Biodiversité, concept fractal

Biodiversité, concept fractal

La biodiversité représente la complexité du vivant, elle englobe l’ensemble des relations établies par les divers êtres vivants entre eux ainsi qu’avec leur environnement. La biodiversité est l’illustration même d’une « structure en échelle » de grandeur, donc d’une structure fractale par excellence où les parties qui constituent l’ensemble sont similaires au tout. Un zoom imaginaire sur la biodiversité met en évidence trois niveaux distincts : La biodiversité des cellules avec leur identité génétique définie par les gènes contenus dans leur noyau, la biodiversité des organismes avec leur identité spécifique en tant qu’espèce qui se reproduit et la biodiversité des écosystèmes avec leur identité écologique caractérisée par leur biocénose dans leur biotope qui se perpétue.

L’autorégulation de la biodiversité des écosystèmes, des espèces et des cellules est générée par l’autoorganisation de l’évolution biologique, incluant l’étude des flux de matière et d’énergie telle la photosynthèse ainsi que les grands cycles géochimiques.

L’évolution du vivant a été capable d’élaborer bien plus d’un milliard d’espèces déjà en partie disparues puisque seul 1% d’entre elles sont encore présentes aujourd’hui.

L’arborescence phylogénétique de l’évolution, appelée aussi « l’arbre de vie », est un arbre fractal qui a une histoire mouvementée.

Elle a commencé il y a 3,85 milliard d’années dans le fonds des océans au près des « fumeurs noirs », lieu mythique qui est à l’interface du magma terrestre et des profondeurs des océans.

Cinq extinctions massives ont réduit presque à néant la biodiversité terrestre, tel une avalanche qui emporte tout sur sont passage, mais à chaque fois la vie reprend ses droits et par « bouffées évolutives » selon le principe des « équilibres ponctués » c’est-à-dire par sauts évolutifs non linéaires, la biodiversité se renouvelle, s’adapte par sélection naturelle aux nouvelles conditions d’existences comme Darwin l’avait découvert.

Aujourd’hui, le rythme d’extinction des habitats et des espèces produit par l’être humain, ainsi que le dérèglement climatique causé par les excès consommatoires des sociétés modernes, font que l’on peut affirmer que pour la première fois dans l’histoire de la planète, l’être humain est en train de produire la sixième extinction massive du vivant.

L’équilibre du réseau écologique complexe des écosystèmes, constitué des producteurs et de leurs niches écologiques, des chaînes alimentaires de consommateurs et des décomposeurs de la matière organique a atteint son seuil critique.

L’homéostasie des écosystèmes n’est plus assurée et peut à tout moment basculer dans un état irréversible de turbulences chaotiques.

La théorie du chaos nous apprend que toute prédiction de l’évolution des systèmes complexes n’est pas du domaine du possible, et que les meilleurs connaissances, aussi précises soit-elles, en mathématiques, en géologie, en physique, en biologie et en chimie ne seront d’aucune utilité pour prédire l’imminence d’une catastrophe écologique majeure.

Les pronostiques des spécialistes sont alarmants puisque que le rythme d’extinction du vivant est actuellement estimé être mille fois supérieur au rythme naturel. Il pourrait avoir comme conséquence, si rien n’est entrepris, la disparition de la moitié des espèces actuelles d’ici la fin du XXI ème siècle.

La préservation de la biodiversité est semblable à la protection du climat en se sens qu’elle nécessite un renversement des tendances dès aujourd’hui car demain il sera trop tard.

Yann Arthus-Bertand

GoodPlanet.org

Thierry Bettosini

RegardFractal.ch

OSE :
Option en sciences expérimentales.
Recherches de trois mois menées par des élèves 9ème année maturité au Centre des Forges (2005-2010)

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