Médias et violence

“Le pire ennemi du média, c’est l’immédiat”

(R. Enthoven, la morale de l’info diffusé le 27.08.15 sur Europe 1)

Certains médias ont pris l’habitude de TOUT montrer. Relater ou raconter des faits ne suffit plus, il faut montrer, dans les moindres détails, tout ce qui se passe. La question, lorsque un enfant commence à surfer sur Internet ou qu’il fréquente des copains qui surfent, n’est plus de savoir comment le protéger des images ou des contenus violents mais comment l’accompagner à gérer ces contenus.

En effet, certains évènements particulièrement violents sont relatés quasi instantanément par les médias mais aussi de plus en plus par des particuliers qui publient des contenus via les réseaux sociaux ou certains sites d’information.

Pour protéger les enfants des images violentes, il existe des moyens techniques (filtres, logiciels de contrôles parentaux, etc.) mais qui ne permettent pas à l’enfant d’apprendre à gérer le risque d’être confronté à des contenus violents. Les échanges et le dialogue doivent donc compléter les dispositifs techniques.

Lorsqu’un enfant possède un Smartphone ou qu’il commence à naviguer seul sur Internet, il paraît important de rappeler que tous les contenus ne doivent pas impérativement être visionnés et qu’il n’est pas obligatoire de cliquer sur le bouton “play” lorsqu’une vidéo ou un diaporama accompagne une information. Le rappeler aux enfants, c’est leur permettre de comprendre qu’ils ont le choix et que selon les choix qu’ils décident de faire les risques de visionner des contenus choquants augmentent ou diminuent.

Il est également intéressant de parler avec eux des sites sur lesquels ils se rendent pour accéder à l’information afin de leur faire prendre conscience des différences entre sites.

De plus, le meilleur moyen pour permettre à un enfant de surmonter la peur qui peut accompagner le visionnement d’images choquantes est qu’il en parle. Il convient donc de privilégier le dialogue et de l’inviter à parler de toutes les situations gênantes ou choquantes qu’il est amené à vivre. Attention également à ne pas les minimiser, la sensibilité des enfants est bien différente de celle des adultes.

Par ailleurs, les protections mises en place à la maison ne sont plus valables dès que l’enfant se trouve confronté aux écrans à l’extérieur. Empêcher complètement l’accès aux contenus violents paraît donc difficile dans un quotidien où l’image est capturée et relayée souvent sans recul ni questionnement, à un très large public.

En parler, expliquer, questionner, s’indigner avec les enfants est donc un moyen qui peut les aider à faire face à ces contenus tout en leur permettant de prendre conscience de certains repères. La tolérance face aux contenus n’est pas la même chez tout le monde et aborder les différences de sensibilité avec un enfant, c’est lui permettre de développer l’empathie et d’aiguiser son esprit critique.

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Le pire ennemi du média, c’est l’immédiat