Nos données personnelles valent de l’or !

Extrait de l’émission Cash Investigation, une enquête de Linda Bendali diffusée sur France 5 le 20 mai 2021

19.05.2021 – 2 min 43

Des entreprises tentent de lire dans les pensées des consommateurs pour influencer leurs achats ou leurs opinions. Une méthode de profilage prédictif que les courtiers en données personnelles utiliseraient déjà… Rencontre avec un chercheur qui, en Suisse, analyse ce risque d’intrusion dans la vie privée depuis cinq ans… 

Avec le profilage prédictif, les courtiers en données personnelles, ou data brokers, peuvent désormais lire dans les pensées des consommateurs en étant branchés directement sur leur cerveau… Et pour le démontrer, le magazine “Cash Investigation” a commandé un appareil qui ne se branche pas sur le crâne mais se porte au poignet : une montre de sport, la Fitbit Inspire rachetée par Google, l’un des modèles les plus vendus en France, qui rafle les données de 29 millions d’utilisateurs dans le monde.

Pour le magazine, la journaliste Rébbeca Khananié va jouer les cobayes. Afin de mettre sa montre en marche, elle doit créer son profil. A partir de cet instant, toutes ses données vont être enregistrées : le nombre de pas qu’elle fait dans la journée, sa fréquence cardiaque, la quantité de calories qu’elle brûle ou la qualité de son sommeil. Des informations en apparence anodines, mais qui pourraient par exemple être utilisées pour l’embaucher ou lui accorder un crédit.

La possibilité de discriminations basées sur les données collectées ?

Rébecca a rendez-vous avec des scientifiques de l’université de Lausanne (UNIL), en Suisse. Depuis cinq ans, le chercheur en informatique Kévin Huguenin travaille sur une question : les données de cette montre connectée peuvent-elles révéler la personnalité de son utilisateur ? “Ces bracelets permettent de savoir à quelle heure on se lève et se couche, si on sort le soir… Il y a aussi des capteurs qui permettent de voir si on a des pics du rythme cardiaque dans la journée, etc.”, détaille-t-il.

“Ces informations peuvent ‒ on le verra avec les résultats ‒ donner de fortes indications sur le caractère des gens : s’ils sont plutôt extravertis ou introvertis, stressés ou non… C’est pour ça qu’on a initié ce projet. Le risque que l’on peut imaginer est qu’il y ait de la discrimination basée là-dessus”, précise Kévin Huguenin. Alors, la montre connectée révélera-t-elle la personnalité de Rébecca ? La réponse à la fin de ce nouveau numéro du magazine présenté par Elise Lucet.