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Enquête sur la face cachée de l’éducation

Jouer, regarder la télévision, créer et découvrir sont les principales activités de loisirs des 4-11 ans lorsqu’ils ne sont pas à l’école. C’est ce que démontre une étude menée auprès de 900 enfants genevois dans le cadre d’une thèse de doctorat en sociologie.

Portant sur 900 enfants genevois âgés de 4 à 11 ans à qui il a été demandé de détailler leur emploi du temps durant trois jours, cette enquête montre que le jeu reste l’occupation privilégiée des petits, devant la télévision et les tâches créatrices ou de découverte. Elle met également en évidence l’importance revêtue par l’origine sociale et les attentes des parents dans la gestion du temps libre de leur(s) enfant(s).

De manière générale, c’est le jeu qui apparaît comme l’activité principale des enfants. Les 4-6 ans y consacrent environ deux heures et demie les jours d’école et les 9-11 ans une heure et demie, chiffres qui doublent pendant les congés. Deuxième activité de loisirs la plus prisée, la TV monopolise près d’une heure les jours de classe et aux alentours d’une heure et demie le mercredi. Classées au troisième rang, les activités créatrices et de découverte (bricolage, dessin, chant, lecture, observation…) occupent les 4-6 ans quarante minutes en moyenne les jours d’école et presque le double lors des congés. Pour les plus grands, ces chiffres passent à une demi-heure le mardi et le jeudi et doublent, là aussi, le mercredi.

Derrière ces grandes tendances se cachent de nombreuses disparités en fonction de l’âge, du genre ou des convictions religieuses. C’est toutefois au regard du milieu social que les discriminations sont les plus nettes, les enfants des classes populaires passant moins de temps à jouer que ceux des classes moyennes et regardant plus souvent le petit écran que ceux des classes supérieures. Phénomène qui est encore plus marqué au sein des familles étrangères et/ou nombreuses.

Et c’est dans les mêmes milieux que l’usage des jeux vidéo est le plus fréquent. Comme le montre Pelagia Casassus, le fait que leur enfant parvienne à maîtriser un ordinateur ou un jeu vidéo suscite souvent une sorte de fascination chez les parents de condition modeste qui, du coup, brident plus rarement ce genre d’activité.

«Ce passage direct du jeu symbolique au jeu virtuel est inquiétant, estime la sociologue. Un des attraits principaux du jeu pour le développement réside en effet dans la sociabilité que l’enfant peut développer à travers l’échange avec les autres. Négocier le choix du jeu, respecter les règles établies par le groupe, accepter la défaite implique en effet des efforts qui sont au centre des processus de socialisation, mais que le jeu vidéo élude.» (Source: unige)

«Le temps de l’enfant. Analyse sociologique des budgets-temps des enfants genevois», par Pelagia Casassus, Université de Genève, thèse 784, juillet 2012