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«Les jeunes lisent toujours, mais pas des livres»

Extraits d’un entretien avec Sylvie Octobre, chargée de recherche au ministère de la culture.

Les jeunes lisent moins de livres et, surtout, lisent moins pour le plaisir. La lecture n’est plus considérée comme la porte d’accès privilégiée au savoir et n’est plus synonyme de plaisir. Ce désamour pour les livres vient, à mon avis, du glissement de notre société de ce qu’on appelait les humanités vers le technico-commercial. Auparavant, les filières les plus prestigieuses nécessitaient une pratique assidue de la lecture. Or la lecture, en tant que loisir tout du moins, n’est plus vraiment obligatoire pour devenir ingénieur. Le français laisse peu à peu la place aux mathématiques.

Le numérique aussi a changé notre façon de lire : les séquences de lecture des jeunes sont plus courtes, souvent liées à leurs échanges écrits sur Internet, et donc sont très liées à la sociabilité. Les choix de lecture se font en interaction avec les autres, de plus en plus par des recommandations des pairs. Or lire un livre est, par nature, une activité plutôt longue et solitaire. A l’ère du numérique, la façon dont les jeunes construisent leur approche culturelle ne va pas naturellement vers la lecture. Pourtant, certains jeunes, statistiquement plutôt les filles, se tournent de nouveau vers la lecture comme activité à contretemps et déconnectée, comme pour stopper le flux d’informations continu qui leur parvient. […]

Les 15-29 ans lisent des textos, Wikipédia, des blogs… Il y a bien des façons de lire. En réalité, on n’a jamais tant lu : des textes, des publicités, des articles, etc. Mais le goût pour la lecture de littérature baisse. Ces deux types de lectures sont différents. La lecture HTML est « additive », les liens et les articles se superposent les uns aux autres. Pour ne pas se perdre dans le flot d’informations, il faut construire une séquence de lecture. Il faut faire le tri, ne pas se perdre pour éviter la saturation informationnelle, le moment où l’on ne comprend plus rien à ce qu’on lit et où l’on tourne en rond. Ce sont des compétences très difficiles à acquérir.

L’école a son rôle à jouer dans ces évolutions. Au collège, les élèves se trimballent 15 kilogrammes de livres sur le dos toute la journée, qui sont des manuels scolaires. Le poids physique devient aussi un poids psychique, avec le temps. Les manuels donnent également du livre une image utilitaire. On note que les enfants en primaire lisent beaucoup, et ils aiment ça. Quand ils arrivent au collège, la lecture devient une contrainte, c’est l’effet pervers de la scolarisation de la lecture. De plus, les réseaux sociaux et la sociabilité sont si importants pour les adolescents pour se construire qu’il leur est difficile de s’en extraire et de construire des espaces de solitude pour lire. […]

Le smartphone est devenu le premier terminal culturel des adolescents et jeunes adultes. Les jeunes regardent toujours la télévision, mais sur leur ordinateur ou leur téléphone. Les blogs, forums et chaînes musicales remplacent les radios, qui s’écoutent en podcast. La presse également est consommée essentiellement sur Internet. Seuls les magazines spécialisés ou thématiques résistent à cette tendance, comme ceux consacrés au sport ou à un chanteur. Aujourd’hui, les premiers pourvoyeurs d’info sont les réseaux sociaux. Un adolescent que j’ai rencontré lors d’une enquête m’a dit, très justement : « S’il y avait la guerre, je l’apprendrais sur Facebook. » […]

Comment réduire la fracture numérique d’un côté et la fracture générationnelle de l’autre ? Mettre dans les mains des plus jeunes les textes anciens qui transitent à travers les générations, mais aussi, dans l’autre sens, former les personnes âgées aux nouvelles technologies, cela permet de créer du commun, de créer du lien intergénérationnel. C’est là tout l’enjeu des nouvelles politiques culturelles. (Source: LeMonde.fr)

Wikipédia pour tous

Les personnes intéressées à contribuer à l’encyclopédie en ligne Wikipédia, ou simplement à en comprendre le fonctionnement, sont conviées, aujourd’hui de 12h à 14h, à la Wikipermanence qui se tiendra à la bibliothèque de l’Institut d’ethnologie et du Musée d’ethnographie de Neuchâtel. Cette rencontre, première du genre à Neuchâtel, se tiendra désormais une fois par mois.

Il ne s’agit pas d’une simple rencontre entre habitués de la communauté. La Wikipermanence, organisée par l’association Wikimédia, est là pour répondre aux questions, permettre des démonstrations, offrir une aide aux premiers pas et, si cela se fait régulièrement, permettre un suivi. Le public d’une Wikipermanence vient pour recevoir de l’aide pour mettre en ligne un article sur Wikipédia, pour partager des photos sur Wikimedia Commons, recevoir des conseils techniques ou pratiques sur l’utilisation des wikis, pour trouver des personnes pour constituer une équipe de rédacteurs ou de photographes, ou parler de tout ce qui tourne autour de Wikipédia. Les séances sont ouvertes aux contributeurs débutants et confirmés, comme aux simples curieux. Entrée libre. Les prochaines rencontres auront lieu le 20 mai et le 26 juin. (Source: Arcinfo)

Valider l’info sur Internet: des outils pour éduquer

La maîtrise et l’évaluation de l’information sont, selon les termes d’Alexandre Serres, un « enjeu éducatif majeur », « une condition de survie » dans notre société. Heureusement, les ressources ne manquent pas pour relever le défi. (Source: pressealecole)