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Écrans: pitié pour les bébés!

Tablettes, smartphones, consoles de jeu ont envahi les foyers. De récentes études montrent que les bébés sont aussi concernés. Conseils pour les parents, les éducateurs et les éducatrices.

Les appareils interactifs mobiles sont en train de révolutionner l’expérience médiatique des très jeunes enfants. Une récente étude nous apprend que deux tiers des bébés âgés d’une année, jouent, utilisent des applications, ou encore regardent des vidéos sur tablette ou smartphone quotidiennement. La plupart (97%) ont commencé à utiliser des appareils mobiles avant l’âge d’un an. Presque tous (84%) regardent quotidiennement la télévision avant leur premier anniversaire. Les applications Youtube et Netflix sont très populaires pour regarder des vidéos. Deux tiers des parents les mettent devant un écran pour les faire tenir tranquille (65%), principalement lorsqu’ils font le ménage. C’est pourquoi sans doute les bambins ont appris à se débrouiller seul: la plupart des enfants de 3 et 4 ans utilisent des appareils mobiles sans aide.

Ce n’est pas une galéjade. Ce sont quelques-uns des résultats d’une très sérieuse étude effectuée en octobre et novembre 2014 à Philadelphie (Pennsylvanie) qui viennent d’être publiés dans la revue de l’Académie américaine de pédiatrie (lire l’article).

Cela nous concerne pas, les Américains sont connus pour leurs excès, diront certains. Ne sont-ils pas déjà les plus grands consommateurs de télévision au monde! Voire. Une autre étude très fouillée récente réalisée en Belgique (Office de la Naissance et de l’Enfance, ONE et Conseil supérieur de l’éducation aux médias, CSEM) met en évidence que l’usage des écrans par les enfants dès le berceau est une tendance lourde en Europe aussi (lire l’étude). A l’âge d’un an, un tiers des poupons en Wallonie-Bruxelles regardent la télévision ou des vidéos enregistrées. Les usages se répandent rapidement à mesure qu’ils grandissent. Dans leur troisième année, 53% regardent la télévision, 82% des vidéos, 32% jouent à des jeux sur écran. A l’âge de six ans ces pratiques sont installées chez environ 80% des enfants…

Conséquences de la consommation non maîtrisée d’écrans de toutes sortes. Exposer les nourrissons quotidiennement à des images vidéos et à l’usage d’appareils multimédias interactifs aura des conséquences sur leur développement cognitif, émotionnel et social. Un usage intense est susceptible de causer des effets sur l’humeur, le comportement et les apprentissages qui n’ont pas encore été suffisamment étudiés. Sans parler des effets pernicieux possibles sur leur développement physique. Des professionnels s’en inquiètent (lire l’article). A l’école, de sérieuses répercussions sont à craindre dans les classes qui accueilleront les enfants qui auront été exposés durablement. Leurs habitudes de consommation des médias aussi bien que leurs goûts vont perdurer et il sera difficile de les infléchir. Pensons aux problèmes d’attention qui perturbent déjà grandement le travail scolaire. Il faut donc agir en amont déjà.

Les parents et professionnel-le-s de la petite enfance interrogé-e-s en Belgique considèrent l’usage des écrans par les jeunes enfants comme globalement défavorable à leur épanouissement. Cependant, ces parents ont manifesté leur désir d’accompagner leurs enfants plutôt que les éloigner des écrans, mais peinent à identifier les conduites positives à adopter.

Que peuvent faire les parents, les éducateurs et les éducatrices? Le psychiatre et psychologue Serge Tisseron, qui a consacré une grande partie de sa carrière aux relations que nous entretenons avec les images et aux bouleversements psychiques et sociaux entraînés par le numérique, a élaboré quelques repères simples synthétisés dans la règle des «3-6-9-12» (voir l’affichette). Soit les comportements à adopter avec des enfants de moins de 3 ans, de 3 à 6 ans et ainsi de suite. Les principes de portée générale concernent les enfants de tout âge. Ils portent sur la limitation du temps d’écran et l’apprentissage de l’autorégulation, le choix des programmes, l’invitation à parler de ce qu’ils ont vu ou fait et la stimulation de leur créativité. Pour chaque âge des conseils spécifiques sont proposés. Avant 3 ans, Serge Tisseron recommande d’éviter l’exposition des enfants à la télévision et de favoriser les jeux traditionnels ainsi que les activités ludiques qu’ils inventent, quitte à ce qu’ils s’ennuient parfois. La tablette numérique n’est pas totalement proscrite, mais seulement dans le cadre d’une activité de jeu avec un adulte. Cela semble aller de soi.

Un nouveau champ de l’éducation aux médias s’ouvre pour les tout-petits. Epargnons les bébés!

(Source: Blog de Jean-Claude Domenjoz)

La Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) publie une première étude sur le comportement des enfants en matière d’utilisation des médias

Les enfants utilisent des médias quotidiennement dès l’école primaire et non, comme on le croit souvent, seulement à l’adolescence. Presque tous les ménages avec enfants possèdent un téléphone mobile ou un smartphone, une télévision et un ordinateur, ainsi qu’un accès à Internet. Pour la première fois, une étude menée à l’échelle nationale s’est penchée sur les expériences faites par les enfants avec les médias. La Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW) publie aujourd’hui l’étude MIKE (Medien, Interaktion, Kinder, Eltern), qui a interrogé 1065 enfants de 6 à 13 ans et 641 parents provenant des trois grandes régions linguistiques du pays.

Malgré l’ampleur de l’offre numérique, le jeu demeure l’activité de loisir la plus pratiquée. Les enfants écoutent de la musique, regardent la télévision et lisent des livres, mais ne consacrent pas plus de temps aux médias qu’aux contacts avec leurs amis, à la pratique d’un sport ou aux activités en famille. Le comportement des enfants en matière d’utilisation des médias évolue au cours de l’école primaire et les plus âgés utilisent plus fréquemment le téléphone mobile et Internet.

52 % des enfants possèdent leur propre téléphone mobile et ils sont 69 % à en utiliser un au moins de temps en temps. Bien qu’ils soient encore nombreux à ne pas en posséder ni à en utiliser régulièrement, les enfants placent le téléphone mobile au premier rang de leurs préférences en ce qui concerne les appareils. 76 % des élèves du secondaire inférieur consultent au moins une fois par semaine YouTube, qui devance encore WhatsApp et Instagram dans la liste des applications préférées.

Pour ce qui est des contenus télévisuels ou de l’Internet, les enfants font nettement plus d’expériences positives que négatives. Les parents et les enfants s’influencent mutuellement dans leur utilisation des médias et se servent souvent des mêmes types de médias à la même fréquence, à l’exception des jeux vidéos. 25 % des enfants jouent quotidiennement ou presque à des jeux vidéos. 13 % des enfants, contre 33 % des 12-13 ans, avouent utiliser au moins une fois par semaine leur téléphone mobile à l’heure où ils devraient dormir. Les contenus médiatiques violents et pornographiques constituent les principales préoccupations des parents.

A propos de l’étude MIKE

(Source: Jeunes et Médias)

Plateformes vidéos sur Internet (CH-NE)

Les plateformes YouTube et Vimeo sont accessibles par les élèves dès l’année 7. Pour des raisons de sécurité, la plateforme Dailymotion reste par contre inaccessible pour tous les élèves.

(Source: OISO-INFO  15-1   Lettre d’information du mois d’avril 2015 / Les billets de l’OISO)

Mythes associés aux médias: les médias numériques n’apportent aucune valeur ajoutée pédagogique

La question de la valeur ajoutée pédagogique des médias numériques est en soi justifiée. Il y a en effet des situations dans lesquelles la forme numérique n’apporte aucune valeur ajoutée pédagogique par rapport aux outils classiques : par exemple jouer aux cartes avec des partenaires virtuels plutôt qu’en famille, écrire un courriel plutôt qu’une lettre ou projeter un texte au lieu d’utiliser le tableau. Mais les médias numériques offrent aussi de nombreuses possibilités d’utilisation avec une valeur ajoutée indéniable. Nous vous en donnons quelques exemples ci-après. […]

Par rapport aux médias classiques, les médias numériques ont l’avantage que les utilisateurs peuvent être à la fois consommateurs et acteurs. Ils créent des contenus et donnent leur avis. Dans les jeux vidéo, ils résolvent des problèmes. Des processus d’apprentissage favorisant la créativité, l’habileté, la logique et l’expression sont ainsi activés. […] D’une manière générale, les études montrent que les jeux vidéo sont efficaces en tant qu’outils d’apprentissage. […]

A l’école également, les médias numériques ont des avantages, par exemple pour effectuer des recherches, collecter et traiter des données, faire des exercices, apprendre et présenter des contenus. Les médias numériques permettent par exemple des processus d’apprentissage individualisés et autonomes. Les programmes d’apprentissage sous forme de services web ou d’applications permettent de donner un feedback direct à l’élève et d’adapter les exercices. Les vidéos d’instruction (tutoriels) ou les simulations ouvrent des possibilités didactiques qui seraient difficilement réalisables sans médias numériques. Les médias numériques et mobiles favorisent en outre l’apprentissage coopératif, car ils se prêtent bien au travail de groupe. C’est pourquoi les écoles utilisent de plus en plus de tablettes et de smartphones, ces derniers pouvant servir d’appareil photo ou de caméra pour des projets […].

Les plateformes comme WhatsApp et YouTube peuvent aussi être utilisées pour apprendre pendant le temps libre. Ce sont des canaux qui permettent aux élèves d’échanger les contenus qu’ils créent et d’en discuter. Utiliser les médias pour développer ses compétences médiatiques Au final, la meilleure manière d’acquérir des compétences médiatiques est d’utiliser les médias numériques et de faire ses propres expériences. Aujourd’hui, les compétences médiatiques sont une nécessité, et les parents et les écoles se doivent de les encourager. Pourtant, certains parents et enseignants ne sont toujours pas convaincus des bénéfices de l’utilisation des médias numériques en classe. Nous avons rassemblé les principaux arguments avancés et des exemples ainsi qu’une série de contre-arguments les réfutant. Les centres TIC des cantons soutiennent et conseillent les enseignants et les écoles pour l’intégration des médias numériques dans les cursus d’enseignement et d’apprentissage. La responsable du service imedias nous a parlé de son expérience : >>lire l’interview de Claudia Fischer

(Source: Jeunes et Médias)

Quand je serai grand, je serai youtubeur!

Gagner sa vie en faisant des vidéos sur le Web, c’est possible, mais est-ce que c’est vraiment un métier?  Selon Rémi Sello, «Youtubeur, c’est un métier, mais c’est un statut difficile à atteindre; on ne devient pas Cyprien ou Norman sur un claquement de doigts. Aujourd’hui il y a plusieurs dizaines de personnes qui ont la chance d’en vivre en France. L’objectif est d’avoir suffisamment de visibilité, et donc de vues pour gagner de l’argent grâce aux publicités.»

Vidéo: Rémi Sello, créateur d’une chaîne consacrée aux youtubeurs (Source: 20 minutes – 28 octobre 2014)

Les YouTubers comiques constituent la majorité des YouTubers. Le principe est simple et efficace: des jeunes se filment chez eux devant une caméra grand angle et racontent des situations comiques de la vie quotidienne. Ils illustrent leurs propos par des mises en situation souvent burlesques et contrastant avec leur exposé «froid» des faits. L’identification est aisée, le rire facile, le public conquis.

Les «gamers» ont également le vent en poupe. Ils se filment en train de tester des nouveaux jeux vidéos, livrent leurs impressions et donnent quelques astuces à leurs fidèles adeptes. Aujourd’hui, ces gamers auraient plus de succès que les sites professionnels de jeux vidéo, dépassant le million de vues pour certaines vidéos. La frontière entre ces deux mondes est néanmoins très étroite… et parfois floue. Ainsi, certains éditeurs dépenseraient plus de 15 000 euros pour qu’un gamer parle de l’un de leurs jeux sur sa chaîne YouTube.

Une troisième catégorie de YouTubers regroupe ceux qui se spécialisent dans le conseil. Cette catégorie est plutôt féminine: des «vlogueuses» (contraction de «vidéo» et «blogueuse») y livrent leurs astuces beauté. Nous les voyons se maquiller face à la caméra, pour un résultat «avant-après» souvent époustouflant. Bien sûr, les promotions des produits de beauté ne sont pas toujours gratuites: de nombreuses vlogueuses se voient offrir des produits par des grandes marques, qui leur demandent de les promouvoir… ou de se taire en cas de mécontentement. (Source: Références – 28 août 2014)

Le mécanisme de revenus sur YouTube est assez complexe à appréhender. En effet, certaines chaînes, appartenant à la même thématique, génèrent plus de revenus que d’autres. Il serait faux de penser que chaque vue sur YouTube génère des revenus. Certaines vues ne sont pas monétisables, et ne génèrent donc pas d’argent. Par exemple, à l’heure actuelle, les vues sur appareils mobiles ne génèrent pas, ou du moins très peu, de revenus. En effet, YouTube n’a pas encore implémenté les publicités sur les smartphones. Les vues mobiles ne sont donc pas monétisables pour la plus grande partie.

Un internaute ayant installé un module « Adblock »  (permettant de bloquer purement et simplement les publicités) va également générer des vues non-monétisables (les publicités n’étant jamais affichées).

Ensuite, les revenus varient selon plusieurs critères:

  1. La saisonnalité: il existe des mois creux et des mois plus intéressants en termes de revenus. Ainsi, si certains mois sont bas (janvier, février, juillet et août), le RPM (revenu pour 1000 vues) repart à la hausse au mois de mars-avril, puis au mois de septembre-octobre, pour atteindre son apogée au mois de décembre.
  2. Le pays de visionnage: les annonceurs ne payent pas partout de la même façon. Les annonceurs aux Etats-Unis paient globalement mieux qu’en France.
  3. La typologie des annonces: les publicités génèrent plus ou moins de revenus selon leur type. Par exemple, les bannières sont moins intéressantes en termes de revenus que les annonces vidéos non désactivables, qui s’affichent avant (preroll), pendant (midroll) ou après la vidéo (postroll).
  4. Le contenu de la vidéo: insérer des grossièretés dans les titres des vidéos peut rendre cette vidéo non monétisable; Google a des mécanismes pour détecter rapidement si les métadonnées d’une vidéo nouvellement mise en ligne contiennent des obscénités et peut en conséquence couper les pubs sur la vidéo en question. Si vous utilisez des extraits vidéos de plus de 30 secondes d’une autre vidéo, votre vidéo pourra être détectée automatiquement par l’autre partie, qui pourra au choix, revendiquer votre vidéo ou pire, la bloquer et/ou la supprimer.
  5. Le sponsoring: une chaîne bénéficiant d’une campagne de sponsoring verra son RPM (revenu pour 1000 vues) augmenter de manière significative. (Source: Wizdeo)

 

La publicité a rapporté 4 milliards d’euros à Youtube en 2013. Plus les contenus à succès sont nombreux, plus la société peut élargir son marché publicitaire. Elle a donc tout intérêt à encourager les créateurs de vidéos à succès. Elle leur propose donc un partage des revenus publicitaires. Pour 1000 vues, le vidéaste touchera environ 1 euro 50. C’est donc à partir d’un million de vues que les choses sérieuses commencent. Dans plusieurs villes, Youtube met également des studios et du matériel à disposition des créateurs de contenu.

Afin de lutter contre le piratage, Youtube, donne la possibilité de créer une empreinte numérique d’une œuvre. Si celle-ci apparaît sur une autre vidéo, elle est détectée et la monétisation de la vidéo est reversée à l’ayant-droit. Mais l’algorithme ne fait pas dans la finesse : la présence d’un court passage d’une œuvre protégée suffit à démonétiser une vidéo.

Or, de nombreux youtubeurs font des emprunts à des œuvres couvertes par le copyright, soit pour réaliser des critiques, soit pour les ambiances. Un youtubeur comme Antoine Daniel, qui commente des vidéos trouvées sur le net, a ainsi vu plusieurs de ses vidéos démonétisées.

De nombreux youtubeurs ont fait le choix de développer des produits dérivés: t-shirts, coques de téléphone, applications mobiles. La websérie Le visiteur du futur, diffusée gratuitement sur le net, proposait des DVD à la vente ainsi que des accessoires à l’effigie de la série. Cyprien gère une boutique en ligne entièrement dédiée à ses produits dérivés.

Il est également possible de se tourner vers des entreprises pour réaliser des contenus sponsorisés, ce qu’a fait Norman avec Crunch. Au risque de perdre la liberté qui caractérise les contenus internet. (Source: France 4)

Youtube est un véritable business plutôt insoupçonné et dont on connaît mal le chiffre d’affaires. Si l’on élimine les chaînes des stars, en particulier des chanteurs, qui rapportent à ces artistes très gros (Rihanna et Justin Bieber auraient gagné, depuis leur inscription jusqu’en juin 2013, 9.4 millions de dollars chacun) ce sont les chaînes humoristiques qui sont les plus suivies et qui engrangent le plus de gains pour leurs créateurs.

De son propre aveu, Norman de la chaîne NormanFaitDesVidéos gagne bien sa vie avec une seule vidéo par mois, tandis que les gains de Cyprien se montent à 750 000 dollars gagnés en près de 8 ans. (Source : économiematin.fr – 24 juin 2014)

Questions – cycles 2 et 3

  1. D’où provient l’argent gagné par un youtubeur?
  2. Comment les youtubeurs s’y prennent-ils pour gagner davantage d’argent?
  3. Penses-tu que les publicités sur YouTube rapportent de l’argent aux annonceurs?

Questions – cycle 3

  1. Comment réagirais-tu si quelqu’un utilisait un extrait d’une vingtaine de secondes d’une de tes œuvres (sans t’en demander l’autorisation)?
  2. Dans quels buts, utilises-tu YouTube? Utilises-tu d’autres chaînes vidéo?
  3. As-tu créé (ou envisages-tu de créer) une chaîne YouTube? Quel est son thème et ses buts?
  4. Quels autres services de Google utilises-tu? Quels en selon toi les avantages et les risques?

 

Pour aller plus loin

YouTube (Wikipédia)

Les revenus de la pub sur youtube.ch (RTS – On en parle)

Top 30 des youtubeurs français les plus drôles ou intéressants (Topito)

Le salaire des youtubeurs les plus célèbres (brandandcelebrities)

Cyprien parle de ses revenus gagnés sur Youtube (Le Grand 8)

Revenus des partenaires YouTube (Google)

 

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Vivre de sa musique… gratuite?

Spotify est un service de streaming musical qui permet une écoute quasi instantanée de fichiers musicaux. Un lien est fourni sur certaines musiques du catalogue pour permettre à l’utilisateur d’acheter directement le titre via un site marchand partenaire.

Les utilisateurs peuvent payer un abonnement mensuel, qui leur permet d’écouter des aperçus ou des chansons entières avant les autres et d’avoir une interface sans publicité.

L’utilisateur peut accéder à plus de 25 millions de titres en les recherchant par artiste, album, titre et genre. Quelques maisons de disques ou artistes sont sous-représentés ou même totalement absents de la bibliothèque musicale, notamment les Beatles.  (Source: Wikipedia)

Radiohead a retiré ses albums « The Eraser » et « Atoms for Peace » de Spotify, mais aussi de Deezer et Rdio, estimant que les plateformes de streaming de musique ne rémunèrent pas suffisamment les artistes. Radiohead rejoint ainsi les rebelles Coldplay et Adele qui préfèrent le téléchargement classique d’iTunes.

La Sacem, puissante société de gestion des droits des auteurs, affirme qu’elle perçoit «entre 90 centimes et 1,10 euros pour un CD de 15 titres.» En comparaison, elle perçoit «70 centimes pour un album équivalent vendu sur iTunes.» Une rémunération qui tombe à 0,0105 euro sur Spotify. Des sommes qu’il faut à chaque fois diviser entre auteur, compositeur et éditeur.

Attaqué, Spotify rétorque qu’ «il n’y a pas la moindre preuve que ne pas diffuser un album sur Spotify soutient les ventes globales. Cela ne fait que punir les fans actuels ou futurs pour avoir choisi un site légal de musique et cela les contraint à aller sur des sites de téléchargement illégaux ou sur YouTube.» (Source: obsession.nouvelobs)

«Certains artistes se sont montrés critiques contre Spotify parce qu’ils ne comprennent pas que nous essayons de redessiner l’industrie, ils ne comprennent pas comment Spotify fonctionne» déclare Mark Williamson, directeur Europe du service Artistes. «Effectivement, notre modèle est nouveau et pose de nombreuses questions. Nous ne vendons pas des morceaux, mais nous fournissons un accès. Les internautes peuvent écouter de la musique gratuitement avec des publicités et certaines limitations, ou en illimité en souscrivant un abonnement. Dans tous les cas, ils génèrent de l’argent qui est reversé pour 70% aux ayants-droits, ceux qui gèrent les droits des artistes», résume-t-il. Charge alors à cet ayant-droit (maison de disques, label…) de reverser une part aux artistes en fonction de leur contrat.

Spotify souligne toutefois que chaque écoute rapporte à l’ayant-droit entre 0,006 et 0,0084 dollars (entre 0,004 et 0,006 euro). Il faut donc compter entre 240 et 162 écoutes pour générer un euro. Et évidemment, plus un artiste est populaire, plus il est rémunéré.  (Source: obsession.nouvelobs)

Spotify vient d’atteindre ses 10 millions d’utilisateurs payants. Un chiffre croissant, certes, mais qui ne permet toujours pas à la plateforme de musique en ligne d’être rentable.

Depuis sa création, Spotify a perdu plus de 200 millions de dollars. Selon Business Week, ces pertes sont principalement dues au modèle économique de Spotify.

«Si Spotify achetait les droits des chansons sous la forme d’un forfait, chaque nouvel abonné apporterait de l’argent à la compagnie, explique le site d’actualité économique. Mais ce n’est pas comme ça que Spotify fonctionne. En réalité, le site dépense une proportion fixe de ses revenus totaux en droits d’auteurs. Donc si Spotify double son nombre d’abonnés, il double aussi la somme qu’il devra dépenser.» Ainsi, ses marges ne risquent pas d’augmenter avec 10 millions d’abonnés. (Source: slate.fr)

Pour Nigel Godrich, l’industrie de la musique est en train de se faire avoir, «et si nous n’essayons pas et ne faisons pas tout pour que ce soit juste pour les nouveaux producteurs de musique et les nouveaux artistes, alors l’art en souffrira.» Le producteur a de plus précisé que les gens ont peur de parler car ils craignent de perdre l’exposition de ces plateformes si elles ne jouent pas le jeu.

Si intégrer d’anciens titres déjà rentabilisés dans ces plateformes a un sens, le problème se situe bien pour les nouveaux artistes, pour les titres plus récents. Il explique ainsi que proposer les morceaux de Pink Floyd est tout à fait normal, «mais si les gens les avaient écouté sur Spotify au lieu d’acheter leurs titres en 1973… Je doute fort que Dark Side of the Moon aurait été fait… Il serait tout simplement trop cher.» (Source: nextimpact.com)

Ne serait-ce qu’en raison de la bonne entente entre compagnies de disques et services de diffusion en direct, je crois que ces derniers sont là pour rester. Les consommateurs sont désormais habitués de payer très peu –voire rien du tout– pour la musique et ils s’attendent à rien de moins qu’une liberté totale de choix et à une sélection illimitée.

Pour les artistes, cela signifie qu’ils devront probablement se résoudre à chercher d’autres sources de revenus, cela veut dire essentiellement la vente de billets de spectacles et de produits dérivés, ainsi que la vente d’éditions spéciales de leurs disques aux fans les plus passionnés: disques de vinyle, coffrets contenant des beaux livres, enregistrements de spectacles vendus uniquement sur leur site web, etc.

Le défi consistera donc pour les artistes à convertir les amateurs éphémères (qui les auront découverts sur Spotify, comme autrefois à la radio) en fans indécrottables, qui en deviendront des ambassadeurs et des promoteurs acharnés, prêts à dépenser beaucoup d’argent pour leurs artistes favoris. (Source: Stéphane Ethier)

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Questions – cycles 2 et 3

  1. Si tu étais artiste, accepterais-tu de figurer dans le catalogue de Spotify?
  2. Trouves-tu juste qu’on puisse écouter gratuitement de la musique qui est payante sur des supports matériels ou sur iTunes?
  3. Quels sont les artistes pour lesquels tu acceptes d’ouvrir ton portemonnaie?

Questions – cycle 3

  1. Penses-tu que Spotify se développera encore et que ce service pourra rétribuer les artistes correctement?
  2. Certains pensent qu’il sera désormais plus difficile pour un nouvel artiste de faire carrière. Quels sont, selon toi, les artistes découverts récemment qui feront une longue carrière?
  3. Qui sont les ayant droits des titres des Beatles? Pourquoi l’oeuvre de ce groupe de légende n’est-elle pas disponible sur Spotify?
  4. Comment Youtube permet-il à son propriétaire de gagner de l’argent? Ce service respecte-t-il les droits d’auteur?

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Valider l’info sur Internet: des outils pour éduquer

La maîtrise et l’évaluation de l’information sont, selon les termes d’Alexandre Serres, un « enjeu éducatif majeur », « une condition de survie » dans notre société. Heureusement, les ressources ne manquent pas pour relever le défi. (Source: pressealecole)