Articles associés au tag ‘streaming’

Sur les écrans, je respecte les oeuvres

La Semaine des médias 2016 – Le respect dans un monde numérique

Droit d’auteur, téléchargement, streaming : à qui – et à quoi – s’appliquent les droits d’auteur ? Qu’est-ce qu’une oeuvre ? Quelles différences légales entre l’utilisation personnelle et la diffusion publique ?
Avec Vincent Salvadé, Docteur en droit, Faculté de droit de l’Université de Neuchâtel – Directeur adjoint de la SUISA et David Marchon, photographe professionnel.

La fiche pédagogique

L’épisode

(Source: e-media.ch)

Vivre de sa musique… gratuite?

Spotify est un service de streaming musical qui permet une écoute quasi instantanée de fichiers musicaux. Un lien est fourni sur certaines musiques du catalogue pour permettre à l’utilisateur d’acheter directement le titre via un site marchand partenaire.

Les utilisateurs peuvent payer un abonnement mensuel, qui leur permet d’écouter des aperçus ou des chansons entières avant les autres et d’avoir une interface sans publicité.

L’utilisateur peut accéder à plus de 25 millions de titres en les recherchant par artiste, album, titre et genre. Quelques maisons de disques ou artistes sont sous-représentés ou même totalement absents de la bibliothèque musicale, notamment les Beatles.  (Source: Wikipedia)

Radiohead a retiré ses albums “The Eraser” et “Atoms for Peace” de Spotify, mais aussi de Deezer et Rdio, estimant que les plateformes de streaming de musique ne rémunèrent pas suffisamment les artistes. Radiohead rejoint ainsi les rebelles Coldplay et Adele qui préfèrent le téléchargement classique d’iTunes.

La Sacem, puissante société de gestion des droits des auteurs, affirme qu’elle perçoit «entre 90 centimes et 1,10 euros pour un CD de 15 titres.» En comparaison, elle perçoit «70 centimes pour un album équivalent vendu sur iTunes.» Une rémunération qui tombe à 0,0105 euro sur Spotify. Des sommes qu’il faut à chaque fois diviser entre auteur, compositeur et éditeur.

Attaqué, Spotify rétorque qu’ «il n’y a pas la moindre preuve que ne pas diffuser un album sur Spotify soutient les ventes globales. Cela ne fait que punir les fans actuels ou futurs pour avoir choisi un site légal de musique et cela les contraint à aller sur des sites de téléchargement illégaux ou sur YouTube.» (Source: obsession.nouvelobs)

«Certains artistes se sont montrés critiques contre Spotify parce qu’ils ne comprennent pas que nous essayons de redessiner l’industrie, ils ne comprennent pas comment Spotify fonctionne» déclare Mark Williamson, directeur Europe du service Artistes. «Effectivement, notre modèle est nouveau et pose de nombreuses questions. Nous ne vendons pas des morceaux, mais nous fournissons un accès. Les internautes peuvent écouter de la musique gratuitement avec des publicités et certaines limitations, ou en illimité en souscrivant un abonnement. Dans tous les cas, ils génèrent de l’argent qui est reversé pour 70% aux ayants-droits, ceux qui gèrent les droits des artistes», résume-t-il. Charge alors à cet ayant-droit (maison de disques, label…) de reverser une part aux artistes en fonction de leur contrat.

Spotify souligne toutefois que chaque écoute rapporte à l’ayant-droit entre 0,006 et 0,0084 dollars (entre 0,004 et 0,006 euro). Il faut donc compter entre 240 et 162 écoutes pour générer un euro. Et évidemment, plus un artiste est populaire, plus il est rémunéré.  (Source: obsession.nouvelobs)

Spotify vient d’atteindre ses 10 millions d’utilisateurs payants. Un chiffre croissant, certes, mais qui ne permet toujours pas à la plateforme de musique en ligne d’être rentable.

Depuis sa création, Spotify a perdu plus de 200 millions de dollars. Selon Business Week, ces pertes sont principalement dues au modèle économique de Spotify.

«Si Spotify achetait les droits des chansons sous la forme d’un forfait, chaque nouvel abonné apporterait de l’argent à la compagnie, explique le site d’actualité économique. Mais ce n’est pas comme ça que Spotify fonctionne. En réalité, le site dépense une proportion fixe de ses revenus totaux en droits d’auteurs. Donc si Spotify double son nombre d’abonnés, il double aussi la somme qu’il devra dépenser.» Ainsi, ses marges ne risquent pas d’augmenter avec 10 millions d’abonnés. (Source: slate.fr)

Pour Nigel Godrich, l’industrie de la musique est en train de se faire avoir, «et si nous n’essayons pas et ne faisons pas tout pour que ce soit juste pour les nouveaux producteurs de musique et les nouveaux artistes, alors l’art en souffrira.» Le producteur a de plus précisé que les gens ont peur de parler car ils craignent de perdre l’exposition de ces plateformes si elles ne jouent pas le jeu.

Si intégrer d’anciens titres déjà rentabilisés dans ces plateformes a un sens, le problème se situe bien pour les nouveaux artistes, pour les titres plus récents. Il explique ainsi que proposer les morceaux de Pink Floyd est tout à fait normal, «mais si les gens les avaient écouté sur Spotify au lieu d’acheter leurs titres en 1973… Je doute fort que Dark Side of the Moon aurait été fait… Il serait tout simplement trop cher.» (Source: nextimpact.com)

Ne serait-ce qu’en raison de la bonne entente entre compagnies de disques et services de diffusion en direct, je crois que ces derniers sont là pour rester. Les consommateurs sont désormais habitués de payer très peu –voire rien du tout– pour la musique et ils s’attendent à rien de moins qu’une liberté totale de choix et à une sélection illimitée.

Pour les artistes, cela signifie qu’ils devront probablement se résoudre à chercher d’autres sources de revenus, cela veut dire essentiellement la vente de billets de spectacles et de produits dérivés, ainsi que la vente d’éditions spéciales de leurs disques aux fans les plus passionnés: disques de vinyle, coffrets contenant des beaux livres, enregistrements de spectacles vendus uniquement sur leur site web, etc.

Le défi consistera donc pour les artistes à convertir les amateurs éphémères (qui les auront découverts sur Spotify, comme autrefois à la radio) en fans indécrottables, qui en deviendront des ambassadeurs et des promoteurs acharnés, prêts à dépenser beaucoup d’argent pour leurs artistes favoris. (Source: Stéphane Ethier)

Cet article en pdf

Questions – cycles 2 et 3

  1. Si tu étais artiste, accepterais-tu de figurer dans le catalogue de Spotify?
  2. Trouves-tu juste qu’on puisse écouter gratuitement de la musique qui est payante sur des supports matériels ou sur iTunes?
  3. Quels sont les artistes pour lesquels tu acceptes d’ouvrir ton portemonnaie?

Questions – cycle 3

  1. Penses-tu que Spotify se développera encore et que ce service pourra rétribuer les artistes correctement?
  2. Certains pensent qu’il sera désormais plus difficile pour un nouvel artiste de faire carrière. Quels sont, selon toi, les artistes découverts récemment qui feront une longue carrière?
  3. Qui sont les ayant droits des titres des Beatles? Pourquoi l’oeuvre de ce groupe de légende n’est-elle pas disponible sur Spotify?
  4. Comment Youtube permet-il à son propriétaire de gagner de l’argent? Ce service respecte-t-il les droits d’auteur?

Les commentaires sont modérés avant leur publication. Pour être approuvés, ils doivent être en accord avec la Charte RPN.