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«Plus nous divulguons des données personnelles, plus nous sommes vulnérables»

Interview de Solange Ghernaouti. Cette professeure en cybercriminalité à l’université de Lausanne explique pourquoi les cybercriminels ne sont presque jamais arrêtés et pourquoi nous faisons leur jeu avec les médias sociaux.

Existe-t-il aujourd’hui des exemples d’attaques cybercriminelles de grande envergure?

Aux États-Unis, il y a eu effectivement un cas où l’alimentation électrique d’une ville a été piratée et paralysée. La cybercriminalité représente déjà un grand danger pour les Etats et les entreprises et devrait être traitée comme un thème central de la politique de sécurité nationale. Cet été, les données personnelles de 37 millions d’utilisateurs du service Internet «Ashley Madison» ont été volées par des inconnus. Il s’agit d’un service de rencontre en ligne dont les utilisateurs supposaient que leurs données étaient conservées en toute sécurité et qu’ils naviguaient de façon anonyme sur cette plateforme. Mais cela s’est avéré un leurre. Pour de nombreuses personnes, les effets sur leur vie privée et professionnelle ont été désastreux.

Sommes-nous tous potentiellement vulnérables face à la cybercriminalité?

Evidemment! Sur Internet, on constate régulièrement des cas de fraude. Grâce à Internet, il est devenu très simple pour les criminels de faire chanter des victimes et de les mettre sous pression. Aujourd’hui, chacun est exposé à des risques et la plupart des utilisateurs Internet sont incapables de se défendre, car ils ne disposent pas des technologies et des connaissances nécessaires. Il ne suffit plus aujourd’hui d’installer un logiciel antivirus.

Mais quelqu’un qui agit avec prudence sur Internet et n’est pas dupe des escroqueries par e-mail peut surfer en toute sécurité, non?

Pas forcément. Aujourd’hui, beaucoup de choses se déroulent de façon cachée. Des données personnelles peuvent être volées sans que l’on remarque quoi que ce soit. Ce n’est pas la même chose lorsque je perds mon portemonnaie et que je sais précisément quelle carte je dois bloquer. Que peut-on faire pour mieux se protéger contre ces attaques et ces vols? Pour ne pas courir de risques inutiles, il faut divulguer le moins de données possible sur Internet. Plus une personne fournit des données sur Internet, plus il est simple pour les criminels de l’escroquer, de lui extorquer de l’argent ou de manipuler son identité sur le Web. Grâce à la multitude de données disponibles sur Internet, les cybercriminels nous connaissent généralement beaucoup mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. Plus nous utilisons des services Internet et des médias sociaux, plus nous sommes vulnérables. C’est très dangereux!

Comment éviter ces risques?

J’utilise Internet uniquement à des fins professionnelles. Je ne communique pas via les médias sociaux et je n’achète pas non plus sur Internet. J’essaie donc de réduire autant que possible les données me concernant.

A quel point les médias sociaux sont-ils critiques en termes de cybercriminalité?

Facebook, Twitter, Linkedin et d’autres services sont le point de mire des cybercriminels, car les personnes y divulguent une très grande quantité de données personnelles. La plupart des médias sociaux ne sont pas en mesure de garantir la sécurité des données personnelles.

Comment peut-on améliorer la sécurité du cyberespace?

Nous devons avant tout inciter les grandes sociétés Internet à lutter contre la vulnérabilité de leurs utilisateurs et les failles de sécurité du système. Même s’ils apprennent à évoluer avec prudence sur Internet, les utilisateurs Internet n’ont aucun contrôle sur les failles de sécurité du système.

A quel point est-ce difficile pour la police de lutter contre les cybercriminels?

Aujourd’hui encore, la police est quasi impuissante. La cybercriminalité ne s’arrête pas aux frontières et les traces dans le cyberespace sont très faciles à effacer. Il est donc extrêmement difficile d’identifier les auteurs d’une attaque. Les criminels peuvent se trouver n’importe où dans le monde et s’introduire dans mon ordinateur. De plus, il arrive souvent que les particuliers aient trop honte pour contacter la police. Les cybercriminels le savent et en profitent sans aucun scrupule.

La Suisse est-elle bien préparée pour faire face aux cyberattaques?

Pas vraiment. On prend de plus en plus conscience de l’urgence du problème, mais les ressources et les mesures concrètes font encore défaut. Jusqu’à présent, seules deux affaires ont été portées devant le Tribunal fédéral, même si nous savons que les délits sont beaucoup plus nombreux.

 

(Source: Technoscope 3/15)

L’Académie suisse des sciences techniques propose un concours sur la cybersécurité. Plus d’infos ici.

Des artistes français renoncent à Twitter en raison des flots d’insultes

Benjamin Biolay, Michel Polnareff et Christophe Willem ont récemment fermé leur compte Twitter. Les trois chanteurs français dénoncent l’incapacité du réseau social à empêcher les flots d’insultes.

Dans un long message publié mardi sur Facebook, Christophe Willem reproche à Twitter de ne pas « protéger suffisamment ses utilisateurs contre les actes répétés de calomnies, de harcèlements et autres atteintes à l’intégrité des personnes présentes ».

« La répétition de ce flot permanent de haine pollue non seulement mon fil d’actualité mais aussi mon équilibre personnel, celui que je m’efforce de préserver depuis des années », confie le chanteur, précisant qu’il a refusé de faire gérer ses réseaux sociaux par une équipe.

Le 13 janvier, Michel Polnareff a pris la même décision, évoquant lui aussi des « insultes incessantes ». Le chanteur a fermé également son compte Facebook.

En novembre 2014, Benjamin Biolay a été le premier artiste français à dénoncer les insultes sur Twitter: « Bon, c’est décidé je ne gère plus moi-même mon Twitter. C’était une expérience. Je suis vraiment désolé mais… Ne perdez plus votre temps en insultes: je ne les lirai pas. Bonne nuit. » (Source: RTS.ch)

Ados : le partage du rien sur Internet

Photos d’une banalité confondante, vidéos sans intérêt… Pour meubler le vide, les jeunes produisent sur les réseaux sociaux un flot de néant qui a déjà un nom : le « borecore ».

Les parents s’inquiètent souvent de la façon dont les ados peuvent montrer leurs corps sur les réseaux sociaux. Mais le plus caractéristique de l’adolescence n’est-il pas la mise en scène du rien ? Sur Instagram, on trouve ainsi de nombreuses perles : une vidéo d’une éponge nettoyant un lavabo, des photos d’un placard à chaussures… Sur Internet, le gros de ce que postent les gens en général, et les ados en particulier, n’est ni titillant sexuellement, ni drôle, ni offensant.

Dans le New York Times Magazine, Jenna Wortham a récemment trouvé un nom à ce flot de rien : le « borecore ». De l’ennui pur. A peine l’acte de naissance du « normcore » déposé, lui a-t-on déjà trouvé un successeur. De l’esthétique de la normalité à celle de l’ennui, on peut toujours faire confiance à la fabrique à concepts américaine.

Pour s’en faire une idée, il suffit de taper « Je me fais iech » sur Twitter ou aller sur les nouveaux services de « live streaming » qui font défiler les contenus postés par l’ensemble des utilisateurs et permettent à des gens qui s’ennuient de voir ce qui se passe dans la vie d’autres gens qui s’ennuient. Sur le site Younow, le cinquième sujet tendance (après « guys », « girls », « music », « dance »), c’est « bored » (qui s’ennuie). Sur VPeeker, où défilent des vidéos mises en ligne sur Vine, vous serez frappés par le nombre d’ados qui filment… leur télévision.

L’abondance de borecore, du rien produit et partagé dans l’indifférence générale, est le problème d’une époque où on a presque toujours sous la main un téléphone équipé d’une caméra mais pas forcément un chaton qui joue du piano à filmer.

Evidemment, les adolescents n’ont pas attendu les nouvelles technologies pour documenter leur désœuvrement. On doit pouvoir trouver quelques hectares de couvertures de cahiers de texte décorées, sans compter des années de journaux intimes et de blogs lus de leurs seuls auteurs. Et la vidéo n’a pas non plus attendu les ados pour raconter l’ennui. En 1963, Sleep, d’Andy Warhol montrait un homme qui dort pendant cinq heures et vingt minutes. Dans les années 1990, des producteurs avaient déjà commercialisé des vidéos de feux de cheminée ou de poulets tournant sur une rôtissoire. Le robinet à borecore, c’est le croisement des deux possibilités.

Pourquoi les jeunes ne s’ennuieraient-ils pas aussi en ligne ? « On se figure communément le rapport que les ados entretiennent avec le numérique comme une relation euphorique placée sous le signe d’un engouement toujours renouvelé. Avec le numérique, on a d’avantage d’outils, de formats, de registres pour vivre l’ennui et l’exprimer », note Joëlle Menrath, qui a conduit en 2014 des entretiens avec 25 adolescents de milieux sociaux et géographiques différents. « Les ados connectés s’ennuient avec leurs outils numériques, comme ils peuvent s’ennuyer à l’école, ou avec leurs parents. C’est troublant pour les adultes qui ont un rapport plus attentif aux écrans. », observe-t-elle. « La lassitude, le trop-plein, l’inintérêt ou encore la disqualification des contenus et des services dont ils font pourtant couramment usage tiennent une large part dans leur discours. Ils sont « gavés », « saoulés », ne leur trouvent « aucun intérêt » et font « ça comme ça, parce que y a rien d’autre ». »

Peut-être faut-il regarder la vidéo du lavabo ou les photos du placard à chaussures comme on faisait auparavant des petites fresques gribouillées sur un carnet à petits carreaux pendant un coup de téléphone. Comme l’écrit Joëlle Menrath dans son étude : « Allumer son ordinateur est un geste désormais équivalent à allumer la lumière de sa chambre. L’ambiance est modifiée, mais la lampe n’occupe pas pour autant le centre de l’attention. »

La prochaine fois que vous tombez sur la photo d’un paquet de cigarettes sur Instagram, relisez cette lettre dénichée par Joëlle Menrath d’un Gustave Flaubert de 17 ans à un de ses amis : « Si je t’écris maintenant, mon cher Ernest, ne mets pas cela sur le compte de l’amitié, mais plutôt sur celui de l’ennui… »

(Source: LeMonde.fr)

Les réseaux sociaux ont beaucoup moins d’impact que les grands médias

Si les réseaux sociaux pèsent lourd dans l’information en nombre de messages, ils ont bien moins d’impact que les grands médias (radios, télés, presse, sites d’info) en nombre de personnes exposées à l’information, selon une étude présentée mardi par Kantar Media.

Les milliers de messages sur les réseaux sociaux, Twitter en tête, représentent désormais l’écrasante majorité du nombre des retombées, souligne Kantar, qui a passé en revue 110 grands médias français et réseaux sociaux sur plusieurs sujets d’actualité.

Mais en terme d’impact médiatique (nombre de personnes touchées, parfois plusieurs fois), le résultat est très différent, souligne le cabinet, qui a analysé en détail la couverture du virus Ebola en octobre.

Pour ce sujet, la radio et la télévision ont eu de loin le plus fort impact médiatique (48%), suivies de la presse écrite (17%) et des médias en ligne (20%), contre seulement 13% pour Twitter et 2% pour les autres réseaux sociaux. De plus, les messages sur Twitter émanent très souvent des grands médias eux-mêmes. […]

Malgré un impact médiatique finalement limité, les réseaux sociaux ont une capacité de mobilisation qui pousse parfois les entreprises à prendre des mesures radicales dès que naît un « bad buzz« , a relevé Kantar.

Un cas type, celui de Danette, qui a vu sa campagne publicitaire de septembre accusée de racisme sur Twitter, à cause d’un visuel montrant une famille noire déguisée en animaux, alors que les familles blanches étaient représentées en vacances à la montagne ou à la mer.

Le 3 septembre, Danette lance sa campagne. Le jour même et le lendemain, des messages indignés fleurissent sur Twitter. Le 5 septembre, Danette annonce sur Twitter le retrait de sa campagne, poussant les grands médias, jusqu’ici muets sur le sujet ou presque, à s’emparer de l’affaire. (Source: L’Expansion)

Les marques adorent votre photo de profil

Des logiciels passent les réseaux sociaux au crible afin de détecter les logos qui figurent sur les photos des internautes. Le but : cerner le profil des consommateurs et optimiser le ciblage des publicités.

Connaissez-vous Ditto ? Si vous êtes adepte des réseaux sociaux et postez régulièrement vos photos, Ditto, lui, vous connaît certainement.

Créée par des ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology, la société américaine Ditto Labs a élaboré des logiciels de reconnaissance d’images capables de détecter les logos de marques qui figurent sur les photos des plateformes telles que Twitter, Instagram, Pinterest et Tumblr, relate The Times. Sont également analysées les expressions de visage, les vêtements et le cadre, afin de cerner le profil des personnes qui achètent leurs produits. Le but : récolter des informations sur les goûts des utilisateurs afin de mieux cibler les publicités de ses clients et permettre aux sites d’afficher des publicités sur mesure. Ditto a ainsi pu établir que 13 % des internautes qui postaient des photos contenant le logo d’Adidas avaient également partagé des contenus sur Justin Bieber.

Parmi les clients de Ditto se trouvent Procter & Gamble, la société qui commercialise des marques comme Ariel, Duracell, Oral-B et Pantène, note le Times.

Ditto Labs est également en mesure d’identifier l’endroit où sont pris les clichés grâce à la géolocalisation, ajoute le journal. La géolocalisation, un paramètre de l’appareil photo, permet de définir les coordonnées GPS de l’endroit. Selon M. Rose, environ 30% des utilisateurs d’Instagram et 5% des utilisateurs de Twitter utilisent la géolocalisation sur leurs appareils.

Utiliser ce type d’informations à l’insu des utilisateurs est certes légal mais va beaucoup trop loin, estime Big Brother Watch, un groupe de pression britannique qui défend les libertés et la protection des données privées. « Scruter nos photos afin d’identifier des logos et l’environnement géographique va bien au-delà de ce que peut imaginer la majorité d’entre nous », observe sa directrice, Emma Carr. « Il faudrait obliger [Ditto] à demander l’autorisation explicite [des utilisateurs] ». (Source: Courrier international)

Une minute d’Internet

Que se passe-t-il en soixante secondes sur le web? [Voir l’infographie] Beaucoup de choses, trop même, et de plus en plus. La population d’internautes a explosé de 2011 à 2013, et de nouveaux usages ont fleuri. […]

Le site Domo […] a publié un petit exemple de ce qu’ils savent faire. Et pour parler à tous, quel meilleur sujet que notre activité sur le web, ramenée à une seule minute? Des chiffres pas très surprenants, pour certains: on sait depuis longtemps que Google, Facebook, Twitter ou Youtube génèrent des tonnes et des tonnes de contenu.

Ce qui est intéressant, c’est l’apparition de nouveaux noms qui, eux aussi, alimentent les internautes avides que nous sommes. […]  WhatsApp, outil de discussion en ligne récemment acheté à prix d’or par Facebook, a généré près de 350.000 photos le temps que vous lisiez ce paragraphe. Quant aux clients d’Amazon, ils auront acheté pour 83.000 dollars (60.000 euros) de produits culturels. L’Internet de 2014 paye, c’est désormais une certitude. (Source: franceinter.fr)

BabyTwit: micro-blogue libre pour l’école primaire

BabyTwit est une alternative aux services de microblogue tels que Twitter ; issue de la communauté du « logiciel libre » elle est respectueuse de la vie privée des utilisateurs. […]

BabyTwit est un service de microblog enrichi qui propose de nombreuses fonctionnalités classiques dont :
  • Publication de message en 140 caractères.
  • La possibilité de joindre des documents à ses messages (images et autres types de fichiers).
  • Publication de liens raccourcis […]
Objectifs généraux du projet Babytwitt
 
Internet libre
  • Fournir aux enseignants un outil leur permettant de bénéficier des avantages du microblog, sans subir les contraintes propres aux services « privés ». (publicité, utilisation des données personnelles)
  • Construire avec les élèves, les représentations d’une culture numérique qui privilégie le partage, la collaboration et la participation à l’élaboration d’un bien commun
  • Proposer aux familles un outil éthique, responsable et respectueux de la vie privée des personnes.
Communauté d’enseignants
  • Constituer une communauté d’enseignants prête à accompagner les élèves ( et leurs collègues) dans les mondes numériques.
  • Proposer un outil adapté aux élèves d’école primaire, adapté au fonctionnement des classes, et apportant de nouvelles fonctionnalités. […] (Source: educavox)

 

 

Faut-il combattre les trolls?

La sagesse populaire des réseaux nous rappelle qu’il ne faut pas nourrir les trolls (don’t feed the troll), ce qui signifie qu’il est plus avisé de ne pas répondre à des commentaires haineux afin de ne pas engendrer un discours de haine encore plus violent et plus nourrit.

Pourtant, nous rappelait déjà le sociologue Antonio Casilli, « Le trolling ne doit pas être considéré comme une aberration de la sociabilité sur l’internet, mais comme l’une de ses facettes ». En fait, la radicalité des Trolls est une réponse aux blocages des formes d’expression publiques, qu’elles soient en ligne ou pas. On s’énerve pour affirmer son propos, pour le faire exister, pour se faire entendre des autres. « L’existence même des trolls montre que l’espace public est largement un concept fantasmatique », insiste avec raison le sociologue. Les Trolls (réels comme virtuels) risquent surtout de se développer à mesure que le dialogue démocratique se ferme ou se recompose. […]

Benesch pense qu’il faut engager le dialogue avec les Trolls, notamment parce qu’il est le chemin le plus efficace pour réduire le « discours dangereux », c’est-à-dire pour elle, un discours qui catalyse la violence. Les approches des Etats visant à punir et censurer ne sont pas efficaces… et ils fonctionnent peut-être moins en ligne que hors ligne, notamment parce que ce qui est censuré sait facilement se déplacer d’un site à un autre. […]

Pour elle, il faut se défaire de la croyance que les trolls sont le problème, pour regarder comment les discours dangereux sont un phénomène plus large. Et l’avantage des environnements de prise de parole en ligne est que nous pouvons examiner leurs effets sur les gens, en regardant les réponses, en mesurant leur impact. Pour Benesch, nous devrions aborder le discours dangereux par un contre discours… L’internet ne crée pas de discours de haine. S’il peut nous désinhiber pour parler, l’internet créé surtout un environnement qui nous rend conscient d’une parole que nous n’aurions pas pu entendre autrement. La plupart d’entre nous ne sont pas confrontés aux propos sexistes qui s’échangent dans des vestiaires ou aux propos racistes de certains. Avec l’internet, la parole traverse des communautés autrefois fermées sur elles-mêmes. […]

Et la chercheuse veut voir dans cette nouvelle fonctionnalité une opportunité. Historiquement, l’approche de la norme pour des adolescents se limitait aux opinions d’une petite communauté homogène autour d’eux. Ce n’est plus le cas et c’est certainement là une occasion positive pour nous amener à développer une vision du monde plus large et plus nuancée. Le recours au contre-discours signifie qu’il faut croire en la possibilité de modifier les normes dans les communautés de parole.
[…]

Avec l’aide de l’équipe d’Ushaidi au Kenya, Benesch a construit Umati (un mot swahili pour dire foule), un outil pour recueillir et analyser les discours de haine en ligne, afin d’éviter que les élections de 2013 ne s’enflamment comme ce fut le cas en 2007, par le développement de d’appels à la violence en ligne. Dans leur rapport final (.pdf), les chercheurs ont trouvé que les discours haineux étaient bien plus développés sur Facebook que sur Twitter, du fait de la présence de contre-discours sur cette dernière plateforme. Sur Twitter, le contre-discours était régulier et nourri : souvent il se contentait de rappeler que les propos devaient rester civils et productifs. Et Benesch d’évoquer l’histoire d’un utilisateur qui tweetant un message expliquant qu’il serait d’accord avec l’extermination d’un groupe ethnique et qui a été immédiatement rappelé à l’ordre par d’autres utilisateurs, avant de s’excuser. Ce n’est pas là le comportement d’un troll, souligne Benesch. Si l’utilisateur en question avait simplement été à la recherche d’attention, il n’aurait pas reculé quand ses tweets enflammés ont rencontré un contre-discours spontané. Et ce contre-discours est important pour les médias également, car il est possible pour ceux-ci d’amplifier non seulement le discours haineux, mais également les tentatives pour le contrer. En étudiant des exemples de contre-discours réussis, Benesch tente de développer une taxinomie des contre-discours et de déterminer quelles formes sont les plus utiles à quels moments… Il n’est bien sûr pas réaliste de penser que ces réponses feront changer d’opinion les plus haineux, mais il suffit d’influencer une masse critique de gens dans une communauté pour rappeler la norme, le bon comportement…

Twitter et Facebook ne sont pas les seuls environnements propices aux propos enflammés, on en trouve également dans les communautés de jeux en ligne, souligne encore Susan Benesch. La société de développement de jeux vidéo Riot Games par exemple est très intéressée par ces recherches et a coopéré avec des chercheurs qui ont mis en avant que plus de la moitié des messages incendiaires venaient d’utilisateurs « normaux »… Ils ont également remarqué que de très petits changements dans la plateforme, comme le choix du langage qui s’adresse aux joueurs ou des changements de police ou de couleurs de caractères pouvaient sensiblement améliorer les comportements. […]

Reste que cela n’est peut-être pas suffisant. Pour Benesch, nous avons besoin de plus de recherche sur ces questions. Nous avons besoin de comprendre si le contre-discours qui utilise l’humour ou la parodie est plus efficace que la confrontation directe. Nous avons besoin de comprendre les normes des discours dans différentes communautés. Et comprendre quels types de discours sont de bonnes réponses à de mauvais discours. Le célèbre avocat américain, Louis Brandeis avait l’habitude de dire que le remède à une mauvaise parole est plus de paroles… Peut-être n’avait-il pas si tort…

Comme le souligne Ethan Zuckerman, le discours de Benesch nous plonge dans l’abyme du contrôle de la parole… Un sujet qui forcément nous met mal à l’aise, déchiré que nous sommes entre liberté et contrôle. Le travail de Susan Benesch est difficile, notamment parce qu’il est difficile de définir ce qu’est un discours incendiaire ou un discours dangereux. Pour qui est-il dangereux ? En quoi l’est-il ?… Comme l’explique Cherian George, « les sociétés ouvertes sont aux prises avec des discours haineux parce que la liberté et l’égalité sont des principes démocratiques importants. Mais, si ces discours relèvent de la liberté de parole, ils peuvent avoir tendance à faire disparaître l’égalité de traitement. » La loi protège les gens des discriminations et des violences qu’ils subissent, mais plus rarement des sentiments ou des croyances qui les blessent. Comprendre l’impact des commentaires, trouver des solutions pour rétablir l’équité des contributions est certainement une piste pour limiter le pouvoir des trolls, quels qu’ils soient… Et nous montrer que la vérité est toujours plus complexe qu’on ne le pense. (Source: Hubert Guillaud)

Twitter dérape après la mort de l’ado

Le décès du jeune collégien en voyage d’études à Rome a suscité une vague de réactions sur les réseaux. Mais aux hommages sont venues s’ajouter insultes et moqueries.

«Un mort a droit à un repos paisible. Les blagues sur Twitter sont une atteinte à la personnalité!» Avocat spécialisé dans les nouvelles technologies, Sébastien Fanti est outré. Après l’émotion suscitée par le décès à Rome d’un adolescent, mardi, les hommages virtuels sur le hashtag #RIPjon ont fleuri. Mais ils ont ensuite été rejoints par les insultes et des blagues douteuses. Certains rebondissaient sur le fait que le jeune homme avait perdu la vie lors d’un jeu supposé. «La sanction, il l’a subie. Pas besoin d’en rajouter», peste l’avocat. Celui-ci rappelle que la famille peut porter plainte ou que les internautes sont libres de dénoncer ces comportements.

Journaliste pour l’émission de la RTS «Sonar», Magali Philip n’a pas vraiment été surprise par ces commentaires parfois de mauvais goût. «C’est le même cycle que lors du décès d’une star. L’humour suit les hommages après peu de temps», explique la spécialiste en réseaux sociaux.

Une star? Jon, qui faisait des vidéos humoristiques et dont les différents comptes sont suivis par des milliers de fans, l’était à son échelle. Hier, les réactions en ligne se comptaient par milliers.

«Les adolescents se sentent immortels. Les blagues sont pour eux une réaction face à l’horrible», tempère le Dr Nahum Frenck. Pour ce pédiatre spécialisé dans la famille, il faut éviter de s’irriter face à l’humour douteux. Une seule solution, selon lui: la compassion pour ces jeunes désorientés. (Source: 20 minutes)

Facebook, les jeunes auraient tendance à passer à autre chose

Facebook a été un précurseur des réseaux sociaux en ligne, qui ont reçu un coup de « boost » grâce aux téléphones intelligents. Mais les jeunes semblent désormais se tourner vers d’autres plateformes.

A 16 ans, Owen Fairchild est moins souvent qu’avant sur Facebook: ses amis et lui n’ont pas totalement abandonné le premier réseau social mondial, mais ils passe aussi du temps sur d’autres plateformes comme Twitter, Snapchat ou Instagram.

« Je suis passé à autre chose », dit cet élève de l’Alameda Community Learning Center, dans la baie de San Francisco. « Je vais beaucoup plus sur (le site de blogs) Tumblr, il y a des tas de choses marrantes », ajoute-t-il. L’application de messages éphémères « Snapchat est super amusante aussi car on peut envoyer des photos où on est vraiment moche et elles s’effacent après quelques secondes ».

Facebook a été un précurseur des réseaux sociaux en ligne, lesquels ont reçu un coup d’accélérateur grâce aux smartphones. Ceux-ci permettent aux utilisateurs de partager n’importe quand des images, des vidéos ou des observations.

Le premier réseau social mondial, qui vient de fêter ses dix ans, est toutefois confronté au défi de conserver sa base originale de jeunes utilisateurs, alors que de nouveaux services rivalisent pour être les plus cools. Le succès de plateformes comme Snapchat, le site de micro-messages Twitter ou le tableau d’images Pinterest alimentent la crainte que Facebook séduise moins les adolescents. […]

Elle dit en revanche regarder « tout le temps » son fil Twitter, et trouver des choses plus intéressantes sur l’application de partage de photos Instagram, rachetée en 2012 par Facebook. « Facebook n’est pas fini », estime-t-elle toutefois. « Il y a juste des changements dans la façon dont les gens l’utilisent ». (Source: ATS par Arcinfo)