Faut-il interdire les téléphones et tablettes des élèves dans les écoles comme le demande des députés jurassiens?

Certains souhaitent interdire les appareils personnels numériques des élèves en classe. C’est un non-sens. Une brochure de l’OFAS explique les enjeux du numérique pour l’école.

Téléphones portables et tablettes doivent être bannis des écoles primaires demandent des députés du Parlement jurassien. […] Motif: «prévenir les phénomènes de harcèlement et de violence liés à une utilisation abusive des portables». Les députés mentionnent le filmage à leur insu des enseignant-e-s pendant les cours, l’enregistrement d’images dans les vestiaires des douches et les pratiques consistant à filmer la victime d’une agression physique («happy slapping» ou «vidéoagression»). Tout en mentionnant que la violence n’est pas en augmentation dans les écoles, ils disent leur souci des graves répercussions sur les victimes de telles pratiques.

Cette initiative fait suite à la décision prise par les autorités de Moutier d’obliger les élèves des écoles primaires de la ville de remettre leurs téléphones portables avant d’entrer en classe (article du Matin).

Certes, ces appareils peuvent être utilisés à mauvais escient, mais l’interdiction n’est pas une solution. Si l’on suit ce raisonnement, les compas utilisés pour dessiner des constructions géométriques auraient dus être proscrits en classe depuis longtemps! Ne présentent-ils pas des risques évidents de se blesser, ou pire…

Les risques liés à l’usages des appareils numériques connectés, tels que smartphones et tablettes par les enfants et les adolescents préoccupe. Certains organismes non gouvernementaux en font leur fonds de commerce. C’est aussi un des arguments présentés par celles et ceux qui ne veulent pas que l’école bouge. Pourtant, notre société est en mutation rapide, les médias, images et technologies de l’information et de la communication (MITIC) sont omniprésents tant dans notre vie quotidienne qu’au travail.

Interdire les appareils numériques à l’école est un non-sens. Au contraire, l’école doit profiter de l’équipement personnel des élèves (97% possèdent un smartphone) pour développer leur usage éclairé des MITIC (lire mon article L’école et les jeunes, le grand écart du numérique). Savoir se servir des médias numériques de manière appropriée en faisant preuve de responsabilité est indispensable aujourd’hui. Le développement des compétences médiatiques des élèves est inscrite dans le Plan d’étude romand.

L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a publié récemment une brochure intitulée Compétences MITIC à l’école (document au format pdf) à l’intention du corps enseignant, des directions et des responsables d’établissement. Il fournit des conseils et des pistes d’action pour développer les compétences médiatiques des élèves à l’école. Ce document explique les enjeux de l’usage des MITIC dans le cadre scolaire et propose de nombreuses ressources pour le développement des usages des outils et médias numériques dans le cadre scolaire. La problématique de la sécurité y est amplement abordée. […]

(Source: Blog de Jean-Claude Domenjoz)

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