Addiction aux jeux vidéos

Peut-on parler d’addiction ? Les experts ne sont pas tous d’accord sur le fait d’employer le terme d’addiction, néanmoins, ils sont tous unanimes : le temps consacré au jeu vidéo peut devenir excessif.

En 2018, l’OMS (organisation mondiale de la santé) fait le choix d’inscrire l’addiction aux jeux vidéos dans la liste des maladies mentales qu’elle référencie dans un document appelé la CIM (classification internationale des maladies). En effet, dans la version 11 de ce document, qui sera publié en juin 2018, l’addiction aux jeux vidéos y sera reconnue comme une pathologie.

La définition de cette maladie est, selon le chargé de communication de l’OMS : «un comportement lié aux jeux vidéos sur internet ou hors ligne, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité croissante accordée au jeu par rapport à d’autres activités, au point qu’il prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt».

Rien de très nouveau sur ce plan, rappelez-vous en juillet 2016, l’article consacré au jeu, suggérait aux parents de s’intéresser au respect de l’équilibre entre les activités menées à l’écran et les autres. C’est donc bien lorsque l’écran devient le refuge de l’enfant ou de l’adolescent qu’il convient de s’inquiéter.

Comme le dit très bien Serge Tisseron : “Il ne faut pas confondre la cause et la conséquence, c’est parce qu’ils éprouvent le besoin de se replier sur eux-mêmes que les jeunes sont conduits à jouer de manière excessive”. La crainte actuelle de ce psychiatre et docteur en psychologie, spécialisé dans les bouleversements qu’engendre l’utilisation des nouvelles technologies, est d’assister impuissant à une consommation médicamenteuse des enfants et adolescents qui seront diagnostiqués “accros aux jeux vidéos”.

Ce point de vue, plutôt controversé, doit nous rappeler l’essentiel : les enfants et adolescents sont en pleine construction identitaires et s’ils en viennent à s’isoler et à surinvestir le monde du jeu c’est parce qu’ils possèdent des fragilités qu’ils doivent justement apprendre à affronter.

C’est donc bien en cherchant à agir sur la cause que l’on parvient à des résultats probants. Serge Tisseron se méfie donc de l’opportunité que pourraient saisir les industries pharmaceutiques. A juste titre ? Je vous laisse en juger…

De son côté le psychothérapeute suisse, spécialisé dans le domaine du jeu vidéo, Niels Weber accueille la nouvelle de manière nuancée et prône, avant tout, le dialogue au sein des familles.

Sources :

article du 5 janvier 2018 dans Le Temps : L’OMS va ajouter l’addiction aux jeux vidéo à sa liste officielle de maladies.

RTS info : 19h30 du dimanche 11 février 2018

article du 7 janvier 2018, blog de Serge Tisseron : Le piège de l’addiction aux jeux vidéos.