associations de parents, ONG proposent des mesures de prévention et communiquent à ce sujet. C’est une véritable croisade!

Et la pédagogie des médias dans tout cela? Elle y tient une place secondaire ou est simplement totalement ignorée. Peut-on raisonnablement développer les compétences médiatiques des jeunes comme le prévoit le Plan d’étude romand (PER), en particulier vis-à-vis de cette nouvelle espèce de média, sans les utiliser dans un cadre éducatif. En Suisse romande, on semble le croire tant sont rares les propos qui envisagent les usages scolaires des réseaux sociaux. Pourtant les digital natives ont appris à utiliser les médias sociaux par eux-mêmes et avec leurs pairs. Quel danger y aurait-il à s’en servir en classe, puisqu’ils/elles les utilisent déjà massivement?

Outre la prévention qui pourrait bénéficier de conseils donnés en situation par les pédagogues, les réseaux sociaux peuvent être utilisés comme outils au service d’objectifs pédagogiques les plus variés. Par exemple, en diffusant des contenus informatifs par le truchement d’un journal de classe ou d’établissement. La communication avec les parents pourrait aussi en bénéficier.

Renforcer les compétences de l’ensemble des élèves de chaque classe d’âge à utiliser les médias numériques de façon responsable est une mission fondamentale de l’école publique pour éviter la fracture numérique entre jeunes provenant de milieux sociaux différents.

Peut-on en attendre des plus-values pédagogiques des médias sociaux?Oui, bien sûr: développer l’esprit critique, favoriser l’autonomie, entretenir la motivation, développer la collaboration, enrichir les moyens d’expression (écrite et audiovisuelle), développer les compétences communicationnelles. En Belgique, on l’a bien compris. La Fédération Wallonie-Bruxelles communique pour montrer tous les bénéfices que l’on peut tirer des usages scolaires des réseaux sociaux. Une brochure vient de paraître: A la conquête des réseaux sociaux dans l’enseignement: usages professionnels et pédagogiques (lire la brochure). Tout un programme!

La ministre de l’éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles déclare dans son introduction: «À l’heure d’une transition vers le numérique annoncée, le défi est lancé: exploiter les réseaux sociaux pour en faire un usage pédagogique et offrir ainsi une plus-value à tous les enseignements!». Voilà qui tranche avec les discours timorés de Suisse romande.

(Source: blog de Jean-Claude Domenjoz)


Références

Formation générale MITIC, Plan d’étude romand (PER), Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP).

Isabel Willemse et al, JAMES – Jeunes, activités, médias – enquête Suisse, Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW), Zurich, 2014.

Qualité des médias, Forschungsinstitut Öffentlichkeit und Gesellschaft (FOEG), Universität Zürich, 2015.

Henry Mance, «Young ‘digital natives’ naive about internet advertising», Financial Times, 20 November 2015.

A la conquête des réseaux sociaux dans l’enseignement, Cellule Projets TICE, Fédération Wallonie-Bruxelles, septembre 2015.

Faut-il interdire les téléphones et tablettes des élèves dans les écoles comme le demande des députés jurassiens?

Certains souhaitent interdire les appareils personnels numériques des élèves en classe. C’est un non-sens. Une brochure de l’OFAS explique les enjeux du numérique pour l’école.

Téléphones portables et tablettes doivent être bannis des écoles primaires demandent des députés du Parlement jurassien. […] Motif: «prévenir les phénomènes de harcèlement et de violence liés à une utilisation abusive des portables». Les députés mentionnent le filmage à leur insu des enseignant-e-s pendant les cours, l’enregistrement d’images dans les vestiaires des douches et les pratiques consistant à filmer la victime d’une agression physique («happy slapping» ou «vidéoagression»). Tout en mentionnant que la violence n’est pas en augmentation dans les écoles, ils disent leur souci des graves répercussions sur les victimes de telles pratiques.

Cette initiative fait suite à la décision prise par les autorités de Moutier d’obliger les élèves des écoles primaires de la ville de remettre leurs téléphones portables avant d’entrer en classe (article du Matin).

Certes, ces appareils peuvent être utilisés à mauvais escient, mais l’interdiction n’est pas une solution. Si l’on suit ce raisonnement, les compas utilisés pour dessiner des constructions géométriques auraient dus être proscrits en classe depuis longtemps! Ne présentent-ils pas des risques évidents de se blesser, ou pire…

Les risques liés à l’usages des appareils numériques connectés, tels que smartphones et tablettes par les enfants et les adolescents préoccupe. Certains organismes non gouvernementaux en font leur fonds de commerce. C’est aussi un des arguments présentés par celles et ceux qui ne veulent pas que l’école bouge. Pourtant, notre société est en mutation rapide, les médias, images et technologies de l’information et de la communication (MITIC) sont omniprésents tant dans notre vie quotidienne qu’au travail.

Interdire les appareils numériques à l’école est un non-sens. Au contraire, l’école doit profiter de l’équipement personnel des élèves (97% possèdent un smartphone) pour développer leur usage éclairé des MITIC (lire mon article L’école et les jeunes, le grand écart du numérique). Savoir se servir des médias numériques de manière appropriée en faisant preuve de responsabilité est indispensable aujourd’hui. Le développement des compétences médiatiques des élèves est inscrite dans le Plan d’étude romand.

L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a publié récemment une brochure intitulée Compétences MITIC à l’école (document au format pdf) à l’intention du corps enseignant, des directions et des responsables d’établissement. Il fournit des conseils et des pistes d’action pour développer les compétences médiatiques des élèves à l’école. Ce document explique les enjeux de l’usage des MITIC dans le cadre scolaire et propose de nombreuses ressources pour le développement des usages des outils et médias numériques dans le cadre scolaire. La problématique de la sécurité y est amplement abordée. […]

(Source: Blog de Jean-Claude Domenjoz)

L’école et les jeunes, le grand écart du numérique

L’étude JAMES 2014 vient de paraître: 97% des jeunes vivant en Suisse possèdent leur smartphone. Cet appareil qui se glisse dans la poche peut emporter nombre de ressources et d’applications pour apprendre et communiquer. Mais à l’école les téléphones portables restent habituellement interdits.

Selon l’étude JAMES 2014 (Jeunes activités médias – enquête Suisse) réalisée par la Haute école zurichoise en sciences appliquées (ZHAW), 97% des jeunes vivant en Suisse possèdent leur smartphone; 87% l’utilisent pour surfer sur Internet, 88% pour écouter de la musique, 68% pour prendre des photos ou filmer, 61% pour échanger des courriels, 53 pour jouer à des jeux. Près de 90% des jeunes ont un compte sur un réseau social quel que soit leur âge.

L’étude JAMES est réalisée depuis 2010 auprès de 1000 adolescent-e-s de 12 à 19 ans des trois régions linguistiques. Elle porte sur les activités de loisirs avec ou sans médias. Cette étude, effectuée pour la troisième fois en 2014, permet donc de faire des comparaisons et de mettre en évidence des tendances. Parmi celles-ci, on peut relever que les smartphones sont de plus en plus utilisés pour d’autres fonctions que téléphoner. La plus importante évolution constatée concerne l’utilisation de l’Internet mobile: 87% des jeunes surfent quotidiennement avec leur smartphone, alors qu’ils/elles étaient seulement 16% en 2010.

Les jeunes utilisent en masse les terminaux de téléphonie mobile ainsi que les ordinateurs, tablettes et autres appareils numériques dont leurs foyers sont équipés. La variété de l’utilisation des appareils et de leurs activités préférées témoigne de l’aisance technique avec laquelle les jeunes vivant en Suisse s’adaptent à l’évolution extrêmement rapide des moyens et applications numériques. Cependant les savoirs et les compétences que les adolescentes et adolescents ont acquis essentiellement pas des activités de loisirs restent limitées et doivent être approfondies et développées.

Il faut cependant constater en revanche qu’à l’école les smartphones restent interdits! A l’exception de rares projets pilotes menés ici ou là.

Voici, à titre d’exemple, les règles édictées dans un établissement public du secondaire II du canton de Genève qui accueille des élèves se destinant à des professions commerciales et qui pour partie préparent la maturité professionnelle commerciale:

«Les téléphones portables, appareils et autres gadgets électroniques doivent être éteints durant les cours et rangés dans le sac (y compris les écouteurs).  Ils ne peuvent pas être utilisés comme agenda, calculatrice, écran télévisuel, vidéo ou montre. Leur utilisation (sous toutes ses formes) est strictement INTERDITE dans toutes les salles de classe. Les appareils des contrevenants peuvent être confisqués.»
Ecole de Commerce Aimée-Stitelmann, Guide de l’élève, sept. 2014 (en ligne, consulté le 20.2.2015)

Comme souvent dans le monde scolaire, les téléphones portables sont assimilés à des objets ingénieux, futiles, qui plaisent plus par leur nouveauté que par leur utilité. Une affaire de mode, donc. Au lieu de s’en servir comme des outils pour s’informer, apprendre, communiquer, expérimenter…

Pourtant les usages du numérique se multiplient dans la vie quotidienne aussi bien que professionnelle. L’essor des technologies numériques et de l’Internet bouleverse notre société. De nouvelles compétences numériques et médiatiques sont nécessaires pour travailler et tout simplement agir dans la vie quotidienne.

Comment l’école publique pourrait-elle rester en dehors de cette dynamique? C’est un défi et une chance de permettre notamment aux élèves d’être plus actifs et autonomes dans leur travail et leurs apprentissages. Comment l’école pourrait-elle développer efficacement la réflexion sur les applications, les services, les contenus, les technologies de la communication et un regard critique sur leurs usages tout en interdisant l’utilisation?

Pourquoi ce qui est possible à l’école primaire communale d’Arth-Goldau (Schwytz) avec de jeunes enfants ne serait-il pas possible dans d’autres établissements? Les enfants y apprennent à utiliser leur appareil personnel (smartphone, tablette) tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’école comme un outil de travail et d’apprentissage, tout en développant un point de vue critique. Le Gymnase intercantonal de la Broye, à Payerne, développe et encourage aussi depuis plusieurs années l’usage des ordinateurs des élèves.

Ce n’est pas simple d’intégrer ces «nouveaux» outils en classe… Certes. Mais il faut aller de l’avant. Former le corps enseignant et les cadres du système éducatif. Un recyclage est à prévoir. Vite.

Le coût ? Ah, le coût ! C’est le motif habituellement donné pour être sûr de maintenir le statu quo. Mais si les élèves apportent leur propre équipement, l’argument tombe!

Un concept a été forgé pour cela, le «Bring Your Own Device» (BYOD), soit «apportez vos appareils personnels». Une pratique qui consiste à utiliser en classe ou dans un contexte professionnel son équipement personnel (téléphone, ordinateur portable, tablette) comme à Arth-Goldau.

Comme le disait une institutrice de cette école: «Il vaut mieux avoir les portables sur la table qu’utilisés en cachette sous la table!»

(Source: Blog de Jean-Claude Domenjoz)

Faible utilisation des ordinateurs par les élèves dans les classes suisses

Une récente étude (ICILS 2013) nous apprend qu’un élève sur trois seulement (34%) utilise un ordinateur à l’école au moins une fois par semaine en 2e année du secondaire I (10e Harmos) en Suisse.

C’est un des résultats mis en évidence par l’étude International Computer and Information Literacy Study (ICILS 2013, 305 p., pdf) réalisée dans 20 pays par l’International Association for the Evaluation of Educational Achievement (IEA) et l’Australian Council for Educational Research (ACER). En Suisse, un consortium composé de neuf institutions de l’enseignement supérieur a été créé pour réaliser cette étude. Fin novembre, il a publié un rapport très intéressant (100 p., pdf). Quelques résultats inquiétants ont retenu mon attention.

Cette recherche a porté sur les compétences informatiques et médiatiques des élèves, sur l’utilisation de l’ordinateur et de l’internet dans et hors du cadre scolaire, sur les usages et les représentations du corps enseignant, ainsi que des problématiques connexes. L’échantillon national comprenait 3’325 élèves, 796 enseignants et enseignantes, 144 directeurs, directrices et responsables TIC.

Les élèves suisses ont obtenus des résultats moyens en ce qui concerne leurs compétences informatiques et médiatiques en comparaison internationale. Les élèves de Suisse romande et du Tessin obtiennent en moyenne des résultats inférieurs à ceux de Suisse alémanique.

La Suisse se situe au milieu du classement, en 9e position sur 20 pays, bien qu’avec des résultats un peu supérieur à la moyenne. Les élèves dont le statut socioéconomique des parents est le plus faible obtiennent des valeurs clairement inférieures.

En revanche, la Suisse est un des rares pays de l’échantillon où garçons et filles ont obtenus des résultats globalement égaux. C’est réjouissant.

Les enseignants et les enseignantes font nettement moins utiliser les ordinateurs comme outils de travail en classe que les autres pays. Un tiers des élèves ont déclaré utiliser au moins une fois par semaine les ordinateurs à l’école, tous usages confondus […]. Donc deux sur trois ne les utilisent même pas une fois par semaine ! […]

Moins d’un élève sur dix est appelé à utiliser régulièrement un ordinateur en classe comme outils pour apprendre, rechercher de l’information, faire des expériences, collecter et analyser des données, produire des documents, communiquer, collaborer, etc. Les possibilités d’usages pédagogiques des ordinateurs, tablettes, smartphones sont si riches qu’il est difficile de les inventorier.

L’usage fréquent des outils informatiques dans les classes de notre pays est donc toujours l’exception (6% à 9%, en vert dans le graphique). On conviendra qu’il existe une bonne marge de progression…

Les ordinateurs sont utilisés deux à trois fois moins dans les classes suisses par rapport à la moyenne des pays participants ! A l’exception des cours d’informatique et TIC où 40% des élèves les utilisent fréquemment (moins cependant que la moyenne et que la plupart des autres pays). Une question s’impose: que font donc les élèves pendant un cours d’informatique et de TIC s’ils n’utilisent pas un ordinateur ?

Pourtant, ce ne sont pas les ordinateurs qui manquent dans nos écoles. Le ratio élève/ordinateur est en Suisse de 7 pour 1. On pourrait souhaiter que chaque élève dispose de son ordinateur personnel, mais c’est une bonne moyenne en comparaison internationale.

La Turquie, la Thaïlande, l’Australie obtiennent des résultats significativement meilleurs que la moyenne des pays participants et de la Suisse en particulier. Pourtant le nombre d’élèves par ordinateur est de 80 en Turquie et de 14 en Thaïlande. En Australie, il y a un ordinateur pour 3 élèves.

La Thaïlande est le pays où les ordinateurs sont utilisés en classe avec le plus d’intensité, quatre à six fois plus qu’en Suisse dans tous les champs disciplinaires (à l’exception de l’informatique). Cela veut dire par exemple qu’en sciences naturelles, si les élèves sont 7% à les utiliser fréquemment en Suisse, en Thaïlande ils sont 45%. En langue de test (français en Romandie) ils sont respectivement 6% et 36%. Pourtant, selon l’indice de développement économique de la Banque mondiale (PIB par habitant), la Suisse et la Thaïlande occupent respectivement le haut et le milieu du tableau.

Trente ans après le début de l’introduction de micro-ordinateurs dans les écoles, comment cela est-il possible ? Ne serait-on pas en droit d’attendre d’un pays hautement industrialisé et riche que les outils informatiques soient utilisés de manière banale dans les écoles ?

La maîtrise et l’usage éclairé des technologies numériques, et plus largement des médias, est un enjeu pour notre pays. Dans un récent article, nous avons rappelé l’existence en Suisse d’une fracture numérique que l’école publique devrait aussi contribuer à combler. Elle n’en prend pas le chemin.

Qu’en pensent les acteurs de l’instruction publique, les hommes et les femmes politiques, les acteurs de l’économie, les citoyens et les citoyennes ?

Références

International Computer and Information Literacy Study – Preparing for Life in a Digital Age, International Association for the Evaluation of Educational Achievement (IEA), 2014.

Étude internationale sur la compétence informatique et médiatique (ICILS 2013), Suisse First Findings, Consortium icils.ch, 2014.

(Source: Blog de Jean-Claude Domenjoz)