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«Ne dites surtout pas aux jeunes que leurs amis Facebook sont virtuels!»

Loin d’être alarmiste, la sociologue genevoise Claire Balleys jette un regard nouveau sur l’ultra-connectivité des jeunes. Pour elle, sociabilité réelle et sociabilité virtuelle ne sauraient être mises en opposition.

Facebook, Snapchat, Whatsapp, jeux en réseau: les jeunes passent leurs journées les yeux rivés sur leur smartphone. De quoi s’inquiéter?

Nous vivons dans une société qui adore s’inquiéter, surtout pour les jeunes. Effectivement, ces outils occupent une grande place dans la vie des ados. Mais ils leur permettent de rester connectés entre eux, de construire, de maintenir les liens d’amitié, les premières relations amoureuses. Ils ne sont donc pas seuls avec leur machine, ils s’en servent pour communiquer avec les autres. Alors oui, ils y passent beaucoup de temps, trop certainement, mais si on pense qu’internet est juste dangereux, on passe à côté de tout ce qui compte dans la vie des ados…

Il s’agit tout de même de fixer des limites!

Bien sûr. D’autant que beaucoup de jeunes considèrent leur smartphone un peu comme un doudou, ils aiment l’avoir sous l’oreiller quand ils s’endorment. Or, s’ils y passent trop de temps au détriment de leur sommeil, leur santé peut en souffrir. C’est aux parents de poser un cadre, ce qui n’est pas forcément facile: ils n’arrivent pas toujours à prendre le téléphone à leur enfant au moment du coucher.

N’y a-t-il pas également un risque qu’ils passent trop de temps à tisser des liens uniquement virtuels?

Non, parce que ce qui les intéresse, c’est d’être connectés avec les gens qu’ils connaissent. Avec les amis les plus proches, les bandes de copains, les camarades de classe, les membres du club de foot, etc. Il n’y a donc pas d’opposition entre la sociabilité du monde réel et celle du monde virtuel. Cela fonctionne comme des vases communicants.

C’est-à-dire?

Il y a une continuité: tout ce qui se passe à l’école va être débattu le soir sur Whatsapp, et tout ce qui est échangé sur Snapchat va être sujet de discussion à l’école le lendemain. Il ne faut surtout pas dire aux jeunes que leurs amis Facebook sont des amis virtuels!

Mais que penser d’un ado qui préfère chatter une après-midi avec son pote sur Whatsapp alors qu’il aurait la possibilité de le voir?

Pour les jeunes, ces outils ont un facteur désinhibant. Ils osent dire plus de choses via un écran, et ce, pour le meilleur comme pour le pire, pour les insultes et les déclarations d’amour et d’amitié. Ils s’aventureront plus à se dire je t’aime sur les réseaux sociaux qu’en vrai. Il y a même un phénomène de surenchère dans ces déclarations. Cela dit, je ne pense pas que ça les empêche de se rencontrer, ce n’est en tout cas pas ce que montrent les études. A l’âge du gymnase notamment, ils sont moins connectés, ils ont davantage le droit de sortir, et peuvent donc se voir en vrai.

Même lorsqu’ils se voient, ils ont les yeux rivés sur leur smartphone…

Oui, mais c’est comme ça que ça marche aujourd’hui. Ils sont ensemble, ils communiquent, ils voient quelque chose qui les amuse, le montrent aux autres. C’est aussi un moment de partage, au service du lien social.

De quelle autre manière les réseaux ont-il influencé la sociabilité des adolescents?

Ce qui a le plus changé, c’est la visibilité. Aujourd’hui, tout se sait plus, et il y a une forme de matérialisation. Je m’explique: avant, on savait que deux adolescentes étaient meilleures amies lorsqu’elles passaient du temps ensemble. Ou alors on entendait la rumeur qu’un nouveau couple s’était formé. Tout cela circulait de manière orale, non figée, non matérielle. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, ce qui était de l’ordre de l’implicite devient explicite, tout existe sous forme écrite, tout est publié, accessible en ligne. Ce passage à l’écrit est très nouveau. Et cela implique un devoir de témoignage, il s’agit de tout documenter.

Par exemple?

Si une adolescente ne publie rien sur le mur Facebook de sa meilleure amie, si elle ne poste aucune photo d’elles deux sur Instagram, c’est louche. Cela veut dire que ce n’est pas une vraie relation, qu’elle n’est pas authentique. De même que si un garçon ne fait pas exister sa toute nouvelle histoire d’amour sur les médias sociaux, il y a suspicion: les autres se demandent s’il a honte, s’il n’assume pas son couple, s’il veut faire croire qu’il est toujours libre…

C’est une lourde pression, ce devoir de témoignage!

Oui, effectivement. D’autant que pour être visible sur les réseaux, il s’agit d’avoir une vie privée à valoriser. C’est une injonction sentimentale. Il faut avoir des amis proches. Ce n’est pas uniquement une question de quantité, mais aussi de qualité. Il faut montrer qu’on a des vrais amis, avec qui on partage quelque chose d’intime, d’exclusif. Ceux qui n’en ont pas sont désignés comme des sans-amis: c’est une figure de rejet total. Avoir des amis, des relations amoureuses, c’est aussi montrer qu’on est un grand: le principal souci des enfants qui sortent de l’école primaire.

Et les réseaux sociaux exacerbent tout cela…

Exactement. Mais la logique est la même qu’avant, lorsqu’on traversait le village avec sa copine sur sa mobylette. Les ados ont toujours eu une vision très collective du couple, de l’amitié, des liens sociaux. Ce n’est pas nouveau, de même que la pression de se soumettre au regard des autres.

Qu’en est-il de la tendance à se mettre en scène, notamment avec les selfies?

Cette théâtralisation est en effet très importante, mais elle a toujours existé. Il y a toujours eu les jeunes avec les bons looks, les bons habits. Bien sûr, les selfies ont renforcé cette mouvance, avec des effets de pose, de stylisation: les jeunes deviennent assez pros en la matière. Cependant, on a tendance à oublier que c’est un phénomène de société beaucoup plus large, qui ne touche pas uniquement les ados. Et il ne faut pas perdre de vue que ces enfants vivent avec un appareil photo braqué sur leur visage depuis leur premier jour. C’est facile de pointer les jeunes du doigt, les adultes l’ont toujours fait.

Vous parliez du facteur désinhibant des réseaux sociaux, pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Vous pensez au harcèlement?

Oui, exactement. Mais là encore, le phénomène n’est pas nouveau, il n’est pas né avec les réseaux sociaux. Le cyber-harcèlement est toujours le prolongement du harcèlement scolaire. Ce qu’il y a de nouveau, c’est que l’enfant est poursuivi jour et nuit, mais il a toujours la possibilité de se déconnecter. S’il a ce réflexe, les discussions à son encontre se tariront: elles n’ont lieu d’être que si elles peuvent l’atteindre.

Vous ne pensez pas que le cyber-harcèlement soit un réel problème alors?

Attention, je ne cherche pas à minimiser les choses, ce n’est pas mon intention. Mais c’est très important de distinguer ce qui est nouveau de ce qui ne l’est pas, afin de pouvoir agir efficacement.

Il y a aussi ces histoires de jeunes filles qui envoient à leur petit ami des photos intimes…

On est toujours dans cette logique de témoignage. Ce geste est perçu par l’adolescente comme un gage de confiance. De tout temps, les jeunes filles ont bravé des interdits par amour. L’élan n’est pas nouveau. C’est le risque de diffusion qui l’est. A l’époque, avec une photo imprimée, le garçon la montrait peut-être à quelques copains mais cela n’allait pas plus loin. Aujourd’hui le partage est beaucoup plus large, beaucoup plus rapide. Mais il faut savoir que la majorité des garçons gardent pour eux ces images. Ce n’est que quand il y a eu rupture de confiance qu’on en entend parler. Et ce genre de situation n’est pas propre aux ados: on a vu des politiciens se faire prendre au piège.

Au-delà des liens entre ados, on entend souvent des parents se plaindre qu’à la maison, leurs enfants passent tout leur temps sur leur smartphone…

Là encore, c’est aux parents de définir très tôt les contextes dans lesquels les smartphones, les tablettes sont à proscrire. Durant les repas pris en famille par exemple. Mais une certaine cohérence est indispensable: de nombreux papas gardent leur téléphone à table. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus large d’individualisation de la société. Et la famille a énormément évolué.

Dans les années cinquante, les enfants n’avaient pas le droit de parler à table, sauf si on leur posait une question. Alors oui, les choses ont changé, mais l’erreur principale des adultes est d’enjoliver systématiquement le passé.

(Source: Migros Magazine)

 

 

«Les jeunes lisent toujours, mais pas des livres»

Extraits d’un entretien avec Sylvie Octobre, chargée de recherche au ministère de la culture.

Les jeunes lisent moins de livres et, surtout, lisent moins pour le plaisir. La lecture n’est plus considérée comme la porte d’accès privilégiée au savoir et n’est plus synonyme de plaisir. Ce désamour pour les livres vient, à mon avis, du glissement de notre société de ce qu’on appelait les humanités vers le technico-commercial. Auparavant, les filières les plus prestigieuses nécessitaient une pratique assidue de la lecture. Or la lecture, en tant que loisir tout du moins, n’est plus vraiment obligatoire pour devenir ingénieur. Le français laisse peu à peu la place aux mathématiques.

Le numérique aussi a changé notre façon de lire : les séquences de lecture des jeunes sont plus courtes, souvent liées à leurs échanges écrits sur Internet, et donc sont très liées à la sociabilité. Les choix de lecture se font en interaction avec les autres, de plus en plus par des recommandations des pairs. Or lire un livre est, par nature, une activité plutôt longue et solitaire. A l’ère du numérique, la façon dont les jeunes construisent leur approche culturelle ne va pas naturellement vers la lecture. Pourtant, certains jeunes, statistiquement plutôt les filles, se tournent de nouveau vers la lecture comme activité à contretemps et déconnectée, comme pour stopper le flux d’informations continu qui leur parvient. […]

Les 15-29 ans lisent des textos, Wikipédia, des blogs… Il y a bien des façons de lire. En réalité, on n’a jamais tant lu : des textes, des publicités, des articles, etc. Mais le goût pour la lecture de littérature baisse. Ces deux types de lectures sont différents. La lecture HTML est « additive », les liens et les articles se superposent les uns aux autres. Pour ne pas se perdre dans le flot d’informations, il faut construire une séquence de lecture. Il faut faire le tri, ne pas se perdre pour éviter la saturation informationnelle, le moment où l’on ne comprend plus rien à ce qu’on lit et où l’on tourne en rond. Ce sont des compétences très difficiles à acquérir.

L’école a son rôle à jouer dans ces évolutions. Au collège, les élèves se trimballent 15 kilogrammes de livres sur le dos toute la journée, qui sont des manuels scolaires. Le poids physique devient aussi un poids psychique, avec le temps. Les manuels donnent également du livre une image utilitaire. On note que les enfants en primaire lisent beaucoup, et ils aiment ça. Quand ils arrivent au collège, la lecture devient une contrainte, c’est l’effet pervers de la scolarisation de la lecture. De plus, les réseaux sociaux et la sociabilité sont si importants pour les adolescents pour se construire qu’il leur est difficile de s’en extraire et de construire des espaces de solitude pour lire. […]

Le smartphone est devenu le premier terminal culturel des adolescents et jeunes adultes. Les jeunes regardent toujours la télévision, mais sur leur ordinateur ou leur téléphone. Les blogs, forums et chaînes musicales remplacent les radios, qui s’écoutent en podcast. La presse également est consommée essentiellement sur Internet. Seuls les magazines spécialisés ou thématiques résistent à cette tendance, comme ceux consacrés au sport ou à un chanteur. Aujourd’hui, les premiers pourvoyeurs d’info sont les réseaux sociaux. Un adolescent que j’ai rencontré lors d’une enquête m’a dit, très justement : « S’il y avait la guerre, je l’apprendrais sur Facebook. » […]

Comment réduire la fracture numérique d’un côté et la fracture générationnelle de l’autre ? Mettre dans les mains des plus jeunes les textes anciens qui transitent à travers les générations, mais aussi, dans l’autre sens, former les personnes âgées aux nouvelles technologies, cela permet de créer du commun, de créer du lien intergénérationnel. C’est là tout l’enjeu des nouvelles politiques culturelles. (Source: LeMonde.fr)

Comprendre les pratiques juvéniles de sociabilité médiatisée

Docteur en sociologie de la communication et des médias, experte dans le domaine de la sociabilité adolescente, Claire Balleys détaillait l’usage des réseaux sociaux chez les moins de 20 ans, jeudi 13 mars à la HEP VD. Une trentaine d’enseignants, directeurs d’établissement et formateurs participaient à cette conférence, organisée en préambule de la 11e Semaine des médias à l’école en Suisse romande.

Pour les adolescents, insiste Claire Balleys, il n’y a pas de sociabilité virtuelle. Les échanges sur les réseaux sociaux, c’est la vraie vie, ce sont les vrais échanges! Rien que de très normal, du reste: sur Facebook et d’autres réseaux, les ados prennent la pose et se mettent en scène, en changeant souvent leur photo de profil (et en attendant les commentaires); ils se témoignent avant tout leur amitié; ils se rassurent par rapport aux liens qui les unissent. Les manifestations d’admiration sont courantes.

Moins qu’un espace d’expression libre, les réseaux sociaux sont d’abord un lieu d’échanges extrêmement conventionnels. Cela pullule de politesses réciproques avec des formules toutes faites (« t’es magnifique bb« ..). Pour avoir arpenté en long et en large ces sentiers du web, la sociologue juge qu’il s’en dégage beaucoup de sentimentalité, avec des formules parfois  empruntées au langage amoureux du couple (on se dit volontiers « mon amour« , alors qu’on est entre copains-copines).

Mais les réseaux servent aussi à établir des listes de gens qu’on aime ou pas... Sur Facebook, la fonctionnalité DI (pour « discussion instantanée ») permet de prendre à part les confidents triés sur le volet. Moyen assez subtil de trier ses « amis ».

Claire Balleys observe combien il est important de faire vivre le couple ado de manière publique. Les pairs sont appelés à valider toute relation et, quand la formation d’un couple rencontre leur adhésion, ils ne se privent pas de souhaiter « longue vie » au duo, même s’il ne durera que quatre mois.

« Facebook, c’est entre déclaration d’amour et entre déclaration de guerre. Mais on déclare…« , note la sociologue, pour qui ce réseau social permet « d’afficher sa vie privée tout en la préservant« . Ce qui l’intéresse est donc le paradoxe suivant : comment être « publiquement intimes » ?

Le principal souci, pour un ado qui arrive à l’Ecole secondaire, c’est de montrer qu’il/elle est un-e grand-e, mais pas encore un vieux/une vieille. Enfant, nos parents connaissent tous nos amis. Avoir une vie privée, c’est être grand. Etre en couple, c’est être grand. Pour qu’une relation amicale ou amoureuse devienne facteur de prestige, elle doit être visible en ligne.

Comment créer et maintenir de l’intime dans ce contexte ? Il faut assumer ses relations – donc afficher et s’afficher… Claire Balleys voit un peu les médias sociaux comme le journal « people » du collège.

Le réseau ASK.FM, lieu de l’interrogatoire fantôme

Pour la 11e Semaine des médias à l’école, la sociologue propose aux enseignants de se familiariser avec ce réseau, sur lequel on s’inscrit pour que l’on nous pose des questions, de manière anonyme ou pas. Exemple à l’appui, Claire Balleys montre qu’entre ados, un couple potentiel peut exister sur ce réseau avant qu’il n’existe en vrai ! (L’entourage émet des encouragements… Ou cris d’horreur: « C’est une pute« ). Ask.fm pousse à un devoir de justification publique suite aux demandes et pressions de pairs.

Les réseaux sociaux poussent aussi à actualiser un système de cotations des amis, par un jeu d’évaluations perpétuelles. Les jugements peuvent être extrêmement brutaux. « Te vexe pas, je suis sincère » (peut écrire un ado, après avoir dit à un camarade : « t’es pas à mon goût« ).

Mais, rappelle la sociologue, pour soumettre les autres au jugement, il faut soi-même jouir d’un fort capital social. L’insulte suprême entre ados c’est: « t’as pas d’amis, t’est un(e) perdu(e)« . Si, par une capture d’écran de smartphone, on peut montrer qu’on a dialogué toute la nuit avec son chéri, on atteint le nirvana. Le prestige ado dépend de la quantité (avoir beaucoup d’amis, être connu, quitte à se faire questionner sur des trucs terribles sur Ask.fm); rien n’est plus important que montrer qu’on peut avoir des relations privilégiées, exclusives, intimes, tellement importantes dans la construction de soi.

A l’issue de la conférence, un enseignant et un directeur d’école (confronté récemment à une situation de sexting, avec une fille de moins de 14 ans) se faisaient la réflexion suivante: la manière d’aborder la prévention avec les adolescents est beaucoup trop classique, « adulte » (dans le sens « rationnel »), déconnectée des usages et de la logique adolescente. (Source: mediablog)

Générations numériques: des enfants mutants?

Ils jouent sur des tablettes dès l’âge de deux ans. Très tôt, ils savent manier les smartphones mieux que leurs parents. À l’adolescence, ils se passionnent pour les jeux vidéo en ligne et les échanges sur Facebook ou Twitter… Ces nouvelles pratiques suscitent l’inquiétude des parents et des éducateurs.


Serions-nous confrontés à des enfants mutants?
Internet change-t-il le cerveau et les manières d’apprendre? La pratique des écrans est-elle un facteur d’appauvrissement ou au contraire d’enrichissement cognitif, psychique, culturel? L’engouement des jeunes pour les réseaux sociaux engendre-t-il l’isolement ou de nouvelles sociabilités? La construction de la personnalité se trouve-t-elle affectée par ces nouvelles manières de communiquer, de s’exprimer, de se construire? Et encore, les écrans sont-ils générateurs de pratiques addictives? Sont-ils des canaux qui initient à la violence, qui répandent la pornographie? Pourquoi l’école semble-t-elle si lente à s’emparer de ces nouvelles technologies?

Toutes ces questions n’appellent pas de réponses manichéennes et définitives. Nous commençons seulement à prendre la mesure des changements majeurs qui se profilent depuis une quinzaine d’années avec le développement spectaculaire des outils numériques. Nombre de philosophes parlent d’une véritable révolution culturelle, aussi importante que celle vécue par les humains avec l’apparition de l’écriture ou de l’imprimerie.


Bien sûr, comme ce fut le cas pour toutes les grandes innovations techniques, les avis se partagent entre optimistes et pessimistes, technophobes et technophiles… Dans les sciences humaines, les études s’empilent et ne cessent de se contredire, attestant davantage d’un combat entre ces deux camps et de la conviction de ceux qui les mettent en avant. [Le dossier du dernier numéro de Sciences humaines] se propose de faire le point, sur ce que l’on sait, et ce que l’on peut dire et ce que l’on peut faire, à un moment où nous sommes en pleine phase de transition et de transformation. Les auteurs s’accordent tous cependant sur un point : il convient plus que jamais de ne pas abdiquer son rôle d’éducateur, et d’encadrer les usages des écrans par des pratiques appropriées à chaque âge. [Source: Sciences humaines]