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Quand je serai grand, je serai youtubeur!

Gagner sa vie en faisant des vidéos sur le Web, c’est possible, mais est-ce que c’est vraiment un métier?  Selon Rémi Sello, «Youtubeur, c’est un métier, mais c’est un statut difficile à atteindre; on ne devient pas Cyprien ou Norman sur un claquement de doigts. Aujourd’hui il y a plusieurs dizaines de personnes qui ont la chance d’en vivre en France. L’objectif est d’avoir suffisamment de visibilité, et donc de vues pour gagner de l’argent grâce aux publicités.»

Vidéo: Rémi Sello, créateur d’une chaîne consacrée aux youtubeurs (Source: 20 minutes – 28 octobre 2014)

Les YouTubers comiques constituent la majorité des YouTubers. Le principe est simple et efficace: des jeunes se filment chez eux devant une caméra grand angle et racontent des situations comiques de la vie quotidienne. Ils illustrent leurs propos par des mises en situation souvent burlesques et contrastant avec leur exposé «froid» des faits. L’identification est aisée, le rire facile, le public conquis.

Les «gamers» ont également le vent en poupe. Ils se filment en train de tester des nouveaux jeux vidéos, livrent leurs impressions et donnent quelques astuces à leurs fidèles adeptes. Aujourd’hui, ces gamers auraient plus de succès que les sites professionnels de jeux vidéo, dépassant le million de vues pour certaines vidéos. La frontière entre ces deux mondes est néanmoins très étroite… et parfois floue. Ainsi, certains éditeurs dépenseraient plus de 15 000 euros pour qu’un gamer parle de l’un de leurs jeux sur sa chaîne YouTube.

Une troisième catégorie de YouTubers regroupe ceux qui se spécialisent dans le conseil. Cette catégorie est plutôt féminine: des «vlogueuses» (contraction de «vidéo» et «blogueuse») y livrent leurs astuces beauté. Nous les voyons se maquiller face à la caméra, pour un résultat «avant-après» souvent époustouflant. Bien sûr, les promotions des produits de beauté ne sont pas toujours gratuites: de nombreuses vlogueuses se voient offrir des produits par des grandes marques, qui leur demandent de les promouvoir… ou de se taire en cas de mécontentement. (Source: Références – 28 août 2014)

Le mécanisme de revenus sur YouTube est assez complexe à appréhender. En effet, certaines chaînes, appartenant à la même thématique, génèrent plus de revenus que d’autres. Il serait faux de penser que chaque vue sur YouTube génère des revenus. Certaines vues ne sont pas monétisables, et ne génèrent donc pas d’argent. Par exemple, à l’heure actuelle, les vues sur appareils mobiles ne génèrent pas, ou du moins très peu, de revenus. En effet, YouTube n’a pas encore implémenté les publicités sur les smartphones. Les vues mobiles ne sont donc pas monétisables pour la plus grande partie.

Un internaute ayant installé un module « Adblock »  (permettant de bloquer purement et simplement les publicités) va également générer des vues non-monétisables (les publicités n’étant jamais affichées).

Ensuite, les revenus varient selon plusieurs critères:

  1. La saisonnalité: il existe des mois creux et des mois plus intéressants en termes de revenus. Ainsi, si certains mois sont bas (janvier, février, juillet et août), le RPM (revenu pour 1000 vues) repart à la hausse au mois de mars-avril, puis au mois de septembre-octobre, pour atteindre son apogée au mois de décembre.
  2. Le pays de visionnage: les annonceurs ne payent pas partout de la même façon. Les annonceurs aux Etats-Unis paient globalement mieux qu’en France.
  3. La typologie des annonces: les publicités génèrent plus ou moins de revenus selon leur type. Par exemple, les bannières sont moins intéressantes en termes de revenus que les annonces vidéos non désactivables, qui s’affichent avant (preroll), pendant (midroll) ou après la vidéo (postroll).
  4. Le contenu de la vidéo: insérer des grossièretés dans les titres des vidéos peut rendre cette vidéo non monétisable; Google a des mécanismes pour détecter rapidement si les métadonnées d’une vidéo nouvellement mise en ligne contiennent des obscénités et peut en conséquence couper les pubs sur la vidéo en question. Si vous utilisez des extraits vidéos de plus de 30 secondes d’une autre vidéo, votre vidéo pourra être détectée automatiquement par l’autre partie, qui pourra au choix, revendiquer votre vidéo ou pire, la bloquer et/ou la supprimer.
  5. Le sponsoring: une chaîne bénéficiant d’une campagne de sponsoring verra son RPM (revenu pour 1000 vues) augmenter de manière significative. (Source: Wizdeo)

 

La publicité a rapporté 4 milliards d’euros à Youtube en 2013. Plus les contenus à succès sont nombreux, plus la société peut élargir son marché publicitaire. Elle a donc tout intérêt à encourager les créateurs de vidéos à succès. Elle leur propose donc un partage des revenus publicitaires. Pour 1000 vues, le vidéaste touchera environ 1 euro 50. C’est donc à partir d’un million de vues que les choses sérieuses commencent. Dans plusieurs villes, Youtube met également des studios et du matériel à disposition des créateurs de contenu.

Afin de lutter contre le piratage, Youtube, donne la possibilité de créer une empreinte numérique d’une œuvre. Si celle-ci apparaît sur une autre vidéo, elle est détectée et la monétisation de la vidéo est reversée à l’ayant-droit. Mais l’algorithme ne fait pas dans la finesse : la présence d’un court passage d’une œuvre protégée suffit à démonétiser une vidéo.

Or, de nombreux youtubeurs font des emprunts à des œuvres couvertes par le copyright, soit pour réaliser des critiques, soit pour les ambiances. Un youtubeur comme Antoine Daniel, qui commente des vidéos trouvées sur le net, a ainsi vu plusieurs de ses vidéos démonétisées.

De nombreux youtubeurs ont fait le choix de développer des produits dérivés: t-shirts, coques de téléphone, applications mobiles. La websérie Le visiteur du futur, diffusée gratuitement sur le net, proposait des DVD à la vente ainsi que des accessoires à l’effigie de la série. Cyprien gère une boutique en ligne entièrement dédiée à ses produits dérivés.

Il est également possible de se tourner vers des entreprises pour réaliser des contenus sponsorisés, ce qu’a fait Norman avec Crunch. Au risque de perdre la liberté qui caractérise les contenus internet. (Source: France 4)

Youtube est un véritable business plutôt insoupçonné et dont on connaît mal le chiffre d’affaires. Si l’on élimine les chaînes des stars, en particulier des chanteurs, qui rapportent à ces artistes très gros (Rihanna et Justin Bieber auraient gagné, depuis leur inscription jusqu’en juin 2013, 9.4 millions de dollars chacun) ce sont les chaînes humoristiques qui sont les plus suivies et qui engrangent le plus de gains pour leurs créateurs.

De son propre aveu, Norman de la chaîne NormanFaitDesVidéos gagne bien sa vie avec une seule vidéo par mois, tandis que les gains de Cyprien se montent à 750 000 dollars gagnés en près de 8 ans. (Source : économiematin.fr – 24 juin 2014)

Questions – cycles 2 et 3

  1. D’où provient l’argent gagné par un youtubeur?
  2. Comment les youtubeurs s’y prennent-ils pour gagner davantage d’argent?
  3. Penses-tu que les publicités sur YouTube rapportent de l’argent aux annonceurs?

Questions – cycle 3

  1. Comment réagirais-tu si quelqu’un utilisait un extrait d’une vingtaine de secondes d’une de tes œuvres (sans t’en demander l’autorisation)?
  2. Dans quels buts, utilises-tu YouTube? Utilises-tu d’autres chaînes vidéo?
  3. As-tu créé (ou envisages-tu de créer) une chaîne YouTube? Quel est son thème et ses buts?
  4. Quels autres services de Google utilises-tu? Quels en selon toi les avantages et les risques?

 

Pour aller plus loin

YouTube (Wikipédia)

Les revenus de la pub sur youtube.ch (RTS – On en parle)

Top 30 des youtubeurs français les plus drôles ou intéressants (Topito)

Le salaire des youtubeurs les plus célèbres (brandandcelebrities)

Cyprien parle de ses revenus gagnés sur Youtube (Le Grand 8)

Revenus des partenaires YouTube (Google)

 

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Les ados commencent à bouder Facebook

Facebook commence à être utilisé moins fréquemment par les adolescents. Le réseau social affiche néanmoins un chiffre d’affaires en hausse de 60% sur un an. […] Le directeur financier du groupe, David Ebersman, a déclaré au cours d’une téléconférence que le ratio d’insertion de publicités, légèrement supérieur à 5% du nombre de publications sur les « pages » des utilisateurs, n’augmenterait pas beaucoup à l’avenir.

Ses déclarations et les commentaires de la direction laissant entendre que les utilisateurs adolescents commençaient à utiliser Facebook moins fréquemment, ont atténué l’impact des résultats meilleurs qu’attendu. […]

La publicité sur mobile a représenté 49% de l’ensemble de ses recettes publicitaires au troisième trimestre, soit environ 880 millions de dollars (environ 790 millions de francs). Sur la même période l’an dernier, cette activité, que Facebook venait d’amorcer, n’avait généré qu’environ 150 millions de dollars de chiffre d’affaires. « Ils semblent progresser à toute vitesse », a commenté Ronald Josey, analyste de JMP Securities, expliquant que la forte croissance du chiffre d’affaires du groupe dans le mobile avait apaisé les craintes que de nombreux investisseurs nourrissaient au moment de l’entrée en Bourse, au printemps 2012. « Il est clair qu’ils ont le produit, qu’ils ont le trafic et que maintenant, ils ont la solution pour la publicité », résume-t-il. […]

Facebook a précisé qu’il comptait 1,19 milliard d’utilisateurs actifs mensuels fin septembre, contre 1,15 milliard fin juin. Le nombre d’utilisateurs actifs quotidien atteint environ 507 millions, a-t-il ajouté. […] (Source: ATS via Arcinfo)

Si c’est gratuit, vous êtes le produit

Un petit film ludo-pédagogique sur l' »échange de bons procédés » entre les utilisateurs de services « gratuits » et les entreprises cherchant à collecter des données, beaucoup de données… (Source: Adesiasprod)

L’histoire de la publicité sur les médias sociaux

Unified a réalisé une infographie sur l’évolution de la publicité sur les médias sociaux, fortement marquée par l’émergence de la mobilité et des API. Facebook et Twitter semblent être les plateformes qui tirent le mieux leur épingle du jeu, avec une évolution adaptée de leurs offres. (Source: carrementplus.net)